‹ Les paques veronaises drame en 4 actesChapitre 44 sur 47 · ACTE IV, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IV

dré... crois-tu pouvoir'pénétrer sans danger dans la cil adelIe?

ANDKÉ.

Qu’il y. ait du danger ou non, j’y arriverai ! '

HORACE

Eh bien, va demander au général un détachement pour disperser ces misérables.

> ' ANDRÉ

C’est dit, mon colonel. .

CARDONI.

Mais vous vous ferez tuer en route.

ANDRÉ

Ça m’est bien égal ! pourvu que ce ne soit qu’au retour et quand mon colonel sera sauvé. {Il son vivement.)

HORACE, se rasseyant *, ' ' •

Digne garçon! Âh! Dieu ne pèut vouloir ma morÇ.. puisqu’il me donne des amis pour veiller sur moi... et (Prenant les mains de Giulia.) un ange pour guérir niçs blessures ! ' ' .

SCÈNÈV.

Les Mêmes, STEFàNO, entrant par une porte à droite

STEFANO, stupéfait à la vue d’ Horace,

Le colonel !... vivant! “

HORACE, à part.

' Stefano !

CARDONI, sévèrement.

D’où venez-vous, monsieur ?

STEFANO, embarrassé.

Mon père...

CARDONI, avec autorité.

Je vais vous le dire, car j'ai tout deviné, moi... Malheureux!... Vous avez donc oublié que la France est votre patrie ! Vous avez donc oublié que celui qui frappe ses compatriotes est un lâche et un trattre ! Oui, un lâche et un traître, même aux yeux de ceux qui profitent de sa trahison... Vous avez pris les armes contre les Français quand vous auriez dû les défendr e. 4 . Vous vous êtes mêlé à ces bandes d'assassins qui ne frappent leurs ennemis que dans

* Card., Hor., Giul. ** Stef., Gard. Ilor., Ginl.

LES PAQUES \I>:RÛiNA1SES.

l’ombre. Avant d’entrer dans celte maison, vous preniez soin, n’est-ce pas, de laver vos mains teintes de sang? Et lorsque votre bouche venait peut-être de donner le signal du rnassacre, vous osiez murmurer à l’oreille de votre cousine des piroles d’amour ! Ah ! je vous le dis, votre conduite est infUrne, et celui que vous poursuivez de votre haine est mille fois plus digne que vous de l’affection de votre cousine et de l’estime de votre père.

STEFAISO.

Eh bien! oui, je l’avoue, j’ai voulu me venger de cet homme parce qu’il m’avait volé mon bonheur. Je l’ai provoqué au combat, il a refusé ; alors tous les moyens m’ont été bons : je me suis mêlé aux révoltés j je l’ai poursuivi, je l’ai frappé, et vous m’approuverez, mon père, car ma vengeance est jusie, car elle est sainte, car elle est sacrée, car vous-même, quand vous connaîtrez le motif qui me pousse, vous me direz : * Frappe! »

• CARDONI, avec indignation.

Malheureux ! lui, un Français! noire hôte!

STEFANO

Mon père, savez-vous le nom de l’homme que vous protégez ainsi?

UORACE, à part, avec anxiété.

Que dit-il? • ’

STEFANO

Il s’appelle Horace Lambert. ^

CABDOm et GIULIA.

Grand Dieu! ' ' O >• *

' HORACE, te levant, a part. ' ’ ' -

Comment sait-il?...

STEFANO

Il est le fils de Jacques Lambert ! Ce portefeuille que j’ai trouvé à l’endroit où il est tombé renferme des papiers qui vous révéleront tout. [Il lui donne le portefeuille.) Ltscz!

GiULlA, « part.

O mon Dieu ! ayez pitié de mçi!

CARDOJU, après avoir fouillé dans le portefeuille.

C’est vrai ! c’est bien vrai ! Oh ! malheur! malheur !

GIDLIA, à Horace.

Ah! monsieur, voua nous trompiez !

UORACE.

Je ne voulais tromper personne. Mon intention était de

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