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dans la précédente. Bien que le malade ne puisse élever de luimême le bras au-dessus de la tête, il peut le maintenir dans la position verticale, si on l’aide à passer le point mort autour de la position horizontale.
Les mouvements de la respiration s'effectuent sans gêne et sans déformation appréciable de l’hémithorax droit. La partie supérieure du trapèze, tous les muscles du moignon de l'épaule se contractent volontairement sans aucune gêne. Mais il semble que les fibres inférieures du trapèze et peut-être celles du rhomboide soient paralysées, car dans aucun mouvement on ne peut sentir entre la colonne et le bord spinal de l’omoplate un plan musculaire aussi résistant que du côté opposé.
Lorsqu'on dit au malade de hausser les épaules, le creux susclaviculaire du côté opposé est beaucoup plus effacé que celui du côté paralysé. Cet effacement provient manifestement de la projection en arrière du moignon de l'épaule, plus importante du côté sain que du côté paralysé.
19 septembre 1920 : Le malade sort. La plaie n'est pas entièrement cicatrisée.
20 octobre 1920 : Il reste encore une surface à épidermiser grande comme une pièce de deux sous. Pas d’éventration. Le malade ne souffre plus de l'abdomen, digère très bien, alors que depuis plusieurs mois avant l'opération, il souffrait constamment. La paralysie du grand dentelé reste complète.
20 janvier 1921 : Nous apprenons par le docteur Gauthier que le malade a repris 12 kilos.
| Excellent état.
Actuellement, la déformation de l'épaule a presque entièrement disparue et le malade élève facilement son bras au-dessus de la position horizontale.
OBSERVATION II | Nouvelle iconographie de la Salpêlrière. — 1898.
(Observation de SOUQUES ET DUvAL.)
Alphonse B.…, chaudronnier, âgé de 45 ans, entre le 22 août 1898 à l'hôpital Cochin. Il n'y a rien d’intéressant à signaler
dans ses antécédents héréditaires, rien dans ses antécédents personnels. Pas de maladie vénérienne, pas d'éthylisme.
Il a appris son métier à l’âge de 13 ans et a toujours travaillé dans la grosse chaudronnerie, Il maniait un marteau boule pesant 5 à 6 kilos durant toute la journée; il exerçait par conséquent un métier pénible, nécessitant une grande force musculaire, aussi ce malade est-il vigoureusement musclé.
Le 3 août 1808, il soulevait avec six camarades des fonds de chaudières qui pèsent 500 à 600 kilos chacun. Pour soulever ces fonds, les ouvriers se placent d'un seul côté, sur une même ligne, puis, dans un premier temps, élèvent la pièce jusqu'à mi-cuisse à peu près, enfin dans un second temps ils sont obligés de déplacer les mains, de les retourner pour mettre le fond de la chaudière complètement debout, c’est-à-dire pour pousser dans ce second temps l’objet de bas en haut et d’arrière en avant, jusqu'à ce qu’il soit droit et puisse rouler, Les deux actes de l'opération exigent un développement de force musculaire considérable; le second. temps en particulier nécessite une contraction synergique forte et prolongée des muscles grand dentelé, trapèze et grand pectoral; nous reviendrons d’ailleurs sur ce point. *
C’est pendant ce second temps, c'est-à-dire au moment où notre homme avait changé ses mains d’attitude et poussait devant lui un objet lourd et résistant; c’est à ce moment précis, disonsnous, qu'il a éprouvé une douleur assez vive qu’il localise exactement dans les régions suivantes : espace interpectoro-deltoidien et fosse sous-épineuse du côté droit. Cette douleur n'irradiait point dans le bras correspondant. En même temps, notre homme s’est aperçu qu'il ne pouvait élever son bras droit au delà de la ligne horizontale. Il a pourtant continué son travail pendant deux jours et pu manier tant bien que mal son lourd marteau boule en l’élevant avec l’avant-bras. La gêne était cependant très appréciable, si bien qu'il a dû cesser tout travail le 5 août. Un médecin consulté s’est borné à lui appliquer un appareil de contention et quelques jours après lui a conseillé du massage et un traitement électrique. Bientôt, le malade n’éprouvant aucune amélioration, entre à l’hôpital Cochin.
Etat actuel (fin août 1808). — Il s’agit d’un homme de 45 ans très bien portant, très vigoureux et extraordinairement musclé. Tout se borne chez lui à une paralysie du muscle grand dentelé
et des deux-tiers inférieurs du trapèze du côté droit. Voici - d’abord les détails des déformations de la région scapulo-humérale.
