OBSERVATION I
Due à l’obligeance de M. le professeur agrégé TAVERNIER.)
Abcès appendiculaire subaigu. Paralysie postopératoire du grand dentelé consécutive à la pression sur l’épaulière en position de Trendelenburg. Guérison en dix mois de la paralysie.
J.., 24 ans, est envoyé à l’hôpital le 5 août 1920 avec un diagnostic hésitant entre péritonite bacillaire et masse kystique, soit par persistance de l’ouraque, soit d’un diverticule de Meckel.
Rien à signaler dans les antécédents. Jamais de pleurésies, jamais de bronchites. Le malade souffre de l'intestin depuis 1917. Il avait de temps en temps quelques coliques, jamais de diarrhée, mais une constipation très marquée depuis ce moment. Il y a trois mois, il a eu une crise de douleurs abdominales aiguës s’accompagnant de vomissements et de constipation. Ces douleurs étaient surtout accentuées dans la fosse iliaque gauche. Il reste au lit du 12 au 30 mai 1920. L'état s’améliore ensuite. Il reprend son travail le 12 juin.
Fin juin reparaît une crise douloureuse avec des douleurs dans la fosse iliaque droite. On lui met de la glace sur le ventre.
Tout passe. Le malade continue à souffrir plus ou moins suivant les jours.
Le 2 août, il s'aperçoit qu'il a dans l'abdomen une masse dure. Il va consulter et est envoyé à l’hôpital. Depuis quelques jours, le malade a de la température le soir entre 38 et 30,
A l'entrée, malade un peu pâle. Etat général moyen. On cons-
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tate la présence dans la région sous-ombilicale, sur la ligne médiane, d'une masse dure, douloureuse, qu'on peut mobiliser transversalement, qui semble grosse comme une orange. Elle est sonore à la percussion. Elle n’est pas accessible au toucher rectal et peu mobilisable, sans être cependant fixée au plan postérieur. Température entre 38 et 39°, avec tendance à s'élever. On pense à une tuberculose entéro-péritonéale, ou plutôt à une appendicite médiane. En raison de cette hypothèse plaident l’état général et l'absence de gène de la circulation intestinale et la dilatation d'anses sous-jacentes.
Le 7 août 1920, on pratique une laparotomie médiane, qui montre- derrière une paroi infiltrée un abcès à pus fétide, derrière lequel on libère très péniblement un magmas d'anses grêles et d'épiploon très adhérents, et enfin le cæcum et l’appendice qui ne présente pas de perforation, mais une lésion muqueuse de sa partie moyenne qui paraît bien être le point de départ de cet accident, car on ne trouve nulle part ailleurs d’autres lésions. Comme plusieurs segments d’anses ont leur musculeuse déchirée ou sont revêtus de magmas fibrineux épais, on termine en ne fermant que partiellement sur deux drains inférieurs et deux mèches latérales superficielles.
L'opération a été pénible et longue et a été faite en position de Trendelenburg. ;
Les suites opératoires furent simples, sauf une infection assez étendue de la paroi.
Lorsqu'au bout d’une vingtaine de jours, on autorise le malade à se lever, il s'aperçoit pour la première fois d'une gêne importante des mouvements du bras droit qu'il ne peut élever au-dessus de sa tête. L'examen montre dans les efforts d’abduction ou de projection du bras en avant une saillie très importante du bord spinal de l’omoplate qui se détache du plan thoracique d'un travers de main au moins.
Au repos, dans l'attitude normale, l’aspect est presque normal. Il n’y a qu'une saillie très légère du bord spinal de l’omoplate. Quand le malade veut projeter le bras en avant, il arrive à peine à l'horizontale. C’est à ce moment que la projection en arrière du bord spinal de l’omoplate est maxima. L’abduction est également limitée avant que le bras soit horizontal et la déformation du dos est un peu moins accentuée dans cette position que
Malade de l’Observation I.
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Huit mois après le début de la