‹ Les papillons dans la natureChapitre 47 sur 133 · LA DÉESSE A CEINTURONS · texte numérisé non relu

LA DÉESSE A CEINTURONS

MeEuiTÆA (Fab.) cinxia (L. F.) — LA MÉLITÉE ou LE DAMIER DU PLANTAIN

E coucou vient d'arriver dans nos forêts, et du haut des grands hêtres dont les bourgeons éclatent, il fait entendre ses appels retentissants. Il est revenu tout exprès pour inaugurer la grande

fête du printemps; et maintenant, de tous les arbres, de tous les buissons, du ciel même, des notes claires descendent, des trilles, des coups de sifflets : la fauvette à tête noire, à demi cachée par les feuilles naissantes, glauques et finement velues de la (blanchette », fait résonner le bois de la phrase la plus joyeuse qu ‘un oiseau puisse chanter; le troglodyte, cette frétillante petite boule brune ornée d'une dilsetlé queue dressée en l'air, exécute à tout instant, à en perdre le souffle, une roulade qui semble sortir de la syrinx d'un merle, tant elle est puissante: la sittelle pousse ses (tui tui tui» répétés, tout en décorant l'entrée du trou qu’elle a choisi pour son nid, avec de l'argile gâchée. — Tout bouge et chante et bruisse et pousse : les frêles écailles des bourgeons tombent une à une, de délicats éventails s’ouvrent lentement, de fines franges de poils soyeux s ’étalent et frissonnent sous la brise. — Dans le pâturage qui borde la forêt, quelques massifs d'arbres séculaires s'élèvent ici et là. Des troncs splendides, musclés, énormes, luisants de santé se divisent en branches majestueuses qui montent bien haut et disparaissent dans le fouillis des ramilles verdissantes. Tout là-haut, des ramiers roucoulent. — A terre, l'herbe est encore rase, mais déjà de toutes parts la primevère officinale accompagne de ses taches jaune clair les longs épis carmin de l’orchis morio; quelle charmante harmonie! Des milliers de brins d’herbe d’un vert tendre émergent du sol, et les feuilles épaisses du plantain, qui ont passé l'hiver écrasées sous la neige, se redressent et s’étalent aux rayons du soleil. Ici ou là sur une de ces feuilles, une chenille grignote : sa tête et ses fausses pattes d'un beau rouge doré, son corps d’un noir profond ajoutent, sur le fond

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