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LA ZIGÈNE DE LA FILIPENDULE

ZYGÆNA (Fab.) ou ANTHROCERA (Scop.) filipendulæ (L.) LE SPHINX-BÉLIER

ES Zygènes! Voilà certes des papillons que tout le monde connaît et que les enfants aiment, car ils sont très communs, ils se font remarquer par leurs couleurs vives et tranchées, enfin

et surtout ils sont assez paresseux et lourds et il est fort aisé d'en faire la capture. De plus les Zygènes ont des chenilles faciles à trouver, surtout celle du SPHINX-BÉLIER. Elle est d’un jaune citron ou ocré, avec deux raies de grosses taches noires sur le dos et une série de macules plus petites sur le côté. Le corps est épais, court, mat, finement velu et la tête très petite, noire et rétractile. Cette espèce rappelle un peu les chenilles des Lycènes (p. 73), mais le corps est pourtant cylindrique. Enfin les cocons des Zygènes sont si étranges et si exposés aux regards que chacun peut les découvrir. Ils sont attachés aux tiges des herbes, ou bien aux fins rameaux des arbustes. De consistance solide et parcheminée, ils sont luisants, légèrement plissés en longueur et adhèrent très fortement à leur support. Celui du SPHINX-BÉLIER a généralement la moitié supérieure d’un jaune plus brillant et plus foncé que la moitié inférieure. La chrysalide contenue dans ce coffret, est brun sombre ou noirâtre, sauf les premiers trois quarts de l'abdomen qui sont jaune brunâtre. Cette chrysalide a la peau mince et se distingue de la plupart des nymphes de papillons par les fourreaux de ses pattes qui sont libres, — comme c'est le cas chez les nymphes d’hyménoptère, — et non point fondus en une seule masse avec le corps.

Enfants, nous aimions, en juin, faire la cueillette des cocons. Nous prenions la tige-support bien entière et en enfoncions la base dans un pot à fleur contenant de la terre. Ou bien, ce qui était encore bien plus intéressant, nous allions chercher, le soir, en mai ou juin, les chenilles parvenues à leur taille définitive, c'est-à-dire longues de

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