‹ Les Paralyses Diphtériques: Étude Critique d'après 114 ObservationsChapitre 33 sur 90 · PARALYSIES OCULAIRES · texte numérisé non relu

PARALYSIES OCULAIRES

Les plus souvent rencontrées sont les paralysies ocu-

laires (21 cas sur 114). Contrairement à l'opinion de

certains. leur existence n’est pas spécialement en relation

avec une rhinite diphtérique du moins décelable clinique-

ment ; telles éclosent quelquefois en même temps que les

trois principales atteintes, mais beaucoup plus souvent après. Leur durée est courte : 2 à .15 jours.

IE est intéressant de remarquer à leur propos qu'elles sont rarement bilatérales, contrairement aux autres para-

lysies taraives. qu’elles sont même souvent mal détermi-

nées aans leur symptomatologie : on observe un strabisme léger convergent, associé à de la mydriase du même côté parie xemple, ou un ptosis léger et une difficulté de tourner l'œil en dedans. D’autre part, le strabisme peut varier d’un jour à l'autre, et surtout la diplopie accusée par le malade est variable dans son intensité et dans la situation relative des deux images perçues. Souvent donc ce sont des paralysies incomplètes «et atypiques. On dit cependant par habitude de classer les paralysies par troncs nerveux,

que ce sont des paralysies du moteur oculaire externe lu

du moteur oculaire commun. En réalité, toutes les fibres

- dun nerf ne sont pas paralysées, et peut-être même est-ce la paralysie des fibres de plusieurs troncs nerveux à la

fois qui provoque les symptômes atypiques nbservés.

-20) PARALYSIES FACTALES..

Leur anparition très ‘tardive set leur durée très court (une demi-journée. deux jours, une semaine tout au plus)

ont fait quelquefois nier leur mature diphtérique. Cenien-

«ant leur fréquence assez grande (9 cas toujours tunilatéraux sur 114 paralysies, soit 1/12) souligne bien que ce sont des paralvsies propremint diphtériques.

Du point de vue clinique, c’est plus une paralysie de la face qu'une paralysie du nerf facial, avec conservation partielle de telle où telle mimique ; beaucoup ne sont carac- Hérisées que par Pimpossibilité de souffler où de siffler.

30) AUTRES ATTEINTES CRANIENNES

Presque tous les nerfs crâniens peuvent être intéressés ; nous relevons dans-les observations de la clinique Pasteur :

a) une anesthésie dans le domaine cutané et muqueux du ‘rijumeau. avec troubles sympathiques faciaux el corméens et agueusie partielle, qui là persisté des semaines chez lie malade n°114. On à signalé des ankesthésies douloureuses du trijumeau (CHAUFFART, P. MARIE et MATHIEU

ST BE et des paralystes miasficatrices (MoURIQUAND) ;

b) des éléments de panalysie auditive. cochléaire ou ou, vesticoulaire (obs. 16, 25, 46, 83) qui semblent être

relativement fréquentes à en juger par les cas publiés

(KouriLsky, Bartk, Duvoir. PoLLET, KREISS, GREENNE, MarcHAL, SOULIÉ et GRUPPER. VIELA) ;

c) tune paralysie de l'hypoglosse (obs. 102) qui sont parmi les plus rares signalées (MINET, WARENBOURG et LINQUETTE) ; <

d) plus fréquentes sont les paralysies de la branche externe du spinal qui se traduisent par l’impotence du Sternocléidomastoïidien et des trapèzes ; elles Sont en effet souvent associées aux paralysies de la nuque et participent par leurs caractères cliniques et évolutifs beaucoup plus aux paralysies rachidiennes qu'aux paralysies crânienne, l’origine médullaire de leurs fibres d’ailleurs justifie cet aspect.

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text Nil. Paralysies végétatives

$ Elles groupent deux sortes de manifestation très diflérentes : | à

1) celles qui relèvent de perturbations dans le domaine fonctionnel ou du pneumogastrique — nous avons qualifié

les formes les plus graves de paralysies malignes pour

les aïstinguer- des syndromes malins proprement dits ; 2) celles qui proviennent de troubles neurovégétatiis divers. a+ eHbeters

| En raison de l'importance des atteintes de la Xme paire, nous commiencerons à décrire les autres manifestations

-végétatives.

