‹ Les papillons dans la natureChapitre 132 sur 133 · LA CIDARIE MOIRÉE · texte numérisé non relu

LA CIDARIE MOIRÉE

CipariA (Tr.) ou LARENTIA (T +) rivata (Hb.) ou silvaticata (Huw.) LA CIDARIE ONDÉE

E long des haies, dans les bosquets, comme aussi dans les éboulis, croissent de nombreux buissons qu'on ne connaît pas assez et qui feraient dans nos jardins des arbustes d'ornement bien

plus beaux et plus discrets que tous ces plants exotiques, ou forcés par la culture, qui n'ont aucun rapport les uns avec les autres et qui forment le plus souvent des assemblages hétéroclites. La flore de chaque pays, de chaque région, même de chaque coin de terre, suivant qu'il est ombragé ou ensoleillé, sec ou humide, rocailleux ou riche en terre végétale, est toujours différente, mais dans chaque endroit, elle forme un ensemble parfait, où les espèces s’harmonisent merveilleusement entre elles. Ah! comme les jardins seraient plus poétiques si l’on observait mieux ces lois immuables d'harmonie et de beauté qu'on découvre dans la nature!

Mais jetons ensemble un regard sur quelques-uns de ces buissons du pays, méprisés parce qu'ils ont le grand tort d'être de 4 chez nous ? et souvent 4 communs » : 1l y a tout d'abord la belle série des lonicéras ou chèvrefeuilles, dont nous avons parlé en détail au sujet de la Pyramide (p. 329). — Puis ce sont les épines blanches et noires, et tous les églantiers, aux espèces si nombreuses et variées : l'“églantier des chiens » ou «églantier commun» que l'on voit partout dans les haies et les pâturages; l'«églantier pourpre», aux fleurs d’un rouge carmin vif, aux longues cannes lisses et sans épines, qui croît aux endroits ombragés ; l''églantier à pommes», aux feuilles glauques, aux gros fruits ronds et poilus; l{églantier aux cent épines », avec ses fleurs si nettement découpées, d’un blanc ivoire, l'«églantier rampant », etc., etc.

Vient ensuite l'«épine-vinette» (berberis vulgaris) aux jolies

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feuilles bordées d'épines minuscules; ces feuilles se teintent de taches rouge vif dès le mois de juillet. En mai, tout le long des branches, pendillent d’exquises grappes de fleurs en boule, jaunes et parfumées, qui se transforment, dès la fin de l'été, en fruits allongés d’un rouge vif. Voici le (bois-carré », ou « fusain d'Europe » (evonymus europæus L..), aux feuilles VAPEUR devenant rouge carmin en automne. Les fleurs sont petites et verdâtres, mais elles sont remplacées par des fruits d'autant plus beaux. Tout le monde connaît ces capsules d’un beau rose, à quatre lobes, qui, en se fendant, laissent échapper des grains du jaune orange le plus intense. — N'oublions pas les nerpruns (rhamnus) dont les fleurs sont peu visibles et les fruits ronds et noirs, mais dont le feuillage luisant, surtout chez le (nerprun des Alpes? (rhamnus alpina), reste tout l'été d’un vert éclatant. — Dans les rochers ou sur les pentes bien exposées au soleil croît l'amélanchier (amelanchier vulgaris), dont les longues et fines tiges pourpres ou brun sombre se couvrent, au printemps, de vrais bouquets de grandes étoiles blanches. Chaque fleur est formée de cinq pétales étroits et très allongés et de sépales beaucoup plus courts, à pointe acérée et violette. Les feuilles qui ne se développent complètement qu'après la floraison, sont ovales, légèrement cordiformes à la base, finement dentelées au sommet, d’un beau vert mat et bleuâtre, souvent bordées d'un liséré pourpre. Au début de leur développement, elles sont cotonneuses en dessous. En août, les fleurs sont remplacées par des fruits ronds, recouverts d’un fard bleu et ressemblant à des myrtilles: mais ils sont portés par des tiges assez longues, dressées, et se terminent, au sommet, par les cinq sépales de la fleur qui se tiennent toujours bien raides et qui limitent entre eux un petit champ pentagonal blanc, orné en son milieu d'un point noir. — Et que dire du {cerisier mahaleb » ou Bois de Ste Lucie (cerasus mahaleb), au bois si parfumé, aux petites feuilles si mignonnes, un peu lisses, d'un vert très gai, qui sont représentées sur la planche ci-jointe ? Regardez leurs fines et gracieuses dentelures, ornées en automne de toutes petites

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perles gris clair. Au printemps les buissons se couvrent de fleurs blanches ressemblant à celles de l’épine noire.

Or, sur ces feuilles menues, sortant des éboulis, sur celles de l'amélanchier, du {nerprun cathartique», ou bien contre les pierres, à des endroits un peu cachés, on peut découvrir en mai et juin, puis en Guillet) août, ce joli papillon que l’on appelle la CIDARIE MOIRÉE ou ONDÉE, à cause des nombreuses bandes ondoyantes qui traversent ses ailes et sans doute aussi en raison des reflets chatoyants, tantôt dorés, tantôt vert bleu, qui les parcourent. Le mâle mesure 2,6 à 2,8 centimètres d'envergure, la femelle 3 à 3,4.

Une fois la nuit venue, la CIDARIE MOIRÉE vient voleter autour des lampes. Ce papillon est plus ou moins fréquent suivant les années et on le trouve toujours de préférence où croissent des gaillets blancs ou jaunes (galium mollugo et verum). C’est sur ces plantes, en effet, que vit sa larve, surtout sur la première, très commune dans les ébouhis. Cette chenille atteint 2,5 à 3 centimètres de long; elle est assez épaisse pour une arpenteuse, avec les deux extrémités légèrement amincies. Elle est d'un gris brunâtre pâle, tirant parfois un peu sur le rouge, d’autres fois sur le verdâtre ou le jaune. Une ligne médiane noire parcourt les trois premiers et les trois derniers segments du corps, se transformant, sur les anneaux intermédiaires, en une suite de losanges gris, encadrés de blanc et plus ou moins marqués. Les lignes sous-dorsales, très nettes aux deux extrémités, sont blanc sale; elles se rapprochent l’une de l’autre et se rejoignent même au bout de l'abdomen. Sur les côtés du corps s'étend une autre ligne blanc crème. Les stigmates sont ronds et d’un beau noir. La tête est arrondie, gris jaune, mouchetée de brun, avec le triangle frontal encadré de noir.

Cette chenille que l’on trouve en juin et juillet, puis en août et septembre, se tisse un cocon lâche, à la surface du sol, et se transforme en une chrysalide courte, épaisse, brun rouge, terminée par 8 fine pointe. Les chrysalides de la seconde génération passent

iver.

LE PTÉROPHORE PTÉRODACTYLE — Pterophorus pterodactylus Hb. Grossi trois fois, au repos. Grossi trois fois, au vol.

Le Fiorin — Agrostis tenuis Sibth.

La Crételle — Cynosurus cristatus L.

ni

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