TYPHOÏDE
Obs. XXXVIIL — Un enfant de 13 ans, ayant été atteint de la fièvre typhoïde au mois de décembre, fut traité par un chirurgien avec des résolutifs, des vomitifs et des purgatifs.
Le 15 décembre, le docteur Conradi trouva le malade très-faible, avec un pouls fébrile, la langue sale et sèche, la parole difficile, l'ouïe dure, les selles involontaires, liquides et très-fétides.
Le quinquina, l'arnica, la valériane, le camphre, les vésicaioires ne modifièrent aucunement cet état.
Le 23 décembre, la prostration des forces était à son comble ; on no sentait plus le pouls; la figure, les mains et les pieds étaient refroidis; le malade était assoupi.
Alors le docteur Conradi administra au malade 10 gouttes d'éther phosphoré dans une petite cuillerée d'eau. Au bout d'une demi-heure, on observa déjà les effets salutaires de ce remède : le pouls se fit sentir de nouveau, la chaleur retourna aux extrémités, le malade ouvrit les yeux et se ranima.
On continua l'éther phosphoré à la dose de 5 gouttes toutes les deux heures, et l'enfant reprit insensiblement ses forces et fut bientôt hors de danger. (M., p. 22.)
paralysie des spniNXTERS de l'ancs et de la vessie; tremblement des mains; soubresauts des tendons dans une fièvre typhoïde.
Obs. XXXVIII bis. — Maria T... est admise le 7 janvier 1863 à l'hôpital de Leopoldstadt (Vienne). Elle présente divers symptômes de fièvre typhoïde, entre autres deux à trois selles liquides chaque jour. On prescrit l'acide phosphorique.
Le 11 janvier, délire si violent qu'il oblige d'attacher la malade dans son lit. Urines et selles involontaires; la langue et les dents couvertes de croûtes noires et épaisses; pouls à 120. On prescrit le datura stramonium, et les symptômes cérébraux s'apaisèrent peu à peu, si bien qu'on put détacher la malade vers le 18 janvier.
Ce même jour survinrent : un tremblement léger des mains, des secousses dans les tendons ; une légère cyanose des lèvres, des joues, de la racine des ongles et des parties sur lesquelles le corps était appuyé. Toujours urines et selles involontaires; pouls à [k'i. On prescrit le charbon végétal.
21 janvier. Jusqu'à ce jour, la malade fut entre la vie et la mort ; mais, le 21 janvier, son iHat devint encore plus grave. Elle commença à tousser, et l'on reconnut les signes d'une hépatisation du poumon droit. Crachats spumeux, d'un rouge brun; pouls filiforme, si fréquent qu'on ne pouvait le compter. Une sueur froide couvrait tout le corps. On prescrit le phosphore.
L'hépatisation s'étendit peu à peu jusqu'au milieu de l'omoplate, puis elle entra envoie de résolution à partir du 24 janvier. Avec cette amélioration tout danger disparut. Le pouls devint moins fréquent et plus fort; il était à 136 dès le 23 janvier. La cyanose, qui avait augmenté pendant la pneumonie, s'effaça peu à peu. A partir du 26, les évacuations cessèrent d'être involontaires, après l'avoir été </M/n2<? jours durant. Le 28, la malade demande à manger. Pendant la convalescence, deux accès d'ictère causés par des indigestions. (D' Eidherr. — Zeilschrift des Vereins der Hom. Aerzte œslerreicfis, t. II, cahier 1 , p. 149 et suivantes.)
Dans le cas précité, le pliospliore réussit fort bien après que l'acide phosphorique avait écboué.
Cette observation présente encore une autre particularité : elle a été recueillie dans l'hùpitaL mixte de Leopoldstadt, où sont quatre salles contenant 40 lits (20 pour hommes et 20 pour femmes) destinés au traitement allopathiquc et 40 lits (id., id.) destinés au traitement homœopathique. Les malades, en entrant, choisissent lune ou l'autre médication, comme ils le font journellement dans la clientèle privée.
Des trois hôpitaux homœopathiques de Vienne, c'est le seul qui réserve des lits pour le traitement allopatbique.
Dans cet hôpital mixte de Leopoldstadt, fondé en 1850, a lieu pendant six jours de la semaine la clinique homœopathique de quatre à cinq heures de l'après-midi. C'est la dernière des huit cliniques qui, . à l'École do Vienne, se font, heureusement pour les élèves, à des heures diiïérentes et successives depuis sept heures du matin jusqu'à cinq heures du soir -. fait que, déjà en 1858, je rapportais dans l'Ew.scignement clinique en Allrmaync, p. 17.
hoquet; M0!JVF.AIK\T.S SPASMOniOIT-S DANS tiSE FIÈVRE TVPIlOÏDE.
Obs. XXXIX. - IL., (de Strasbourg), tambour-major, d'une forte constitution, est atteint de fièvre typhoïde avec éruption miliaire Dans la nuit du septième au huitième jour, le docteur Lobstein. ap-
pelé à la lu'ilc .mprès du malade, le Irouva absolument sans connaissance, la figure décomposée, le regard fixe et immobile, les extrémités refroidies ; il avait des mouvements spasmodiques el un hoquet qui se renouvelait toutes les deux minutes.
Le docteur Lobstein prescrit :
Phosphore 3 grains.
Ether sulfurique 1/2 once.
Huile distillée de girofles 1/2 scrupule.
A prendre toutes les heures, 8 à 10 gouttes, dans un sirop liquide.
