‹ Les Paralyses Récurrentielles DoublesChapitre 30 sur 47 · PREMIER ARGUMENT · texte numérisé non relu

PREMIER ARGUMENT

Premier point. : Position de la corde. — Dans un but très louable de différenciation clinique, Ramadier, nous l'avons vu, met dans le cas de paralysie récurrentielle double la corde en position intermédiaire, et, dans celui de paralysie des dilatateurs, en position paramédiane; mais il existe une autre forme de paralysie récurrentielle, c’est celle décrite sous le nom de syndrome de Riegel. À ce propos, Riesel proposa de donner au syndrome paralysie récurrentielle avec cordes en position paramédiane le nom de paralysie respiratoire. C'est exactement le même que proposèrent Lermoyez et Ramadier pour le syndrome de Gérhardt. Dans les deux cas, les deux cordes sont dans la même position paramédiane, mais l’adduction est conservée dans l’un, impossible dans l’autre. Voilà tout ce qui les sépare.

Nous ferons à cet argument les critiques suivantes

1° Lorsqu'un malade en proie à une dyspnée souvent effrayante est amené au spécialiste, est-il vraiment possible à celui-ci d'examiner à fond le larynx de son patient ? Très souvent la constatation des deux cordes sur la ligne médiane suffit. On dit : paralysie des dilatateurs, car c’est l’usage, et l’on veille bien plus à faire préparer des instruments chirurpicaux qu'à manœuvrer dans une gorge rétive un miroir générateur de spasmes.

2° Indépendamment de tout accident aigu, il n'est qu'à lire les statistiques de paralysie des dilatateurs pour s’apercevoir que bien des cas ont été étiquetés comme tels, alors

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que les cordes étaient parfaitement immobiles. Tel cas de Collet (statistique de Rebattu et Mounier-Kuhn), où l’on voit écrit : P. D. chez un malade présentant une gomme syphilitique laryngée : C. V. immobilisées en position juxtamédiane dans l'inspiration et la phonation. Guérison par le traitement au cyanure de mercure,

Autres cas :

Chez un tabétique : C. V. immobilisée en position paramédiane.

Encore chez un tabétique : C. V. droite immobilisée en position paramédiane, C. V. gauche s’écarte mal, mais se rapproche pendant la phonation.

Tel cas de Rebattu chez un syphilitique avoué, un traitement bismuthique amena une amélioration; les G. V. sont immobilisées en position paramédiane. Sur les 48 cas cités par Rebattu et Mounier-Kuhn, plus de 15 fois, cette immobilité totale est mentionnée.

I s'agissait là de syphilitiques avérés, et l'autorité de Lermoyez était telle que, pour la majorité des auteurs, P. D. égalait 2. Nous ne chicanons pas sur la valeur de la sanction thérapeutique. Dans ces cas, elle a toujours, ou presque, fait sa preuve. Mais nous sommes bien forcés de conclure que l’adduction des cordes, qui ne peuvent s’écarter pendant l'inspiration, est un phénomène bien contingent, sinon secondaire.

Et si nous empruntons encore à Rebattu, dans son rapport, une autre statistique, celle des P. D. d’origine périphérique, nous constatons là aussi que, dans un tiers des cas, l’adduction était impossible.

Et nous nous demandons si Dufourmentel n'avait pas raison de penser à une action de crico-thyroïdien et des faisceaux laryngiens des muscles pharyngés. Mais, dit Ramadier, dans les cas de paralysies en ouverture, cette action devrait se manifester. Ceci est encore une question d'observation : fl est plus facile de noter un rapprochement des rubans vocaux quand l'ouverture glottique est réduite que lorsque la glotte

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