SEPTIÈME PARTIE
Notre but n’est pas d'envisager la question du traitement
des paralysies diphtériques d'une manière complète et détaillée, mais d'en dégager certaines idées générales et une conduite pratique. c
… De très mombreuses méthodes jont été proposées pour lutter contre les paralysies diphtériques ; presque toutes comptent des succès et des insuccès. mais il est trè sdiffi- Vcile de juger leur efficacité, car étant donné le caractère imprévisible de lévolution des paralysies tardives, rien
-..ne permet d'affirmer: qu'une. amélioration coincidant avec
l'instauration d’un traitement mbouveau me se serait pas . produite spontanément. 4 | - Nous pasSerons en revue d'abord les traitements spécifiques, ensuite les traitements symptomatiques.
Traitements spécifiques I, — LES TRAITEMENTS SPECIFIQUES SIMPLES
A) LA SÉROTHÉRAPIE. — Son emploi au cours des paralysies diphtériques est extrêmiement discuté certains auteurs en ont été des partisans acharnés (ComBy, LEREBOULLET ; Moxxier-Vinarp; Durour) d’autres y sont résolument hostiles (TIxEz, Eck): Or nous avons fait ressortir comme ce dernier : Rs
1°) L'inefficacité même préventive dir sérum appliqué tardivement en raison de la fixation précoce et solide de la toxine sur le système nerveux où elle est inaccessible ;
- 2o)- La présence ‘dans le sang, an moment d2 lapparition des paralysies dun taux résiduel important d'antitoxines. he Aves | EST ES
ja —
Ces deux constatations suffisent pour que l’on puisse conclure à l’inutilité des injections de sérum au cours des paralysies diphtériques, du moins envisagées comme un traitement antitoxique spécifique.
. Mais en plus au cours des paralysies tardives elles peu- .
vent être dangereuses ainsi que nous l’avons. démontré sur-
tout dans les casoù la sérothérapie avait déjà été appliquée
initialement.
La marche à suivre logique est donc la suivante :
1°)) Dans les paralysies consécutives à des diphtéries
traitées initialement par des’ doses suffisantes de sérum : pas de sérothérapie.
20) Dans les paralysies consécutives à des diphtéries traitées initialement par des doses insuffisantes de sérum, on peut être amené dans certains cas, à refaire des injections de sérum en se mettant à l'abri le plus possible des
accidents sériques par les traitements préventifs anti-ana-
phylactiques.
a) À la phase des paralysies précoces : on pieuf compléter la sérothérapie, on le doit même, en cas de persistance des phénomènes infectieux (sauf s’il existe un syndrome malin, cär on risque fort de l’aggraver par choc anaphylactique). ES
b) à la phase des paralysies tardives, on ne doit pas appliquer de traitement sérique. à
3°) Dans les paralysies consécutives à des diphtéries non traitées initialement : : Sen
a) à la phase des paralysies précoces :
on peut appliquer la sérothérapie, on doit même l appliquer en cas de signes infectieux persistants (même sil existe des signes toxiques généraux, car le choc sérique est moins important, aucune application antérieure n'ayant été faite). Rte
b) A la phase des paralysies tardives
c'est le cas le plus discuté : il semble que lon puisse se rallier à la conduite à tenir suivante :
on pratique tune réaction de Schick. Si elle est négative (taux dantitoxine suffisant) pas de sérothérapie. Si elle est positive (taux dantitoxine insuffisant) la sérothérapie pourrait à la rigueur s’admettre malgré ses dangers et mal-
gré son inutilité probable par ceux qui ne voudraient pas
priver leur malade du bénéfice de l’action plus qu'hypo-
thétique du sérum sur les paralysies. Mais même dans ce
cas, le professeur JANBON déconseille formellement la sérothérapie. \ ou
L'on peut ainsi résumer les indications de la sérothé-
- rapie dans les paralysies diphtériques :
Paralysies tardives : jamais, Paralysies précoces : quelquefois.
B) SÉROTHERAPIE AVEC SÉRUMS SPECIAUX. — Le sérum | -purifié de l'Institut Pasteur à 1000 par cm3 serait employé avec le moins de risques au cours des paralysies, en raison
de Sa moindre tendance anaphÿlactogène. .
Eck a préconisé l’utilisation du sérum untidiphtérique
-humdin @ont le support protidique de la toxine serait: plus
diffusible et aurait, d'après lui, plus de chances de l’attein. dre dans le système nerveux.
C) L'ANATOXINOTHERAPIE. — L'action préventive qu’elle exercerail vis-à-vis des paralysies, d’après RAMON, ne paraît pas plus exister que l’action curative (LEREBOUL. LET) malgré quelques succès (SAVE) dont nous reparlerons. Cependant elle pourrait présenter, elle aussi, certains dangers soit par le mécanisme de simples phénomènes ble choc, Soit peut- “être : ‘par la baisse transitoire de l'imnité.
+ D) LE Mie TOXINETANTITOXINE HYPERNEUTRALISÉ
(ComBx) expérimentée par UxrY n'a pas donné de bons résultats.
AN \ f IH — TRAITEMENTS SPECIFIQUES ASSOCIÉS AUX > : MÉTHODES DEMCSANRRRS
On appelle aïnsi des mét thodes qui visent à rompre la liaison de la toxine avec les composés protéidiques ou lipidiques du système nerveux ; la toxine déplacée — jou sensibilisée aux antitoxines — serait alors neutralisée par du sérum en excès dans le sang circulant.
On a donc essayé d'associer à la sérnothérapie A) L'administration danesthésiques :
Ether (MaArsHAL, HENNEBERT, nor Chloroforme (BILLARD), Som'nifène.
B) L'administration de produits divers :
| Alcool, - Bleu de méthylène (UHry), Salicylate de soude, Spartéine,
+ Toxine tétanique, Urotropine. LATE
aie # DER A eu -
C) Les méthodes de choc :
dmelcothérapie, Tétrophan, | | v Le peptones, | ; * autohémothérapie. ÉTÉ RRE
Des résultats probants semblent avoir été obtenus par ces |
derniêres méthode. 77 est probable que certains cas d'amé- 2: - lioration par l'anatoxinothérapie et bar la sérothérapie ‘2 seuls puissent s'expliquer de la mémeïfaçon. :
En tous cas ce sont des armes dangereuses parce qu’elles,
peuvent agir dans les deux sens et les perturbations dues à au choc, comme nous l'avons vu, aggraver les paralysies. ©
D) Les méthodes wnti-choc.
Nous classons ici la méthode de Tinez, basée sur la concePtion de cet auteur que les paralySies se déclenchent sous l’action de chocs owecasionnels plus ou moins lapparents qu'il convient de prévenir : le chlorure de calcium intraveineux et d’autres désensibilisants ont été préco- nisés. | LE re
Traitements symptomatiques