ACTE II, SCÈNE VII
HOBACE, avec effort.
Ma résolution va sans doute vous surprendre, Monsieur Stefan O.
Quelle est-elle? •
HOBACE.
Je ne me battrai pas avec vous.
ANDRÉ, qui est entré par la gauche avec deux êpèet *.
Mille tonnerres!... que dites-vous là, mon colonel?
STEFANO
Monsieur Horace daignera-t-il m’expliquer le motif de cet étrange refus?
HORACE
Je pe le puis pas, monsieur.
STEFANO
En effet, il y a des sentimena si vils qu’on ne saurait ' les exprimer sans honte.
ANDRÉ, à part.
^ Et il ne l’écrase pas sur la place V ! . '
UOBACE.
' 11 est peu généreux. Monsieur, d’outrager un homme qui est résolu à ne pas se défendre. ‘ \
ANDRÉ, s’avançant.
Oh! mais, ce n’est pas passible !... Vous êtes donc malade, mon colonel?... Comment, vous que j’ai vu sur vingt champs de' bataille braver la mitraille elles boulets, vous reculez devant un pékiu !... Oh ! il ^ a là quelque chose là-dessous. Voyons... dites-moi que je n’ai pas bien entendu... dites-moi que par pitié pour lui... ditesmoi tout ce que vous voudrez... enfin, mais ne gardez pas un silence qui vous déshonorerait !..
Et la France confie à de semblables hommes la gloire de son drapeau! et je vois les insignes du courage qt de. l’honneur sur l’épaule d’un lâche! . ,
ANDRÉ, éclatante .
Mille tonnerres ! Je ne laisserai pas insulter ainsi mon colonel... {A Horace.) Et... puisqu’un motif quelconque vous empêche de vous battre, eh bien! moi, je me battrai à votre place. i . . . - ‘
* Hor., And., Stef.
- ** And., Hor., Stef.
Li:s PAQrks vi:noN vises.
nOBACE *. . . ’
André!
ANDRÉ
Je n’écoutP plus rien!.,. On a insullé notn' uniferme... officier on soldat, nous devous tous le fairî respecter. {Jetant une. des riens; épées qu’il lienl à la main '»ux pieds de SVc/'u/io.)Æn garde, péktn, en -garde! .. ,
HORACE
André, je t’ordonne de te retirer. ^ '
ANDHÉ. . ' . ■
Vous m’ordonnez une làclieté, je n’obéirai pas.
HORACE, s’élançant entre eux **.
André, au nom de la discipline, je t’ordonne de m’obéir.
ANDRÉ, hésitant.
Mon colonel... . . ; . \
HORACE
Remets ton sabre au fourreau et suis moi. - ANDRÉ, il hésite un moment, puis rengaine son sabre.
Oh ! que je souffre ! mort-dieu, que je souffre ! {Il sort en menaçant Stefano.)
SCE^^E Mil.
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V STEFANO.' ^ -
Le bâche! refuser un combat loyal à chances égales, à la face du soleil... Ah je ned’aurais pas cru... Que faire maintenant?... je ne puis le forcer à se battre, il faut attendre... Et plus tara peut-être, dans le tumulte de l’insurrection et dans le désordre de là mêlée, mon épée ne pourra rencontrer la sienne.. ^ S’il venait à tomber soùs les coups d’un autre il me semble que ma, vengeance serait incomplète... Oh ! que la haine est lourde à porter quand il faut vivre côte à côte avec son ennemi... Mais dans quelques jours peut-^tre' les cloches de l’église Santa-Maria donneront le si^al-du massacre des Français... Les Françaislje ne sais pourquoice nom qui devrait exciter ma
* Hor., And., Stef.
** And., Hor., Stef,
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