LA CIDARIE DU PRUNIER
guère en moyenne que 3 millimètres de diamètre. De plus, elle est franchement cylindrique d'un bout à l’autre, la limite des anneaux étant souvent à peine visible. Les pattes thoraciques sont toujours au même nombre et à la même place, mais des fausses pattes, il n’en reste plus que quatre, placées sous les segments neuf et onze. Les trois derniers anneaux étant fort raccourcis, ces deux paires se trouvent très rapprochées l’une de l’autre, portées tout à fait à l'extrémité postérieure du corps, et il existe désormais un très long espace sans pattes. Pour se mouvoir, la chenille est donc bien obligée de faire autrement que la Noctuelle : elle s'étire de tout son long, s'accroche avec ses pattes thoraciques à la tige ou à la feuille qui est devant elle, puis ramène tout près de celles-ci les pattes postérieures, en bouclant complètement son long corps. Dès que les fausses pattes sont fixées au support, la chenille s'étire à nouveau et ainsi de suite. C'est cette manière de marcher, rappelant les manœuvres d’un compas, qui a valu à ces chenilles les noms d'{ arpenteuses » et de { géomètres ». Ce dernier titre s'applique aussi à l’insecte adulte.
Mais :il est temps d'en venir aux papillons : chez eux aussi la différence est très sensible. Les Noctuelles ont un corps relativement gros et des ailes étroites et petites, les supérieures souvent presque rectangulaires. Pour soutenir leur thorax et leur abdomen volumineux, elles doivent, comme les Sphinx (pl. 35-36), battre des ailes avec une grande rapidité. — Chez les Phalènes, au contraire, à part quelques exceptions comme l’Amphidase du bouleau (pl. 59), le corps est beaucoup plus frêle et allongé et les ailes plus grandes et plus larges par rapport au corps. Les supérieures, de plus, sont presque toujours triangulaires. Les représentants de cette section volent un peu comme un Papillon de jour, c'est-à-dire avec des mouvements d'ailes beaucoup moins rapides.
Or, maintenant que nous savons mieux ce qu'est un Géomètre et sa chenille par rapport aux Noctuelles, arrêtons-nous à la CIDARIE DU PRUNIER dont le papillon, une Phalène très caractéristique, est