CRE
garde ses caractères :
les points purpuriques et hémorragiques sont inégaux et irrégulière-
Tic. &. ment distribués comme
Lichénification sur parakératose avant les papilles elles-mêmes le grattage (Lutembacher) X Y. Hauteur ont elles traduisent la de la lichénification ; le grattage se trouve
ramené au Cas d’une parakératosenormale. forme.
La lichénification est d'observation courante dansles parakératoses psoriasiformes : elle peut être extrêmement marquée ou au contraire à peine ébauchée. Chez les sujets prédisposés, elle peut ne pas être uniquement localisée au niveau des lésions; elle peut s'étendre au niveau des parties environnantes primitivement saines (obs. VII).
PARAKÉRATOSES À PLAQUES MULTIPLES 65
? 2. — Parakératcses à plaques multiples occupant les régions pileuses.
Les parakératoses psoriasiformes des régions pileuses sont d’une grande fréquence, particulièrement au cuir chevelu. |
L’attention n’est attirée tout d'abord que par des sensa-
“tions vagues et intermittentes de prurit, lesquelles peuvent manquer, mais qui prennent par contre, dans certains cas, une intensité considérable. On ne voit, à un examen superficiel, que des squames grisâtres ou un peu jaunâtres, petites, en couches assez minces, plus rarement stratifiées, en tout cas toujours moins stratifiées que dans le psoriasis; elles sont disposées par plaques assez nettement délimitées : en les grattant, on s'aperçoit que le cuir chevelu sous-jacent est grisâtre ou gris-rougeâtre ; à mesure que le processus prend de l'intensité, la rougeur du derme s’accentue, elle est tout à fait évidente vers les bordures du cuir chevelu, en particulier au front où l'affection tend toujours à dépasser de quelques millimètres, parfois même d’un centimètre, les limites d'implantation des cheveux, en formant un ruban sinueux à convexité dirigée vers le front, plus ou moins étendu, occupant dans quelques cas rares toutle pourtour du cuir chevelu. Nous devons immédiatement distinguer ces lésions de faits qui, par leur localisation, pourraient prêter à confusion : nous ne voulons nullement parler de cette affection, que l’on a décrite sousle nom de corona seborrhoïca et que M. Sabouraud désigne sous le nom de pityriasis stéatoïde à festons, affection qui, par ses caractères objectifs,ses circinations et l’aspect graisseux des squames, est l'égale de la dermatose figurée médio-thoracique, que nous avons classée nettement à part et que nous avons considérée comme une entité morbide vraie.
Les parakératoses sèches sont au contraire caractérisées
E FERNET 2
} \ 66 ÉTUDE CLINIQUE DES PARAKÉRATOSES PSORIASIFORMES
par des squames épaisses, le plus souvent extrêmement adhé-
rentes et qui ressemblent beaucoup à des squames de psor-
iasis; les lésions ne sont pas franchement circinées et Ia
rougeur sous-jacente du cuir chevelu est beaucoup moins.
intense que dans les formes précédentes. Nous ajouterons que les placards sontnettement localisés ; le plus souvent, ils
occupent à la fois le cuir chevelu etiles régions glabres envi-
ronnantes. La même tendance à déborder hors des limites du + cuir chevelu existe aussi en arrière des oreilles, où il n’est
pas rare de trouver une fine bordure d’un rouge jaunâtre
squameux d’où l'affection envahit fréquemment le sillon
rétro-auriculaire.
Un caractère qui distingue encore ces faits, c’est que les parakératoses psoriasiformes du cuir chevelu sont extrêmement prurigineuses. Chez les névropathes et les intoxiqués, il n’est pas rare d'observer, en certains ‘points assez limités et qui sont surtout situés en arrière des oreilles, vers la nuque, des sortes de foyers de démangeaisons répondant à ces parakératoses. Les malades s’y grattent incessamment, lichénifient le cuir chevelu et transforment la maladie première en une plaque épaisse, infiltrée, couverte de squames fort adhérentes, parfois excoriée par places et extraodinairement rebelle. Nous étudierons plus loin cette forme avec plus de détails. |
Les cheveux de ces zones squameuses perdent de leur vitalité et, tant par traumatisme répété que par mauvaise nutrition, deviennent cassants et l’on peut observer quelquefois des alopécies incomplètes en bande ou en plaques secondaires à ces lésions cutanées (obs. XI), quoique, en général, ces lésions ne soient alopéciantes.
Ces formes sèches sont de beaucoup les plus communes au cuir chevelu, mais on y observe aussi des formes eczématisées.
Les lésions de la barbe sont rares ; elles y sont en tout cas beaucoup moins accentuées qu’au cuir chevelu.
PARAKÉRATOSES À PLAQUES MULTIPLES 67
Toutes les fois que le cuir chevelu est atteint, nous pouvons poser comme règle que les sillons rétro-auriculaires sont envahis. Même si les lésions des régions pileuses res- tentabsolument sèches, les parakératoses qui occupent les oreilles et particulièrement celles du sillon rétro-auriculaire ont une tendance des plus marquées à se vésiculiser.