À. Station assise. — 1° Le corps étant droit, les bras en avant, les mains sur les genoux. Il y a une déformation appréciable de la région scapulo-humérale droite, caractérisée dans son ensemble par un léger abaissement du moignon de l'épaule, par une élévation in toto du scapulum, telle que l’angle supéro-interne se trouve à 1 centimètre 1/2 environ au-dessus de son homologue du côté gauche. L’angle. inférieur présente la même élévation relative. Le bord spinal de l’omoplate est plus éloigné du rachis que du côté sain, Ainsi au niveau de l’épine scapulaire, il est distant de la ligne médiane de 9 centimètres, tandis qu’au même niveau du côté gauche, cette même distance n’est que de 6 centimètres. En outre ce même bord spinal de l'omoplate droite est parallèle à la ligne rachidienne, tandis que le gauche est nettement oblique en bas et en dehors. Nous ajouterons que le bord. spinal droit est légèrement écarté de la paroi thoracique; l’épine de l’omoplate fait un relief très appréciable et les fosses sus et sous-épineuses présentent un méplat très visible. Nous verrons plus loin les raisons de ces diverses déformations.
2° Le tronc est incliné en avant, les mains sur les genoux. La déformation est à peu près identique, mais moins accusée.
B. Station debout. — 1° Les bras tombant naturellement le long du corps. :
Déformation très nette de la région scapulo-humérale qui rappelle celle de la station assise, le tronc droit, et qui en diffère cependant par quelques points. Il y a toujours un abaissement du moignon de l'épaule, fmais plus accentué. L'élévation en masse du scapulum est par contre moins accusée. Le bord spinal de l’omoplate est toujours plus éloigné de la ligne médiane que du côté sain (7. cm. 5 à droite, 5 cm. 5 à gauche). Par contre, le bord ’spinal n’est plus parallèle à la ligne rachidienne; il est oblique en bas et en dedans, tandis qu'à gauche le bord de l'omoplate est parallèle au rachis. L'écartement du bord spinal par rapport à la paroi persiste, mais l’angle inférieur est beaucoup plus détaché du thorax que dans la position assise. Le relief de l’épine scapulaire est tout aussi accusé ainsi que les méplats
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sus et sous-épineux. On voit en outre le relief appréciable du bord inférieur du rhomboïde.
2° Les bras élevés directement en avant jusqu'à la ligne horisontale. — La déformation a changé complètement de caractère. Elle est extrême et se voit nettement sur les photographies; ce qui frappe, c'est le « scapulum alatum ». Le scapulum paraît élevé en masse, mais nous tenons à dire une fois pour toutes, que cette élévation est déterminée par le mouvement de bascule de l’omoplate, mouvement qui élève les angles supéro-interne et inférieur et le bord spinal, tandis que l'angle acromial reste fixé au niveau normal et sert de pivot. L’angle supéro-interne est si élevé que sa saillie est visible par devant, derrière la corde formée par la portion claviculaire du trapèze, autrement dit derrière la ligne du cou à l'épaule. L'élévation de l’angle supérointerne est de 3 centimètres au-dessus de son homonyme du côté sain. Il est évident que cette élévation se retrouve au niveau de l’angle inférieur; en outre l'obliquité du bord spinal est bien accentuée. L’angle inférieur est à 4 centimètres environ de la ligne médiane; l’angle supéro-interne à 10 centimètres.
Quant à la gouttière scapulo-thoracique, elle a une profondeur de 6 à 7 cm.; on y voit deux ou trois brides allant du rachis au bord spinal du scapulum, vestiges de quelques faisceaux musculaires trapéziens.
À noter également un relief très accentué de la portion claviculaire du trapèze. Entre le relief de cette portion claviculaire et l'angle supéro-interne, on voit un sillon profond, large d’un travers de doigt environ, parallèle au faisceau claviculaire et allant du rachis à l'acromion ; il est dü à l’atrophie des faisceaux acromiaux du trapèze. (Dans l’élévation du bras en dehors, cette gouttière disparait, comblée par le déplacement du scapulum en dedans et en arrière.) De plus, on voit, dessinés très vigoureusement et plus à droite qu'à gauche, non seulement les reliefs du deltoide, mais encore des sus et sous-épineux élévateurs du bras en ce cas.
3° Elévation en dehors du bras jusqu'à l’horisontale. — La déformation scapulo-humérale est encore considérable, mais moins marquée que dans l'élévation directement en avant. Le scapulum est toujours très élevé en totalité, l’obliquité du bord spinal est plus accentuée que dans l'attitude précédente; en effet, l'angle