« On était fort étonné, raconte Lobstein, de ce que je prescrivais encore des remèdes à un homme mourant; mais j'insistai fortement sur mes prescriptions, et je recommandai tous les soins possibles. Le lendemain matin, en visitant le malade, quel fut mon étonnement de le trouver en parfaite connaissance! Il me reconnut et proféra quelques paroles.
« Les parents m'informèrent, les larmes aux yeux, (|ue le malade ayant à peine pris la seconde dose, le hoquet s'arrêta sur-le-champ. Après la troisième dose, ils remarquèrent qu'une chaleur douce se répandit sur tout le corps ; elle fut bientôt suivie d'une sueur abondante qui produisit le plus heureux résultat. Je fis continuer le remède en recommandant de ne prendre la dose ci-dessus que toutes les deux heures.
« Le dixième jour, le malade était hors de danger » (Jd., p. 6ô.)
BOQUET; mouvements spasmodiques dans une FlÈVnE TYPnOÏDE.
Obs. XL. — Une jeune fille de 9 ans, atteinte de fièvre typhoiide. Le neuvième jour, raconte Lobstein, « à trois heures après-midi, je fus averti que la malade était prête à mourir. Je m'y rendis à la hâte, et en effet, je vis qn'elle était dans un état de stupeur extrême, que les extrémités étaient refroidies, qu'elle avait le hoquet, et que le corps était souvent agité par des mouvements spasmodiques. Je lui prescrivis sur-le-champ l'éther phosphoré, préparé de la manière indiquée dans l'observation précédente, à la dose de 4 ou 5 gouttes, toutes les heures, dans un peu de sirop liquide. Au bout de trois heures, je visitai de nouveau la malade : le pouls était plein, les extrémités réchauffées et la malade en parfaite connaissance. »
Le même remède fut administré jusqu'au lendemain, seulement 6 gouttes toutes les deux heures. Dès lors le danger était passé et la malade fut rélnblie au bout de quinze jours, (/f/., p. «8.)
CRAXnK PnOSTHATlON DES rOUCI-S ; ni-St>IRATU)N STEBTOREUSK ; IMPOSSIBILITÉ
d'expectorer; déglutition iort diki-icile; hoquet incessant; tous symptômes PEUSlSTAVr DEPinS SIX jours CUEZ un VIEILLABD de 71 ANS ATTEINT d'une fièvre KIIUMATISMALÏ BILIEUSE.
Obs. XLI. — Un homme âgé de 71 ans, attaqué depuis quinze jours d'une fièvre rhumatismale bilieuse, que traitait la docteur Conradi, se trouva tellement affaibli et épuisé qu'on vit les symptômes les plus alarmants se joindre à son état.
« Sans cesse tourmenté par le hoquet, il avalait avec la plus grande dilBculté, et l'on entendait distinctement le liquide avalé tomber dans l'estomac. La respiration était stertoreuse; il y avait impossibilité d'expectorer, grande prostration des forces, somnolence; le pouls était petit et fréquent, les extrémités refroidies ; il avait des sueurs froides dans la figure; la langue était rouge et sèche, les yeux ternes, etc. Ces symptômes laissèrent peu d'espoir pour la conservation des jours de ce vieillard; aussi attendait-il la mort avec résignation, et la famille était préparée à cette catastrophe. Les soins du médecin parurent absolument superflus.
« Le 11 février, vingtième jour de la maladie et le sixième depuis cette grande prostration des forces, le médecin prescrivit quatre grains de phosphore dissous dans un gros d'éther sulfurique, pour en prendre 10 gouttes dans un peu d'eau toutes les heures.
« Après la troisième dose, le hoquet cessa et le malade avala avec plus de facilité. Le lendemain le malade se trouva beaucoup mieux; la peau était couverte de moiteur; le pouls s'était relevé, l'expectoration commença à s'établir. Les crachats étaient épais et tenaces; l'urine, qui coulait abondamment, était épaisse.
« Le remède ne fut continué que toutes les trois heures ; au bout de quarante-huit heures, le malade se trouvait hors de danger...
« ...Jamais, ajoute l'auteur, je n'ai vu de malade se rétablir dans des circonstances semblables. » (Ici., p. 20.)
hoquet; dï!glutition difficile; selles involontaires; délire dans u.ne pneumonie.
Obs. XLII. — Une femme de 38 ans était atteinte d'une pneumonie... «Le troisième jour au malin, j'apprir, qu'elle avait passé une mauvaise nuit, battant sans cesse la campagne. En effet, je la trouvai encore dans le transport, très-agitée, avec un pouls plein et fréquent ; elle avait eu plusieurs selles involontaires... L'état de la malade était assez consolaiil le soir; mais à trois heures du matin, il avait tellement empiré,
que lous les symptômes paraissaient annoncer une mort prochaine. La déglutition était difficile; il y avait hoquet et sueurs froides; dès lors je ne balançai plus à faire usage de l'éther phosphoré. La malade en prit 8 gouttes toutes les demi-heures dans unpeu de siropliquide. En la visitant au bout de trois heures, je la trouvai en parfaite connaissance; la langue était humide, les extrémités réchauffées et le corps couvert de moiteur. »
La malade continua ce remède toute la journée, n'en prenant que toutes les deux heures, la dose plus haut indiquée; elle fut dès lors hors de danger. (Lobstein. — Bibliothèque de thérapeuliquc de Bayle, t. II, p. 72.)
DÉLIRE furieux; SOUBRESAUTS DES TENDONS; SELLES INVOLONTAIRES DANS