‹ Les paques veronaises drame en 4 actesChapitre 13 sur 47 · ACTE I, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VI

ce pays... dermèrcment encore j’ai fait la triste expérience de la haine que nous portent vos compatriotes.

> CARDONI.

Gomment <^la ? '

HORACE

C’était k Salo. La garnison que j’avais l'honneur de commander était peu nombreuse ; mais , comme nos soldats, conformément aux ordres du général en chef, respectaient scrupuleusement les biens, les mœurs, la religion des habitants, nous étions sans défiance, p^ nsant que les Italiens nous^ sauraient gré d’une modération bien rare chez des conquérants. Notre confiance faillit nous perdre. Quelques centaines de fanatiques avaient juré do nous exterminer; le massacre devait avoir lieu pendant une fête publique, alors que nos soldats, disséminés et sans armes, ne pourraient opposer aux assassins aucune résistance sérieuse. Heureusement je fus prévenu à temps : quelques-uns de ces misérables l^urent arrêtés, nous réussîmes même à nous emparer de leur chef, homme redoutable, dit-on , dont nous ne pûmes savoir le vrai nom, mais que ses complices appelaient Scorza.

T CARDOHK

Scorza! en effet, j’ai déjà entendu parler de cet homme.

HORACE

Il parvînt, -je ne sais comment, k nous échapper; mais ses traits sont restés gravés dans ma mémoire et si jamais je le retrouve... " ' -

ANDRÉ, faisant le- geste de fusiller quelqu’un.

Fsstü

CARDONI.

Le danger que vous avez couru ne m’étonne pas ; nos paysans sont superstitieux, fanatiques , et ils se croient appelés à vérifier l'ancien proverbe : que l’Italie est le tombeau des Français.

ANDRÉ

Mille bombes! il faut plus de place que ça pour enterrer les soldats de la république française !

HORACE

J’espère que nous prouverons à ces pauvres gens que le temps des prophètes est passé. .k

, CARDONI.

Dieu vous entende, colonel I {Giulia entre par la droite.) „

LES PAQUES YÉRONAISES.

SCÉ^E YIl.

CARDONI, GIULIA, HORACi:, ANDRÉ*.

CAUDOM, à Gili/ia.

Ah! te voilà, Giulia ; j’ai bien besoin de (pi, mon enfant, pour faire les honneurs de notre pauvre maison à ^ notre hôte.

GIULIA, apercevant Borace.

Que vois-je? vous ici, Monsieur?

nOlîACE.

Me pardonnerez-vous. Mademoiselle, un bonheur dont le hasard a fait les premiers frais?

GIULIA

Monsieur... , ^

ANDRÉ

Du sexe, attention ! Est-ce qu’elle ne se retournera pas? {h tousse.) Hum! hum! {Giulia se retourne.) Fichtre! qu’elle est jolie !

CARDONI, « André.

Venez, venez, mon^ brave; vous dînerez avec nous.

ANDRÉ

Je sais trop les égards que je dois à la compagnie pour me permettre,...

Allons donc ! un brave comme vous n'est déplacé nulle part.

ANDRÉ.'

Pardon^ excuse, Siçinorissimo. Je suis touché, vraiment touché ; mais si c’était un effet de votre complaisance, je vous prierais de ne pas vous occuper le moindrement de ma personne.

CARDONI. ,

Allons, je n’insiste plus. - •

(Ils sortent) excepté André.)

ANDRÉ

Bon appétit. Plus’souvent que je vas me mettre à table ■r avec eux , pour que le colonel me jauge le liquide commeà une rosière. Ce vieux et cette jeune fille^ ça pe map|fe

'' * Card., Giul., tlor.. And,

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