‹ Les Paralyses Diphtériques: Étude Critique d'après 114 ObservationsChapitre 44 sur 90 · C. — MANIFESTATIONS PSYCHIQUES · texte numérisé non relu

C. — MANIFESTATIONS PSYCHIQUES

Des psychoses proprement dites, nous ne retiendrons qu'aucune n'a été observée au cours de 114 paralysies et plus de 900 diphtéries traitéefs àla Clinique Pasteur depuis 14 ans. En revanche, le professeur JANBON et le docteun CHAPTAL ont publié récemment trois cas d'association de polynévrite diphtérique' et de manijestations pithiatiques du plus haut intérêt (deux de ces observations où 5e sont produit des accidents d'atteinte vagale sont présentées en détail parmi celles des paralysies du pneumogastrique :. obs. 46 et 90).: | : |

Dans la première, vers le soixante-dixième jour. d’une paralysie mixte extensive, s’installe rapidement une anesthésie à tous les modes de presque toute la surface du corps, de topographie symétrique mais atypique ; le territoire anesthésié se réduit rapidement aux extrémités au-delà d’une limite circulaire nette (anesthésie en bas et en-gant typiquement hystérique).

Le malade de l'observation 90 aussi tardivement présente une anesthésie à la douleur, généralisée à toute la surface cutanée et aux muqueuses de la bouche, du nez, et de la cornée : plus tard la sensibilité profonde sera également -abolie en certains territoires. | Das ER “ Plus complexe est l'intrication des manifestations brganiques et pithiatiques dans l’observation 83: à côté d'une paralysie. vélo-palatine du 9% jour, apparaît le 23, üuné hémiplésie alterne (altteinte droite pour tes territoires crân'ens': V, VII, VIII, IX. XI et XIJ, parésie gauche pour les membres) mon accompagnée d'abolition des réflexes, avec troubles de la vaso-mhtricité et anesthésie aux rmembres gauches. Ces troubles s’éclient rendant une journée. puis reprennent avec moins d'intensité dans le domaine Sensitif, enfin régresdent d’une manière irrégulière. Au 59 jour, anesthésie en doigt de gant, et paresthésies des extrémités, faiblesse des membres inférieurs, diminution

= Ù— A puis abolition des réflexes (80° au 109% jour). LÆ caractère disproportionnel des manifestations paralytiques @t

anesthésiques d’une part, paralytiques et réflexes d'autre

part. leur évolution capricieuse et enfin le comportement psychique particulier de la malade (tantôt réticente tantôt complaisante aux examens) font considérer qu'une part importante revient aux manifestations non organiques. :

Dans le même ordre d'idées, Mse Roupinesco a signalé dans une observation de polynévrite diphtérique publiée par CRITCHEEY, des manifestations choréiques atypiques qui paraissent être hystériques, et une aphonie pithiatique réauite par suggestion après paralysie laryngée phonatoire au cours d'une polynévrite avec dissociation albuminocytologique (CHAUFFART et Mile LEcoMTE). Les trois cas que nous décrivons Sont en tous cas incontestlables. Comme aucune tendance hystérogène antérieure n'avait été mise en évidence, il faut attribuer les accidents pithiatiques

à l'atteinte diphtérique des centres nerveux. Faut-il ad-

mettre lhypothèse de Rapovicr et MaRINEScO et y voir laltération par la toxine d’un cenfre hystérogène propre. ou plutôt la rupture des connexions cortico-sous-corticales comme le pense le professeur, RimBauD ? Cette dernière conception, qui tient compte du caractère essentiel des manifestations pithiatiques à savoir leur curabilité par: la persuasion,..est plus séduisaihnite : les centres automaques sous-corticaux sont libérés du contrôle cortical qui leur sert normalement de frein, et les troubles hystériques Ba produisent. La labilité des connexions côrtico-sous-corticales qui en favorise la rupture peut être d’origine constitutionnelle: c’est le cas des sujets où les manifestations pithietiques : sont déclenchées par les mouvements émibtionnels, el aussi comme le soulignent les auteurs. d’origine

acquise à la suite d’une atteinte organique du système |

nerveux d’étiologies . diverses, « éfaf hysférs-organique ». parmi lesquels l’'ntoxication diphtérique. Ces troubles.peuvent donc à la rigueur entrer dans le cadre des paralysies diphtériques. et d'autant plus qu'ils leur sont associés.

CONCLUSION

Les manifestations d'exception provoquées par latteinte diphtérique du système nerveux, démontrent le potentiel clinique étertdu de la toxine secrétée par le bacille de Lœæffler..Or ces dernières années, il semble ‘que les déter-

minations atypiques soient plus fréquentes. Doit-on penser

que l’on assiste au début d'une modification dans les affinités de la toxine, ou tout simplement que des fraïements nouveaux ou mieux appliqués, en permettant l’évolution de diphtéries qui autrefois n’aurajent pas dépassé les premières semaines. révèlent un plus grand nombre de localisations spéciales ?. |

Lars pt. |

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