‹ Les paralysies phosphoriquesChapitre 20 sur 51 · VOMISSEMENTS ;. TÉ.NIÎSME ANAL ; HAMOLUSSKMENT DU CERVELET · texte numérisé non relu

VOMISSEMENTS ;. TÉ.NIÎSME ANAL ; HAMOLUSSKMENT DU CERVELET

Obs. XXII. — Le 20 décembre 1855, une mère contraignit sa fille naturelle, âgée de 9 ans et jusqu'alors bien portante, à boire un liquide où elle avait mis des têtes d'allumettes phosphoriques. Voici les symptômes q^ue présenta cette enfant : malaise général, vomissements, douleurs de ventre et une selle unique du 20 au 27 décembre, quoique les deux derniers jours elle fit de violents efl"orts de défécation.

Dans la soirée du 27 décembre, cette jeune fille expira après avoir poussé de grands cris de six à neuf heures du soir et s'être jetée d'ici de là sur son lit, entrelaçant en roulant ses mains et ses pieds autour d'elle.

On fit l'autopsie le 5 janvier 1856 : le corps était gelé et dur comme une pierre. On ne remarqua rien d'extraordinaire, si ce n'est que le cervelet était complètement ramolli. Une commission scientifique, ayant pour rapporteur le docteur Horn, considéra ce ramollissement comme n'étant pas un phénomène cadavérique. {Gasper^s Vierteljalirschrifti, t. XII, p. 193.)

DODLEURS DE CRAMPES RÉMITTENTES; CONTRACTURE DANS LES MEMBRES SUPÉRIEURS ET INFÉRIEURS; DÉLIRE VIOLENT; MORT.

ObSu XXJII. — Le 3 juin 1856, Joseph Varrigat. remplit d'eau-de-vie un verre à vin ordinare ; il y mélange la pâte phosphorée de quatre, boîtes d'allumettes (achetées à 5 centimes chacune), et à six heures du soir il avale tout le contenu du verre.

Le 5, le malade annonce éprouver depuis hier, et avoir surtout ressenti dans la nuit des douleurs dans les membres supérieurs et inférieurs. Les douleurs, qu'il compare, à des crampes, persistent constamment, s'exaspérant par intervalles; elles coïncidaient par moments avec de la contracture et de la roideur qui se dissipaient d'elles-mêmes. Le matin, les membres supérieurs et inférieurs ne présentent aucune, trace de contracture; les crampes persistent néanmoins.

Dans la soirée du 6, délire violent; le malade s'agite, veut quitter son lit, on est obligé de l'attacher.

Dans la matinée du 7, au délire aigu succède un état comateux terminé par la mort à sept heures. (Docteur E. Leudet (de Houen), Archives générales de médecine, 1857, vol. I, 5» série,. t. IX, p. 312.)

l.NSENSIBILITÉ DE LA PEAU DES MEMBRES; GRAND AFFAIBLISSEMENT; ENGOURDIS- SEMENT DANS LES membres; TRISMUS ; MORT LE ONZIÈME JOUR.

Obs. XXIV. - Le 5 juin 1856, Marie Luco Leblanc, couturière, âgée

de 38 ans, délaya dans une tasse de café la pâte phosphorée des allumettes d'une boîte achetée 10 centimes. Cette tasse de café fut ingérée immédiatement; le résidu resté au fond de la tasse fut également ingéré après avoir été dissous dans un peu d'eau.

Symptômes éprouvés : fatigue très-grande; insensibilité de la peau des membres.

Le 6, la malade, bien qu'affaiblie, peut se promener toute la journée. Engourdissement et fourmillement dans les membres; trouble de la sensibilité assez grand pour ne pas lui permettre de saisir une épingle entre ses doigts.

Le 7, affaiblissement, intelligence intacte.

Le 13, fourmillement dans les doigts.

Dans la nuit du 18 au 14 délire, coma, dyspnée, bâillements, diminution de l'intelligence, parole difficile. Le 15, état comateux, trismus, mort.

Autopsie. Baie et foie hypertrophiés et ramollis. La malade avait eu un ictère très-prononcé dans le cours de cet empoisonnement. {Idem, idem, p. 315.)

RÉSOLUTION musculaire; INSENSIBILITÉ GÉNÉRALE; PARALYSIE INCOMPLÈTE DES PAUPIÈRES supérieures; RÉTENTION b'uRINE, PUIS URINES INVOLONTAIRES; MORT.

Obs. XXV. — Le 28 juillet 1858, Jules N..., garçon limonadier, âgé de 21 ans, fait dissoudre dans de l'eau chaude la pâte phosphorée des allumettes contenues dans deux boîtes, puis il ajoute 6 à 8 grammes de benzine qui dissout encore mieux le phosphore. Il boit d'abord une grande quantité d'eau-de-vie, et quand il commence à sentir les premiers symptômes de l'ivresse, il avale le poison et alors il marche devant lui jusqu'à ce que les forces l'abandonnent.

A onze heures du soir, il fut trouvé étendu dans un fossé du boulevard des Invalides {Paris), privé de connaissance et transporté à l'hôpital Necker. Là on constate les symptômes suivants : les mouvements respiratoires et le pouls avaient cessé, les membres étaient dans la résolution la plus complète, les pupilles contractées, la peau insensible; tout le corps exhalait une forte odeur de benzine.

Le 29, assoupissement complet, face congestionnée, paupières abaissées, pupilles normales. Une douche d'eau froide administrée au malade'pcndant vingt secondes fait disparaître l'état asphyxique et la perte de connaissance.

Le 30, léger ictère; on constate une pneumonie au deuxième degré dans tout le poumon gauche. Le matin, rétention incomplète d'urine; dans la journée, urines involontaires.

Le 31, rexpiralion a cessé d'exhaler l'odeur de la benzine; l'assoupissement et la torpeur de l'intelligence reparaissent ; la pneumonie envahit le poumon droit.

Le 2 août, la teinte ictérique a diminué.

Le 3, les paupières s'abaissent involontairement, même lorsqu'on excite le malade et qu'il cherche à répondre. Le 4, délire; mort à neuf heures du soir. A l'autopsie, faite le 6 août, on trouve :

Forte hyperémie de la pie-mère et de la masse cérébrale ; piqueté rouge de la substance grise; cervelet normal; suppuration des deux poumons. (Docteur Monneret, Archives générales de médecine, 1858, t. XII, p. 291.)

Jules N... a ingéré tout à la fois du phosphore et de la benzine. Auquel de ces deux poisons faut-il attribuer les symptômes de paralysie ci-dessus énoncés? Au phosphore que nous avons déjà vu produire des phénomènes analogues.

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