ACÎE II, SCÈNE XI
haine pèse sur mon cœur comme un remords... Est-il donc vrai que l’homme ne peut jamais oublier complètement ses premières impressions et se délivrer des préjugés dont on a bercé son enfance ?... La patrie ! quelle est donc la puissance de ce mot pour qu’il éniëuve si doucement noire cœur, lors même gu’il ne nous rappelle que de douloureux souvenirs ; d’où vient donc Cette voix étrange qui me dit que ces hommes dont j’ai juré la mort, ces hommes que je ne connais pas, qui ne m’ont jamais fait que du mai ont droit à ma pitié, à mon affection ?... mais que dis-je? Ces Français ne sont-ils pas les bourreaux qui ont assassiné ma mère? Ne sont-ce pas eux qui m’ont condamné au supplice pour avoir tenté de défendre par l’insurrection le sol de ma patrie adoptive? Ne sont-ce pas eux enfin qui me feraient fusiller demain peut-être si je ne lés prévenais aujourd’hui?. AHons,plus de pitié, ma résolution est prise. {// remonte rapidement la scène et va sortir par le fond lorsqu’il
aperçoit Galoretli.) .