CONCLUSIONS
I — Classiquement, les paralysies récurrentielles doubles sont exceptionnelles : elles n'apparaissent qu’à l’ultime période de lésions périphériques (néos cervicaux, adénopathies, tumeurs médiastinales), dont elles soulignent la gravité de l’évolution.
Pour nous, les diplégies laryngées s’observent fréquemment à l’occasion même de lésions unilatérales (ainsi que le montrent les observations précédentes).
I. — On a fait (Lermoyez, Ramadier), une différence nette entre la paralysie des dilatateurs (d’origine surtout centrale) et la paralysie récurrentielle double (d’origine surtout périphérique).
Pour nous, la paralysie des dilatateurs n’est plus un stigmate de syphilis, ainsi que le pensent certains auteurs, Et,
démembrée dans son étiologie, sa pathogénie et sa clinique,
il nous semble que bien des cas décrits sous le nom de paralysie des dilatateurs ne sont que des syndromes de Riegel (paralysie récurrentielle bilatérale en adduction).
II. — Truffert et Bertrand n'ont pu découvrir un centre des dilatateurs au niveau du bulbe : le problème des centres moteurs laryngés reste entier.
Aussi, à l’appui d'observations cliniques et de discussions, proposons-nous les considérations suivantes
a) Clinique. — Toute immobilité d’une corde vocale signe une paralysie récurrentielle (Dufourmentel)
b) Etiologique. — Toute paralysie laryngée bilatérale (en dehors de cas d'’étiologie périphérique évidente) a une origine centrale.
c) À la notion de lésions anatomo-pathologiques précises, il semble que l’on doive substituer celle de troubles physiologiques, que les connaissances actuelles de pathologie nerveuse (phénomènes de lésions associées, de spasme et de paralysies, de diaschisis), peuvent expliquer.
d) Enfin, au point de vue clinique, il faut adjoindre aux examens laryngoscopiques les procédés modernes d’exploration stroboscopique et chronaxique (Worms, Tarneaud).