Troubles neuro-végétatifs divers

. Quoique assez rares, ils sont très variés et lorsqu'un malade commence à en présenter, on peut prévoir qu’ils seront multiples et tenaces (iobs.. 114, obs. 46). Les plus

fréquents sont :

une hypersudation généralisée,

la chute des cheveux,

des causalgies, ;

des troubles trophiques des extrémités, très tardifs, accompagnés de sensations subjectives rappelant les syndromes acrodyniques, É

des troubles vésicaux : rétention transitoire (obs. 46).

LEENHARDT, BOUCOMONT et SaARRAN ont publié en 1936 une polyradiculonévrite post-diphtérique avec dis sociation albumino-cytologique ayant évolué en 7 mois, qui sans les paralvsies diphtériques habituelles (voile du palaïs let accomodation): a présenté 60 jours après lune angine, au moment d’une épidémie de diphtérie, une quadriplégie suivie de phénomènes végétatifs : sueurs profu- : ses, peau succulente, hypertrichose tout-à-fait comparables aux précédents. x |

Des bacilles de Læffler étaient encore présents dans l'exsudat pharyngé après le 65me jour. Or, la malade de lobs. 46 à été-porteuse de germes jusqu'après le 70me jour. let celle de l’obs. 114 jusqu’au 109%e jour.

Y aurzit-\ un rapport entre la persistance si tardive des bacilles diphtériques dans leur gîte el ces symptômes nenro

végéfatifs ? Unie imprégnation lente, continue et prolongée

. par lune minime quantité de, toxine élaborée par des

bacilles de Lœffler peu pathogènes peut-elle. être supposée ?. c |

Atteintes du pneumogastrique

Avant de décrire les atteintes du vague dont les prin+ cipales sont constituées par les paralysies malignes, il. est nécessaire que leur existence soit prouvée, et surtout que nous apportions les arguments qui ont permis de leur assigner la place jusqu'ici occupée par le syndrome malin taraif. “ |

A) SYNDROME MALIN TARDIF et PARALYSIES du PNEUMOGASTRIQUE. us Nous cappellerons que ManrAn et VERDOUX: suivis

par la plupart des cliniciens, ont rassemblé sous la déno-

minaton de syndromes malins un groupe de symptômes

très particuliers qui ne sont pas spécifiques de la diphtérie, mais peuvent au confraîre se retrouver au cours de presque toutes les maladies infectieuses. Leur unité en à été réalisée sur le plan physio-pathogénique par les travaux de MarqQuezy et” LADET. de REILEY et ses ‘élèes, qui les attribuent à l’affeinte diffuse d'i syslème sympathique, prédominante tantôt au niveau de ses centres diencéphaliques, tantôt sur ses terminaisons.

Il est bien entendu que. dans le cas de la diphitérie, les paralysies précoces et tardives, quoique d’origine toxique, ne font pas: partie intégrante du syndrome malin, malgré leur presque consfante association ; ces paralysies, à l'inverse du syndrome malin. représentent en effet une caractéristique de laffeinte diphtérique du système nerveuæ.

IL n'en reste pas moïns que certaines paralysies ont pu être considérées comme lun aspect du syndrome malin et c'est en corrélation avec celui du syndrome malin tardif décrit par GRENET let MÉzarD que se pose le problème des paralysies du pneumogastrique. +

La plupart des anciens auteurs avaient attribué à lune rtteïnte des nerfs on des centres bulbaires les manitestations du syndrome malin, el tous les signes graves à dis: tance de la diphtérie (paralysie bulbarie de DucHENNE: crise bulbaire de GUTHRIE, paralysie du! vague de Govuar et Luss, forme cardio-pulmonaire de CADET DE GASSICURT, forme cardiaque de GirA\rD, syndrome cardib-gastrique de SEVESTRE).

Plus tard, le groupement de tous ces symptômes au cours des cinq premiers septénaires fut effectué en syndrnme malin précoce de Verpoux et en sxdrome malin secondaire de MARFaAx, GRENET et Mézarp voulurent expli- Quier de la même façon les décès et les phénomènes graves de la période tout-à-fait tardive, celle dite du 50e jour. et,

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