LE MORO-SPHINX
MacrocLossA (Ochs.) ou MacroGLossuM (Scop.) stellatarum (L.) LE SPHINX DU CAILLE-LAIT, LE MACROGLOSSE DU GAILLET ou LE SPHINX-MOINEAU
OUS verrons plus tard, à propos de l’Amphidase du bouleau
(p. 366), le mâle du Biston zonarius (Schiff.), conduit, comme
celui de l'Orgyia antiqua (L..), on ne sait par quel instinct, jusque
vers sa femelle aptère. Chez les plantes et les fleurs qui, elles, ne peuvent changer de place, la perpétuation de l'espèce est assurée par d’autres moyens. Généralement, les organes des deux sexes se trouvent placés dans la même fleur ou sur la même plante, mais très souvent aussi, une plante, un buisson ou un arbre ne porte que des fleurs mâles, alors que les fleurs femelles sont sur un autre pied. Comment donc le pollen va-t-il être transporté d'une plante sur l'autre? — Parfois, c'est le vent qui s'en charge, mais le plus souvent aussi, ce sont les insectes, surtout les hyménoptères. La fleur a donc besoin de l'animal, et, pour attirer celui-ci, elle met à sa disposition des provisions de nectar succulent. L'insecte arrive, il se pose sur la fleur: il enfonce sa trompe au fond de la corolle et, ce faisant, 1l bouscule ou frôle les étamines, se couvre plus ou moins de pollen et va, en poursuivant ses prélèvements de nectar, déposer ces germes de vie sur le pistil d'autres fleurs. Cependant, suivant la disposition ou la forme de la corolle, il pourrait fort bien arriver que l’insecte suce le nectar sans toucher les étamines et ainsi ses visites ne seraient d'aucune utilité à la plante. Regardez par exemple la fleur de la sauge des prés, si commune et si chère aux abeilles : les anthères, porteuses de pollen, sont appendues au bout de deux longs filets recourbés qui se cachent entre les deux lèvres du pétale supérieur et placent les anthères tout au haut de la fleur, alors que l'orifice de celle-ci s'ouvre à la base de ce même pétale. Comment donc l'abeille va-t-elle atteindre le pollen