VOMISSEMENTS INCESSANTS; DYSURIE
Obs. XVI. — Le 8 juillet 1848, V..., âgé de 54 ans, surexcité par ses habitudes d'ivrognerie, s'empoisonne en ingérant de la pâte phosphorée étendue sur une tranche de pain.
Le troisième jour, cet homme succombe après avoir présenté de la dysurie et des vomissements incessants. (D" Audiffred et Danval, Gazette des hôpitaux, 1851.)
paraplégie; surexcitation génésique, puis impuissance; paralysie de la langue ; paralysie générale progressive.
Obs. XVII. — J. Frank a emprunté cette observation au Traité sur V alcoolisme chronique de Magnus Huss (de Stockliolm), et l'a consignée
dans son Magazin fur physiologische und klinische ArzneimituUehn und Toxicologie, p. 666, 1853, Leipzig. Je la traduis en son entier.
Un homme de 39 ans, qui menait un genre de vie ordinaire, s'occupait depuis trois ans de la préparation des allumettes phosphoriques ; il travaillait dans la chambre où il habitait, et il y conservait les matières premières et les produits de son industrie. Il n'en avait éprouvé aucun inconvénient jusqu'à ce que, il y a un an, une grande quantité de phosphore et de bois phosphoré s'enflamma après une violente explosion. Alors, en essayant de l'étouffer, il respira la vapeur de phosphore, si bien que finalement la suffocation le fit évanouir. Immédiatement après il éprouva une sensation de faiblesse dans le dos comme s'il voulait s'affaisser; ensuite faiblesse dans les extrémités et tremblement à chaque effort, mouvement de reptation sous la peau et sensation de tressaillement sous l'épiderme. Au commencement, une grande excitatation génésique, qui plus tard diminua, et les six derniers mois se convertit en impuissance : impossibilité absolue de l'érection. A part cela, il se trouvait bien d'ailleurs ; bon appétit, évacuations convenables, respiration normale, bonne santé, rien n'indiquait une affection du cerveau. A son admission à l'hôpital, on remarque ce qui suit : les deux jambes^taient si faibles qu'il ne pouvait marcher que quelques pas, et encore le faisait-il en chancelant et comme s'il n'était pas sûr de luimême ; essayait-il de se tenir debout, les jambes tremblaient et les genoux pliaient; tremblement des mains et des bras en faisant un effort. Dans l'état de repos, les muscles faisaient saillie par tout le corps (contractions musculaires), principalement aux extrémités qui n'étaient pas douloureuses, mais cependant assez sensibles pour laisser paraître des mouvements convulsifs sous la peau , et les muscles se contractaient sur plusieurs points de temps en temps. Parfois on ne voyait rien, et pourtant il criait soudain comme si une partie de son corps eût été touchée subitement. Au bras gauche, constamment une sensation de fourmillement sous la peau ; sensation normale sur toute la surface du corps; l'épine dorsale pas sensible ni douloureuse, mais si faible que le malade ne peut pas se redresser ni rester debout une fois redressé. Les facultés intellectuelles et morales, les fonctions de la poitrine, du cœur et de la digestion sont normales, mais la prononciation est embarrassée (paralysie de la langue).
Le malade vécut encore trois à quatre ans dans la plénitude de son bon sens, la paralysie augmentant et s'étendant (paralysie progressive); mais tous les essais de traitement furent sans résultat.
DYSUniE.
Ods. XVIII. — Dans une observation d'empoisonnement par le phos-
pliore, le docteur Boudant a noté la dysurie qui est un pliénomène paralytique. [Gazette des hôpitaux, 1851, n° l'22.)