CII’I.IA
Mon oncle est trop faible pour m’accompagner.. t une demi-lieue à pied, à son âgé, c’est presque uu voyage, et, d’un autre côté, mon cousin ne s'occupe plus assez de moi pour que je réclame de lui ce service.
HORACE
Mii^, si j’obtenais de M. Gardoni l’honneur de le remplacer près de vous?
GIL’LIA
Alors, colonel... ‘ " •
' nORACK. ■'
Alors?... • ' ^ ^ -
GICLIA.
Je vous devrais une heureuse journée.
HORACE
O merci, Giulia, ce jour comptera dans ma vie comme un jour de joie et de bonheur!... De longues heures passées ainsi avec vous
GiüLiA, finement.
Dans l’église, signor francese.
nORiCE.
Qu’importe? Dieu ne condamne pas un amour aussi pur, aussi pieux que celui que je vous ai voué... Je ne crains pas de mettre mon cœur sous ses yeüx... Puissiezvous y lire comme lui! ^
GIOLIA.
Mais, comme mon regard n’est pas assez perçant pour pénétrer un si profond mystère, le mieux que je puis faire, n’est-ce pas, colonel, est de vous croire sur parole ?
Vous raillez, Giulia* > . •
' GiOLlA*, te levante
' Laissons cela, colonel. Et puis, si vous n’avez pas encore été témoin des fêtes de Pâques dans notre pays, vos yeux et votre esprit trouveront assez d’occupation à
* Giu)., Ilor,
Vérone. Une fêle en Italie, c’est un spectacle où lé peuple court en foule pour admirer l’éclat oes ornements sacrés, pour s'enivrer de l’harmonie des chants religieux, du parfum des fleurs et de l’encens; c’est bien encore le même peuple qu’il v a deux mille ans : même enthousiasme, même avidité d’émotions. Le théâtre seul est changé, l’église' a remplacé le cirque.
HORACE
Oui, c’est bien là le peuple italien, aussi emporté dans ses plaisirs que dans ses douleurs, aussi ardent dans son amour que dans sa haine.
GIOLIA;
fête de Pâques est encore chère aux Italiens à un autre titre : c’est aujourd’hui que les femilles divisées reneuent des liens rompus et que celles qué la discorde n’a jamais affligées cimentent de nouveau leur union... On m’a dit qu’il en est de même en France, colonel, et, sans doute, qu’en ce moment, votre absence est vivement regrettée par votre famille?
HORACE, troublé. ■'
, Ma famille.... , ' . '
GIULIA, a part.
Il se trouble. .. ah! si je pouvais savoir le secret qu’il semble me cacher... (Haut.) Votre famille....,
HORACE, et part.
Encore! .. .
- GirUA.
Doit adresser au ciel des vœiix pour votre bonheur.... c’est une consolation de prier pour ceux qu'on aime.