SCÈNE DEUXIÈME HUBERT, même jeu, à part
Bravo !
NOËL
Huit jours! le pauvre enfant!
Pourquoi ne pas écrire?
MADELEINE, embarrassée, cherchant ses mots.
Il n'a garde, étouffant Toute plainte, de peur d'affliger son grand-père... Dans sa tète frivole un changement s'opère! Il a souffert beaucoup !... J'en reçois d'un voisin La nouvelle, à l'insu de mon pauvre cousin.
NOEL
Et moi qui l'accusais déjà d'indifférence!
Ce mal, — sans gravité, j'en garde l'espérance, —
Un excès de travail sans doute l'a causé...
Avec défiance.
Pourtant, hier, il jouait le Cocher supposé?...
MADELEINE, vivement.
Hier? c'est wai. Par bonheur, il s'est remis très vite...
NOEL
Dès lors, que tarde-t-il à nous rendre visite?
MADELEINE, très embarrassée.
La fièvre...
NOEL
Eh bien?
HUBERT, même jeu, à part.
Voici le moment délicat.
MADELEINE
A ms sa maigre épargne en fort mauvais état... Il doit au médecin quelque petite chose... En sorte...
NOEL, soupçonneux.
En sorte?
Qu'il sft désespère... et n'ore Revenir....
NOËL
La raison ?
MADELEINE
Il craint, le brave cœur, Qu'on n'interprète mal sa dette, et sa... pâleur.
NOËL, résigné, après un temps.
Combien?
MADELEINE, timidement.
Vingt louis.
NOEL, bondissant.
Pour une fièvre quartaine !
On en expédierait, à ce prix, la douzaine... Vingt louis!
HUBERT, même jeu.
Il bondit!
NOËL, avec une fureur comique.
Prodigue et vicieux !
.Je lui défends d'oser reparaître à mes yeux !
MADELEINE, suppliant son oncle.
Mon oncle !
NOËL, marchant avec colère.
Laissez-moi.
Croyez...
NOËL
Quelle conduite!