‹ Les paraboles cyniquesChapitre 44 sur 44 · I.A DKUMKHE l'A II A HO LR · texte numérisé non relu

I.A DKUMKHE l'A II A HO LR

autres ni pour lui-même relient son souffle c meurt, — Dieu, dans un mouvement dernier qui fit tressaillir les mondes, dispersa ce qu'il restait de lui-môme et le donna aux univers.

Maintenant le Créateur n'était plus en dehors des créations. Les eaux, matrices des vivants, ne sentant plus sur elles la puissance fécondante» frissonnèrent attristées et firent entendre à l'aridité des rocs celle triste voix : « Le grand Pan est mort. »

Mais, mulliplement, sur toutes les terres, la Pensée s'était faite chair. 11 y avait dans des berceaux de petits enfants étranges. Quand leurs mères suivaient la direction de leurs regards' elles croyaient voir s'allumer au ciel des étoiles nouvelles. Et leurs vagissements semblaient se heurter aux échos pour chanter : « Paix aux hommes de bonne volonté. »

Chacun sur sa terre, ceux-là qui étaient les derniers efforts et comme les derniers membres dispersés de Dieu, traversaient la vie en faisant le bien. Un petit nombre de pauvres et de faibles 1rs suivait et les aimait. Mais, un jour, sans rien comprendre à leurs paroles, le peuple les acclamait. Les puissants se saisissaient deux et les mettaient à mort.

Alors, lourd de pitié, chacun de ces êtres divins descendit vers la terre immédiatement inférieure à la sienne, celle que ses compatriotes, la devinant vaguement, nommaient Tartare et peuplaient de tortures folles. 11 essaya de faire entendre aux habitants de ce monde un peu plus douloureux des paroles d'espérance,

de leur dire que ce qu'ils appelaient en doulant les Champs-Elysées était une terre aussi réelle que la leur et que leurs efforts vers la pensée et vers le bien les y emporteraient un jour comme des ailes.

Puis chacun de ces derniers envoyés monta sur la terre immédiatement supérieure à celle qui l'avait vu souffrir et mourir. Il parvint à cet univers que ses compatriotes devinaient vaguement et peuplaient de folles merveilles. Il recommença, dans ce pays un peu* moins âpre, son œuvre* de souffrance extérieure et de joie de monter. Et celui qui appartenait au monde le plus parfait revint au centre pour recommencer Dieu.

Soulevée d'espérance et de douleur, la théorie des mondes monta lentement vers le Dieu à refaire tout entier. Partout l'Idée d'Amour qui s'efforçait était combattue, était tuée en apparence par les Forces de Haine. Ou parfois des puissants habiles s'emparaient d'elle et s'en couronnaient comme d'un mensonge de lumière. Mais l'Idée saignante et que bien peu apercevaient continuait son effort lent et invincible. Elle emportait dans son sillage les forces hostiles qui la déchiraient. Et le tout, chaque myriade d'années, montait de la largeur d'un doigt d'en fan t.

Quand les temps furent accomplis, quand Dieu fut reconstitué tout entier par la mort volontaire des univers, il songea, en une première joie avare :

« Chaque cycle ressemble aux cycles précé-

LA DERNIERE PARABOLE 2'l3

dents. L'anneau de l'éternité est toujours le môme. A quoi bon recommencer les bonheurs prévus et les douleurs connues de ma dilatation auxquelles répondraient, dans des siècles de siècles, les souffrances et les joies mille et mille fois goûtées de la concentration des mondes? »

Mais Dieu s'aperçut que cette pensée égoïste s'était transformer en des êtres mauvais.

Il sut sa puissance inexorable, et que chacun de ses rêves doit projeter des rampements ou des vols. Il s'écria : « Je suis trop grand pour ne pas créer! » — Et des êtres admirablement résignés, des Socrates acceptant la mort, des Diogèncs acceptant le monde, rayonnèrent.

La pensée de Dieu continua : « Je t'aime et je te veux librement, ô ma Nécessité! Car peutêtre ce double mouvement, toujours le même en apparence, est un peu plus beau à chaque Grande Année : peut-être chaque fois devient plus conscient et volontaire le sacrifice de Dieu mourant pour la vie des mondes, le sacrifice des mondes mourant pour la vie de Dieu. »

Et Dieu continua de séteindre en univers lumineux et en âmes rayonnantes.

TADLE DES MATIERES

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