LE GRAND MARS CHANGEANT APATURA (O. Fab.) iris (L
L y a des papillons gais, naïfs et ingénus dans toute leur manière d'être, qui font penser à de petits enfants jouant et folâtrant, sans retenue et sans crainte, dans la prairie; d'autres ressemblent à des
coureurs émérites cherchant à remporter un prix: rien, apparemment, ne parvient à les distraire de leur course rapide; certains, par contre, très modestes de couleur, vivent cachés et ne se montrent que vers le soir; ils passent souvent inaperçus tant 1ls sont discrets et lucifuges. A côté de tous ceux-là, il y a quelques espèces qui, si l'on peut s’exprimer ainsi, représentent l'aristocratie de la gent papillonne. Par leurs couleurs et leurs formes, mais surtout par leurs allures et leur port, ils sont de vrais princes, des êtres de souche royale. Conscients de la richesse de leur costume, ils en font, semble-il, intentionnellement étalage.
Or le GRAND MARS CHANGEANT, l'APATURA IRIS des entomologistes, est bien certainement le type de cette catégorie, avec son proche parent le Grand Sylvain et le Camille que nous allons étudier (pl. 13).
Tous les papillons, il est vrai, sont beaux : un exemplaire fraîchement éclos, à quelle espèce qu'il appartienne, est toujours un sujet d'admiration, une cause d’émerveillement. Le satin blanc du vulgaire Papillon de chou (pl. 4) ne le cède en rien aux taches claires de notre MARS et le brun à reflets verts et dorés du modeste hyperanthus (pl. 32) est tout aussi délicat que le noir ou le brun chatoyant du papillon qui nous occupe. Mais l'APATURA IRIS réunit toutes les qualités, et, en plus de la somptuosité de son manteau de satin, il y a dans la répartition de ses taches, dans l'harmonie de ses couleurs, dans la silhouette et la grandeur de ses ailes, dans sa façon de se tenir, dans sa manière de voler, un je ne sais quoi de 4 comme il faut », d'aristocratique, qui frappe immédiatement les regards lorsqu'on voit l'animal dans la nature. Le séduisant insecte respire la noblesse