‹ Les paques veronaises drame en 4 actesChapitre 12 sur 47 · ACTE I, SCÈNE VE · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VE

HOnACE.

Tout le monde. Monsieur, ne s’exccufe pas d’aussi bonne grâce que vous, et je vous avoue franchement que je ne m’atténuais pas i un aussi favorable accueil.

Ma foi, mon colonel, c’est jmtement ce que... .(/forace lui impose silence.) fdi ! oh ! il paraît que je suis de trop dans la conveisation ; suffit !

HORACE

Au reste. Monsieur, je ne me présente pas tout à fait comme un étranger chez vous, .l’arrive de Brescia. Pendant mon-séjour dans celte ville j'ai eu l’honneur d’êlie reçu fréquemment chez M. Juhauo, et...

cAKDorn.

Vous connaissez mon vieil ami Juliano, vous étiez reçu chez lui, mais alors vous avez dû voir aussi ma nièce, mon fils ?... 1 .

HORACE

Votre fils ? non. Monsieur , je ne l’ai jamais rencontré chez M. Juliano. Quant 4 mademoiselle Giulia, votre nièce, je la voyais presque tous les jours.

ANDRÉ, qui a examiné l’intérieur de la chambre.

Tiens! tiens! tiens! une épée de colonel et une croix de l’ancien régime, excusez! {Désignant le portrait.) Est-ce que tout ça appartient au particulier ci-contre ?

HORACE*

Que vois-je, le porirait de Louis XVI ?

CARDONi, troublé.

Ces objets ont appartenu à un émigré français... à un ami qui était en pension chez moi et qui y est mort. Je ne sais pourquoi ils sont encore dans ce|,te salle. J’ai plusieurs fois donné l’ordre qu’on les enlevât et je vais moi-nième... (H fait un pas.)

HORACE, le retenant .

C’est inutile; l’épée et la décoration d’un brave ne sont pas des objets qu’il faille cacher aux yeux d’un soldat. Quant au portrait vous avez eu tort peut-être de le laisser ici; quelque farouche Jacobin, s’il se trouvait à ma place, pourrait s’en formaliser ; mais, rassurez-vous,

• Cari]., Hor., And.

** And., Card., llor.

je comprends tout ce qu’a de sacré le legs d’an ami et je sais respecter la religion du souvenir.

Oui, nous savons respecter (Horace lui impote «-

lence.)

CARDOM.

• Quelles nouvelles de France, Monsieur ?

UORACE.

Il y a trois mois seulement que j’ai quitté Paris. A cette époque la France, au comble de la puissance, était maîtresse de tout le sol qui s’étend du Rhin aux Pyrénées, de la mer aux Alpes.

CARDONI.

Ah !

nORACE.

La Hollande, l’Espagne allaient unir leurs vaisseaux aux siens et attaquer, de concert avec elle, le despotisme maritime de l’Angleterre.

CARDOm.

Bien!

HORACE

Elle était resplendissante d’une gloire immortelle... d’admirables armées faisaient tlotter son pavillon à la face des nations qui avaient voulu l’anéaniir. Ses intrépides soldats, guidés par un héros, comptaient autant de victoires que de combats... Fiôre et glorieuse, calme dans sa force, elle essuyait ’le sang de ses blessures, et, le front radieux, souriait à l’avenir... Voilà ce qu’était la France... voilà ce qu’elle est encore ! !

CARDOM.

Bien ! bien !

Mille bombes ! quel orateur que mon colonel... auprès de lui M. de Mirabeau n’était que de la Saint-Jean.

CARDOiM, avec joie.

Ah ! Colonel, merci de vos bonnes nouvelles.

ANDRÉ

Eh bien ! en v’ià un vieux qui nous aime, cristi ! Si les Autrichiens étaient tous comme ça, la conquête serait bientôt faite.

HORACE

Je ne pensais pas que la France eût de pareils amis en'

Page 1