‹ Les papillotes, comédie en un acte, en versChapitre 13 sur 17 · SCÈNE TROISIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE TROISIÈME

HUBERT, prend le fei- et pince les papillotes.

Bravo ! De mieux en mieux !

Cela tourne à souhait... Que cas rouleaux soyeux Encadrent joliment ton aimable visage !

Plus qu'une papillote à pincer.

HUBERT

Voilà!

MADELEINE, coiffée, se levant et faisant la révérence.

Suis-je, à présent, au goût de mon seigneur?

HUBERT

Charmante !

MADELEINE

C'est heureux !

HUBERT

Adorable, d'honneur !

MADELEINE

Mais nous voilà bien loin du compliment 1

Elle cherche des yeux.

HUBERT, ramassant un papier.

Ma chère, Tu me l'as pris des mains... et le voici par terre !

MADELEINE

Oui, le premier feuillet... Mais le reste?

HUBERT, embarrassé.

Ma foi.

Qu'en as-tu fait?

MADELEINE

C'est vous, étourdi!

HUBERT

Non 1 c'est toi.

Tu Tauras égaré sous ces papiers... Regarde !

MADELEINE, cherchant inutilement.

Rien!

HUBERT, jetant les yeux sur un des carrés de papier non utilisés pou les papillotes.

Ah ! j'y suis.

MADELEINE

Quoi donc?

HUBERT, riant et se grattant l'oreille avec une confusion feinte.

J'en ai fait, par mégarde Des... papillotes!...

MADELEINE, avec une colère comique.

Quoi ! ce papier?...

HUBERT, riant.

Oui... — D'ailleui's, Les premiers vers sont saufs et c'étaient les meilleurs...

Il montre le premier feuillet du compliment.

— Tu les tiens là...

MADELEINE

Monsieur, l'audace est singulière :

Profaner de la sorte un hommage à Molière !

— Et mon tuteur ?

HUBERT, gaiement.

Ron! suis-je en peine d'un détour?

Qr.ant à Molière, va, les prémices d'amour Que deux cœurs, 'librement engagés l'un à l'autre, Echangent, dans un âge aussi franc que le nôtre, Fêtent son souvenir mieux que nuls compliments ! Lui, dont l'humeur caustique est aux jeunes amants Si douce! qui peignit si vivement leurs peines. Leurs transports, leurs soupirs, et leurs querelles vaines ; Lui, qui, contre l'envie et la sottise armé. Souffrit d'être haï moins que d'avoir aimé!

Page 1