SCÈNE DEUXIÈME
MADELEINE
ia.
NOËL, incrédule.
Hum'...
La gloire
MADELEINE
Vous respirez la force, la gaîté,
NOËL, avec une dignité comique.
Je jouis d'une belle santé...
J'ai de mes facultés su conserver l'usage.
MADELEINE
Et l'on voit peu de gens porter ainsi leur âge.
NOEL, observant sa nièce.
J'ai surtout les yeux bons et tiens pour avéré Que les vôtres, friponne, ont récemment pleuré! Voulez-vous m'expliquer...
MADELEINE, détournant, gaiement.
Vous parliez de Molière?
NOEL, vivement.
Oui? moi? non pas!
MADELEINE, insistant.
Pardon.
HUBERT, sortant la tête, à part.
Un mensonge ! Oh ! grand-père !
MADELEINE, malicieusement.
Je sais quelle pensée a fait venir ce nom Tout naturellement à vos lèvres...
NOEL, jouant l'étonneiïient.
Mais non.
Te dis- je !
MADELEINE
A pareil jour naquit le grand poète
Qu'au Théâtre-Français ce soir même l'on fêle : Et lorsque l'on a joint, ainsi que vous jadis, Mon cher oncle, aux lauriers des auteurs applaudis Le renom d'un acteur de verve singulière; Lorsqu'on fut, doublement, l'émule de Molière, On peut, rêvant tout haut, donner un mot flatteur De regret et d'estime à ce compétiteur.
A part, gaiement.
Je suis gentille!
HUBERT, même jeu.
Est-elle adroite!
NOËL, à part.
Elle est charmante!
Haut.
Fort bien ! . . . mais quelque chose, à coup sûr, vous tourmente Ces yeux... cet embarras...
HUBERT, sortant encore la tête.
Hum!...
MADELEINE, vivement.
C'est plus fort que moi I
A part.
L'imprudent!
NOEL, qui a entendu du bruit, se retourne.
Qu'est-ce donc?
MADELEINE, vivement.
Si vous saviez pourquoi!...
Hubert, — c'est là le coup dont j'ai l'âme étourdie...
NOËL, inquiet.
Hubert? parle!...
MADELEINE, feignant de sangloter.
Huit jours de grave maladie!
Huit jours au lit!...