LA PYRAMIDE
chèvrefeuille des jardins: mais le tube de la fleur est ici très court et porté par une longue tige pendante ou couchée sur les feuilles. Les étamines sont rouge carmin. En automne, les fleurs sont remplacées par des fruits rouges, luisants, assez semblables à nos griottes, mais plus petits et parfois bilobés.
Or ces différents buissons doivent avoir bon goût, puisque nous y avons déjà trouvé les chenilles du Sylvain azuré (p.89) et du Sphinx gazé (p. 245) et qu'en mai et juin, quelquefois encore en juillet, nous pourrons y découvrir la magnifique chenille de la PYRAMIDE. Il est vrai que cette dernière se rencontre aussi à l’occasion sur le noisetier, le prunellier, l'épine blanche, le troène, les groseilliers, ainsi que sur quelques arbres, tels que le chêne, le hêtre, l'orme, le saule, le peuplier, le noyer et la plupart de nos arbres fruitiers, se tenant de préférence dans le haut des buissons et des arbres. Cylindrique et nue, elle mesure de 5 à 6 centimètres de long. Le onzième segment de son abdomen s’étire en une forte élévation conique; c'est ce qui a valu à la bête le nom de PYRAMIDE. La pointe de cette pyramide est rouge, tandis que le reste de la chenille est d’un beau vert. Une ligne blanche parcourt le milieu du dos, deux autres les flancs, et, entre ces lignes, s'échelonnent des points également blancs, placés en trainées obliques plus ou moins nettes et formant un zigzag très marqué sur le onzième segment. Tandis que le corps est gros, surtout à l’arrière, la tête est petite, un peu aplatie, avec le triangle frontal bordé de blanc. Cette chenille est donc celle de notre AMPHIPYRE DU NoYER. Elle est issue d'œufs pondus en automne et qui ont passé l'hiver. En juin ou Juillet, elle se tisse à terre, entre des feuilles sèches, un cocon léger et s'y transforme en une chrysalide brun rouge, luisante, cylindro-conique, qui éclôt quatre semaines plus tard, soit en juillet ou en août. À partir de ce moment-là jusqu'en septembre et même octobre, on rencontre fréquemment la grosse Noctuelle qui est commune dans la plaine, mais qui devient rare à la montagne. De jour, elle se cache dans les fentes des écorces ou des barrières, elle s'enfile dans