UNE PNEUMONIE
Obs. XLIII. — Un infirmier âgé de 30 ans, d'un aspect cachectique, fut atteint d une pneumonie grave, contre laquelle l'aconit et la bryone furent employés alternativement et sans succès. Au troisième jour, la voix était faible, à peine intelligible, la fièvre excessive, le pouls fréquent, la douleur de poitrine violente. Dans la soirée apparut de nouveau l'épistaxis accompagné d'un évanouissement prolongé. Trois heures après, celui-ci avait cessé; mais à la suite on observa un grand épuisement, des soubresauts des tendons, un délire furieux, un pouls faible et accéléré, des selles involontaires. Bien que son médecin n'eût aucune espérance de le guérir, il lui administra cependant du phosphore qui amena dans la nuit une abondante sueur, et le lendemain des élancements de poitrine moins violents, un pouls plus large et plus lent. Le cinquième jour du traitement, à part une grande faiblesse, de la sueur et une toux modérée, le malade n'éprouvait plus aucune incommodité; aussi le dixième jour put-il quitter le lit. (D' Horner. — Hom. Archiv., 20, 1. — llom. Fierleljakrschrifl, t. I, p. 152.)
convulsions; soubresauts des tendons; perte de la parole, de la VUE, DE l'ouïe et de la SENSIBILITÉ TACTILE.
Obs. XLIV. — Ces symptômes se présentèrent probablement dans le cours d'une maladie aiguë, si l'on en juge par l'extrait suivant d'une lettre que Mentz adressait à son fils :
« In Domino Petschken, in quo, ut tibi notum, auditus, visus, tactus, et loquela aberant, a duobus dosibus phosphori ad scrupulum semis exhibitis, hic effectus secutus est, ut omnes convnlsiones, subsultus tendinum, et alia symptomata, intra très horas cessarent, lenis mador et somnus sequeretur, illeque tertio die, omnium sensuum usu resti-
luto in Hypocaiislo ambulare po.sscl. » (J. G. Mentz. - Diiseriatio inaùg. de plwsrhori virtiut' médira, 1751, Viterabergae, p. XII.)
Expérience» sur les animaux.
Obs. XLY. — Le vétérinaire Pilger a expérimenté le phosphore chez
quelques animaux.
Deux chevaux extrêmement affaiblis se ranimèrent, se relevèrent sur leurs jambes et mangèrent après avoir pris chacun quatre grains de cette substance dissous dans l'huile de lis.
Dans un autre cas, cinq grains de phosphore rendirent des forces à un vieux cheval affaibli et malade. (Pilger. — Mémoires de la Société des sciences, agriculture el arts de Strasbourg, t. I, p. 397.)
S II. — Paralysies musculaire* et lésions cérébro-rachidiennei produites par le phosphore.
ACTION ÉLECTIVE SUR LES NERFS MOTEURS, SUR LES NERFS DE LA SENSIBILlTlt GÉNÉRALE ET SENSORIELLE.
Obs I. — D'après Sachs, le phosphore exerce une action spéciale sur les nerfs moteurs; il augmente, surexcite les mouvements des muscles, tant volontaires qu'involontaires. Il agit enfin sur les nerfs de la sensibi lité générale et sensorielle et sur le cerveau lui-môme. (Sachs, Dissertatio de phosplioro Argentoriati, 1731.)
Dans ses Gliemische ^rimerkvngen, p. 321 (Erfurth, 1721), Kunkel avait donné les premières notions sur l'emploi médical du phosphore. Dix ans plus tard, Sachs indiquait déjà assez nettement les actions électives de ce médicament que j'essaye aujourd'hui de vulgariser.