ACTE ÎV, SCÈNE V
vous avouer ce secret ; mais j’attendais ; j’espérais que mes soins, mon affection, mon dévouement affaibliraient la force du coup que devait vous porter cettè funeste révélation. Mon espoir a été déçu ; car je le vois, à la manière dont vous avez accueilli mon nom, le fils de Jacques Lambert vous sera toujours odieux.
CARDOm.
Vous vous trompez. Monsieur; les fautes sont peréottnelles, et je sais que le fils d’un infânae peut être un honnête homme (Regardant sévèrement Stefano.), comme le fils d’un honnête nomme peut être un infâme.
STEFAKO, à part.
Qu’entends-je?
GinUA, à Horace,
Ah ! mon oncle oubliera le mal que nous a fait votre père. 11 est si juste, il est si bon I
Merci, Giulia, je vous sais gré de hi pitié que vous me témoignez, mais je ne puis l’accepter. Votre oncle a beaucoup souffert ; je craindrais d’ajonter à sa douleur en restant plus longtem{» devant ses yeux. La mort m’attend sans doute au seuil de cette maison ; mais qu’importe ! un peu plus têt, un peu plus tanl, la mort doit atteindre le soldat. Adieu ! ' , -
GIULIA, le retenant *.
Oh ! vous ne partirez pas ainsi ! Mon oncle, au nom du ciel, faites-lui entendre raison! La campagne est pleine d’assassins. Voulez-vous qu’on vous accuse de ne l’avoir recueilli que pour le livrer ensuite à la mort? Mon oncle, vous êtes juste! Quel mal vous a-t-il fait, lui? Vous me l’avez dit vous-même .* Horace est un noble coeur ! Mon oncle^ je vous le demande au nom de mon pauvre père que vous aimiez tant, empêchez-le de sortir! stEFAKO, à part, avec rage.
Oh ! comme elle l’aime !
CARDONI.
Le colonel peut rester dans cette maison. Il est mon hête, et je lui, donne ma parole de gentilhomme qu’il n’aura rien à y craindre.
* Stcf., Gard., Giul., Hor.
LES PAQUES VÉUONAISES.
STEFANO
Eh bien ! puisqu’il en est ainsi ; puisque vous me |9bu$sez à bout, mon père; puisque un Lambert l’emporte sur moi dans votre cœur, il taut que l’un de nous deux meure ! {On entend des cris et des coups de feu.) Tenez, mon père, entendez-vous ? Le peuple vient de ce côté ; il demande la mort des Français'!... Un Français est ici... je le livrerai I
CARDOMI
Tais- toi, mèlbeureux! tais-toi!
STEFAnO, s’élançant vers la fenêtre du fond.
Par ici ! par ici !
GICLIA.
Oh ! le lâche ! le lâche ! • '
SCÉîSE VI.
Les Mêmes, GALORETTI, Italiens.
LES ITALIENS
A mort le Français !
GALORETTI, menaçant Horace de son poignard.
* Qu’il meure !
GiULiA, couvrant Horace de ton corps *.
Ah ! vous me tuerez avant lui.
CARDONI, arrachant une épée à un Italien, et se plaçant devant Horace **.
Misérables !
LES ITALIENS
A mort le Français ! {Les Italiens vont se jeter sur Horace. Bruit au dehors.)