SCÈNE PREMIERE MADELEINE, puis HUBEKT
M \DELKINE, tirant un billet de son corsage et s'approchant vivement do la toilette, do Pair d'une personne heureuse de se trouver enfin s ;ule.
Vite au billet! j'en ai reconnu l'écriture...
Lisant la suscription du pli qu'elle tient.
(' Très confidentiel. »
Après une seconde de réflexion.
Parons toute aventure :
Si le soupçon fait oncle entre pour m'épier, Je glisse ceci, là, sous maint autre papier.
En parlant, elle est allée prendre sur le petit bureau des livres et cahiers de papier qu'elle dépose sur un coin de sa toilette, pour y dissimuler la lettre en cas de surprise. — Puis elle rompt le cachet et commence à lire les premiers mots.
« Ma chère Madeleine, ahl je suis bien malade! »
Le papier tremble dans ses mains ; elle est forcée d'interrompre sa kcture, les larmes lui brouillant la vue.
Mon Dieu!
Elle fait un geste de résolution, prend un petit miroir sur sa toilette et voyant que ses yeux sont rouges, les mouille vivement avec de l'eau fraîche.
Vais-je pleurer, comme un enfant maussade? Non! Lisons ce que mande Hubert, malade et seul. Pour pouvoir à ce coup préparer son aïeul.
A ce moment, Hubert entre doucement par le fond sans être va de ' Madeleine. — Elle reprend la lettre, et donne les marques d'uu vif étonnement, à la lecture de ce qui suit.
« Surtout, que mon grand-père ignore ce message!
» Je me confie à toi seule, cousine sage :
» Toi seule peux guérir ton cousin, — un benêt
» Qui perdit vingt louis, dimanche, au lansquenet! »
HUBERT, au fond, à part.
Hélas, oui!
MADELEINE, à elle-même, sans voir Hubert.
La malice est de fil blanc ourdie; Votre mal n'était donc qu'un mal de comédie. Perdre au jeu vingt louis!... Ne rougissez-vous pas?
HUBERT, même jeu.
Si fait!
MADELEINE
Joli moment pour faire un mauvais pas!
C'est quand tout lui sourit, quand l'avenir prospère