‹ Les Paralyses Récurrentielles DoublesChapitre 18 sur 47 · LS EE · texte numérisé non relu

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tionnellement de la syphilis, ont écrit Rebattu et Mounié- Khun, dans leur rapport Syphilis el larynx au Congrès d'O.- R.-L. de Paris d'octobre 1936. C’est, la plupart du temps, un anévrisme de l'aorte volumineux qui comprime à la fois les deux récurrents (Frankel, Cartaz, Griner, Mouisset, Deygas, Boinet). Parfois, il s'agit d'une double ectasie, siégeant l'une sur la crosse, l’autre sur le tronc brachio-céphalique. Comment se produit la lésion? Ce ne peut être qu'une simple

compression, mais souvent un lent travail d’érosion use les

récurrents comme les organes voisins, à moins qu'une inflammation de voisinage ne se propage aux nerfs moteurs laryngés. |

Quant à la compression ganglionnaire, sÿphilitique, son rôle semble avoir été surestimé, même dans les formes unilatérales; c'est en général longtemps après l'accident primitif que ces laryngoplagies par adénopathie se montrent. Notons cependant une observation relatée par Coupart et citée par Rebattu et Mounié-Khun dans leur rapport

Sujet âgé de 48 ans, enroué, À l'examen larvngologique, paralysie complète de la corde vocale gauche, légère parésie de la droite, aucune lésion de la muqueuse du larynx, rien aux poumons, au cœur, au niveau des gros vaisseaux, Pas de ganglions cervicaux, le malade nie avoir eu la syphilis. Au bout d'une semaine, il revient avec des syphilides cutanées, et il avoue qu'un bouton avait apparu sur sa verge six mois auparavant. Un traitement mercuriel el ioduré guérit en treize jours la laryngoplégie syphilitique

secondaire,

Coupart attribuait cette paralysie si rapidement guérie à une Compression ganglionnaire spécifique. En 1923, Bouchon a relaté un cas analogue à la Société de laryngologie.

Mais il est un autre mécanisme que l'on peut également faire intervenir dans le cas où la syphilis est en cause C'est la médiastinite, sous condition toutelois. qu'elle occupe toute Ta partie supérieure du médiastin.

. Dans ce cas, il peut s'agir soit de médiastinite pure, soit de médiastinite associée à un anévrisme; à l’autopsie, un tissu fibreux serre les récurrents, contracte des adhérences, avec différents organes médiastinaux et montre à la radiographie une zone opaque périaortique plus ou moins animée de battements suivant l'intensité du processus ou l'ancienneté de la lésion (c'est ainsi que l’on peut expliquer les cas très curieux de Bürger, où, chez un sujet à B.-W. positif, la paralysie d'une corde vocale était associée à celle du diaphragme).

Mais dans l'immense majorité des cas, les diplégies récurrentielles relèvent incontestablement d’autres causes, que nous étudierons dans l’ordre suivant : le traumatisme, la névrite et surtout la compression.

B. —— Le traumatisme.

On peut, matériellement, concevoir une double section récurrentielle traumatique, malgré la situation profonde des nerfs. En fait, nous avons vainement cherché, dans la littérature, un fait de ce genre avec contrôle autopsique, mais celle d’un jeune homme, rapportée en 1912 dans les Archives internationales de laryngologie, et où une blessure par arme à feu au niveau de la base du cou déclencha une paralysie récurrentielle double.

Aussi, quand on parle de traumatisme, a-f-on surtout en

nous citons, au chapitre « Observations »

vue des traumatismes chirurgicaux. Au temps de Deygas, les thyroïdectomies, les extirpations ganglionnaires, étaient peu courantes; depuis, grâce aux travaux américains et à ceux de l'Ecole lyonnaise, la chirurgie du goitre et celle du sympathique cervical ont fait de grands progrès, et ces nouvelles techniques n'ont pas été sans s'accompagner de quelques lésions opératoires vasculaires et nerveuses. Brouce en 1933, Hilz en 1934, ont fourni des observations de lésions bilatérales après thyroïdectomie. Le Professeur Lemaître, dans les Annales de laryngologie, est revenu sur cette ques-

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tion, et Collet et Piaget, dans leurs statistiques, ont trouvé les chiffres suivants

Paralysies récurrentielles bilatérales postopératoires après interventions sur goitres : 4 (24 cas de paralysie unilatérale).

Les æsophagotomies, tranchéotomies, extirpations ganglionnaires, n’ont pas été sanctionnées de façon si sévère.

Voyons quel peut en être le mécanisme. La paralysie peut apparaître à deux moments : au moment de l'intervention chirurgicale; après l'opération.

a) AU MOMENT DE L'ACTE CHIRURGICAL.

Par section, en cas de lobectomie (si on étend trop en

arrière la résection).

Ou par pincement : le Professeur Lemaître cite un cas re-

marquable par sa valeur expérimentale : c’est celui d’un.

malade chez qui l'application rapide d’une pince de Kocher sur le paquet vasculo-nerveux du cou, à cause d’une plaie artérielle opératoire, produisit une paralysie récurrentielle que révéla la voix bitonale du malade sitôt après l'incident.

Enfin, le nerf peut être piqué au moment du capitonnage d'une poche kystique, et le Professeur Lemaître conseille dans ces cas de faire la ligature de l'artère thyroïdienne supérieure en dehors de la gaine viscérale; mais, on doit le dire, de pareils accidents peuvent s’observer d'un seul côté, mais il est exceptionnel de voir se produire en cours d'opération une aphonie complète ou une dyspnée laryngée, signature d'une lésion bilatérale.

D) PARALYSIES BILATÉRALES POSTOPÉRATOIRES.

Plus fréquentes sont les paralysies bilatérales postopéraloires, et c'est une de celles-ci que nous avons empruntée à Bruce et relatée à la fin de notre travail.

On en distingue deux sortes : les paralysies précoces, qui se montrent le deuxième ou le troisième jour qui suit l’intervention; en général transitoires et bénignes, elles n’ont pour cause minime qu'un hématome qui se résorbe vite, un tiraille-

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