‹ Les papillons dans la natureChapitre 122 sur 133 · LA PANTHÈRE · texte numérisé non relu

LA PANTHÈRE

la PANTHÈRE est le premier de ceux que nous étudions ici — il n’a jamais grand faim, et ce n'est qu'à la dérobée qu'on le voit promener sa trompe sur quelque objet humide. Se posant de préférence sur les longues tiges des graminées, il ne s'inquiète guère des fleurs et s’en approche comme par hasard; oui, c'est bien un hasard lorsqu'il voisine avec la fleurette aux ailes relevées, mais quel hasard heureux! Regardez ce jaune et ce noir côtoyant l’épi bleu. quelle charmante harmonie, quelle rare combinaison de couleurs ! C’est une coïncidence fortuite, répéterez-vous, mais une coïncidence que le Créateur a voulue et pour laquelle Il a donné des goûts, des mœurs, un genre de vie particuliers à chacune des espèces animales ou végétales: et ces goûts mettent sans cesse en rapport les bêtes et les plantes dont les couleurs et les formes s’harmonisent le mieux entre elles. Et plus que cela, la nature est si parfaite, si pleine d’harmonies de toutes sortes, qu'un papillon peut voltiger, une araignée tisser sa toile, un scarabée se promener sur une fleur quelconque, une branche, une pierre, le rapprochement sera toujours parfait, merveilleux et nouveau. Pensons aussi aux oiseaux qui, par une belle matinée de printemps, peuvent chanter tous à la fois, en ne suivant que les caprices de leur inspiration, sans que le concert qui en résulte soit assourdissant, sans même qu'une seule dissonance malheureuse soit perceptible. Ah que la sagesse du Créateur nous dépasse, combien elle est infinie!

Revenons à notre ENNOMos si joliment tachetée, et admirons la marge fine et soyeuse que portent ses ailes. L'inconscient insecte ne fait rien pour sa beauté; il ne tisse pas, 1l ne brode pas, il ne fait que de sortir de son humble chrysalide et ces ailes merveilleuses lui poussent. toutes seules. D'avril à mai dans la plaine, en juin sur les coteaux, et jusqu en juillet et août à la montagne, il voltige en plein jour, le long des lisières de forêt, dans les bois clairsemés, les fourrés, les pâturages buissonneux, les prairies un peu humides. Le nom de PANTHÈRE que Geoffroy lui a donné, de même que les qualificatifs

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