‹ Les Paralyses du grand Dentelé et du Trapèze inférieur: Leur mécanismeChapitre 19 sur 19 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

I. — La paralysie pure du grand dentelé est rare. Elle est le plus souvent associée à celle des faisceaux moyens et inférieurs du trapèze. Elle détermine une impotence et des déformations qu’il est intéressant d'expliquer ; mais le principal intérêt de la question réside dans la pathogénie de l'affection qui survient le plus souvent après un effort ou un traumatisme.

IT. — Les symptômes sont constitués : a) Par l’impotence fonctionnelle ; b) Par des déformations de l'épaule qu'il convient d'étudier en faisant mettre les bras dans diverses positions ; c) Par des déformations du thorax accompagnées souvent de déformations du rachis ; d) Enfin par plusieurs signes surajoutés de description récente (signe du creux sus-claviculaire, signe du poids, différence de longueur apparente des bras, etc.).

III. — Dans l’étiologie, à part les blessures directes du nerf, on relève le froid humide, les infections, mais surtout l'effort brusque, la fatigue musculaire, ou un choc sur

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l'épaule. Ces dernières conditions expliquent la fréquence plus grande de l’affection du côté droit et chez l'homme.

IV. — Dans les cas consécutifs à l'infection et au froid (qui sont très rares), la paralysie est due à la névrite. Mais dans les cas survenant après un effort brusque ou un choc sur l'épaule et qui s’accompagnent presque toujours de paralysie du trapèze inférieur, la pathogénie est différente. On a fait intervenir le traumatisme des fibres nerveuses des nerfs du grand dentelé et du trapèze par la contraction brusque de ces muscles, l'intoxication aiguë des plaques terminales motrices par les toxines dues à une contraction exagérée, la névrite par voisinage causée par l’inflammation de la bourse séreuse sous-scapulaire, etc.

L’explication de M. le professeur agrégé Tavernier, basée sur des données anatomiques semble plus logique. Le nerf du grand dentelé et celui du trapèze inférieur ont de commun leur longueur et leur direction verticale. Lorsque le poids d’un fardeau ou un choc brusque tend à abaisser le moignon de l'épaule, ces deux nerfs sont tiraillés et élongés, alors que les autres nerfs de la région qui émanent du plexus brachial ont tous une direction oblique et échappent à l’élongation.

V. —- L'évolution et le pronostic sont liés à la réaction de “dégénérescence ; chez certains malades, la guérison se produit rapidement, alors que chez d’autres, elle traîne

de longues années.

VI. — Le traitement doit d'abord être médical (électricité, révulsifs). Ce n’est qu’au bout d’un certain temps,

s’il n’a rien donné, après avoir essayé les moyens orthopé-

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diques qu'on est autorisé à pratiquer l'opération sanglante de Pierre Duval (suture de l'angle inférieur de l’omoplate aux côtes sous-jacentes).

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