‹ Les paques veronaises drame en 4 actesChapitre 25 sur 47 · ACTE II,' SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE II,' SCÈNE V

CARDONl.

Dites-moi la vérité ; vous allez vous battre avec lui?

' HORACE. '

C’est vrai. ' ‘ * • ' -

CARDONI * . ' ^ '

J'en étais sûr!.. Ainsi donc, en Italie comme en France/ le malheur s’appesantit' sur ma femillè...' Ici , je verraimon fils frappé par une main amie, comme au ehâtetiu de Vieux-Champ j’ai vu ma femme assassinée de la main d'un'ami!.... • . ' ■ v '

• HORACE. ' ' . - '

Au château de Vleux*€hampl.. .grand Dieu!., que di tes- vous !.. mais alors, vous êtes donc?...- , -

CARDOm.

' Eh bien! oui.... c’est vrai.... je suis Français; '

HORACE. • " ' ' '

Français! •

CARRONI. - ■

Et émigré!

HORACE, i ' - ^ ’

Ah ! mais de qudle terrible histoire me parliez-vous?.»

CARDONI. ’

Oh! ceci vous toucherait peu, sans doute.... '

HORACE. ‘ ' ‘ ' . '

Peut-être permettez - moi" de vous ndréssèr une

seule question : le château de iVieux-^Champ n’est-il pas situé dans la Franche-Comté ?

CARBOM.

Oui ; vous connaissez celte pàrtie de la France? .

' HORACE. • - '

J’y suis né.

' CARDONI. / • '

Ah !... je ne sàis alors si je dois vods' dire..;' •

Parlez, Monsieur, car dè votre récit dépendra peut-être la vie de votre fils.

CARDONI, à pari t’observant. ^

C’est étrange !

iiOKXCE, lui avançant une chaise, ,

Parlez! parlez !

* Hor., Gard. ’ . ’

U LES PAQUES VÉRONÀISES.

CARBoni, atiii.

J’hâbiUis la Frai)che-Conaté avec ma femme, mon frère et ma nièce, 4orsqu’ éclata la révolution qui renversa le trône; mon frère et moi nous courûmes offrir notre épée à la Convention nationale; nous conibattîmes sur la frontière pour la défense de notre pays jusqu’au moment où mon pauvre frère, frappé d’une baUe prussienne. tomba à mes côtés en me recommandant sa bile orpheline... Je voulus venger sa mort, mais une blessure grave me força de rentrer dans mes foyers. J’y avais laissé le bonheur, j’y retrouvai le désespoir.

BoaacB.

Comment cela ? <

CARBOm.

Un homme, ^e ses idées libérales m’avaient fait prendre en amitié, avait une propriété voisine de la mienne, Il fut reçu chez moi avec la cordialité la plus franche... Ma femme, en mon absence, crut devoir lui témoigner la môme estime, mais elle ne tarda pas à s’en k-

J )entir... Ce malheureux, abusant de sa connanee, osa lui aire entendre un langage aussi injurieux pour elle que pour moi. L’indignation avec laquelle furent accueillies ses honteuses propositions ne le rebuta pas, et bientôt son audace devint telle que ma femme se crut obligée à me tout avouer. Outraaé dans mon honneur, je chassai honteusement ce perfiae ami qui, dès ce moment, nousjuraà tous une haine implacable. (// te livt et vofitche avec agiton tion.) ' .

nOBACÉ, à part. .

C’est cela! c’est bien cela!

CARDONI *.

Quelques mois après, par une froide et sombre soirée d’hiver nous étions réunis, ma femme, ma nièce et moi autour de notre foyer. Nous nous entretenions des affaires du jour ; on allait juger le roi. Les événements se présentaient sous les couleurs les plus sombres et nous ne pouvions nous défendre d’un profond sentiment de tristesse en pensant à l’avenir de notre fils Etienne qui faisait alors ses études à Paris. Nos cœurs étaient si serrés ce soir-là qu’il feut reconnaître que les pressentiments

* Card., Hor.

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