HALLUCINATIONS DE LA VUE; PHOTOPHOBIE
Obs. IX. — Un jeune homme de 24 ans, d'une taille élancée, amaigri, d'une constitution délicate, le visage blême, d'un caractère inquiet, surtout au sujet de sa maladie, souffrait depuis deux ans d'une céphalalgie continue, de bouffées de chaleur à la tête, d'un enchifrènement perpétuel, d'une sensation de brûlure persistante dans les yeux et d'une diarrhée continuelle.
Du 21 août au 25 novembre 1839, le malade prit sans succès plusieurs remèdes.
Le 3 décembre, il présentait les symptômes suivants :
Dans les yeux violentes douleurs, sensation de brûlure, élancements passagers, plus violents le jour; mais la nuit il y avait des aberrations de la vue. Les yeux, si sensibles à la lumière qu'il ne pouvait pas du tout travailler pendant plusieurs jours. Dans une chambre obscure, les aberrations visuelles étaient plus effrayantes ; elles augmentaient avec les douleurs dans les yeux, le soir jusque bien avant dans la nuit, à un tel degré qu'elles menaçaient de l'anéantir.
Dans les angles externes de l œil, la scléroiique était d'un rouge pâle ol les yeux brillaient d'un éclat insolite, le visage d'une pûleur mortelle, diarrhée continuelle pendant le jour.
(Prescription : 20 gouttes d'alcoolature de phosphore dans 4 grammes d'e?prit-de-vin rectifié, en prendre chaque matin à jeun 6 à 8 gouttes.)
11 survint une amélioration rapide telle, que, dans l'espace de trois semaines, toutes les douleurs dans les yeux et les hallucinations de la vue disparurent, de môme qu» la céphalalgie qui guérit la dernière, et seulement jusqu'à un certain point. (Docteur Weber, AUgemcine Ilom. Zeitiing, XXII, 246.)
AMAUnOSE DE l'oEIL DROIT DEPUIS SEPT ANS ; GUÉRISON PAR LE PnOSPHORE QUI, EN CETTE OCCASION, PRODUIT UNE CÉCITÉ PASSAGÈRE DE l'œIL SAIN.
Obs. X. — Un président de chambre do la cour fie Rennes, âgé de 52 ans, avait, depuis sept ans, l'œil droit frappé d'une cécité complète, cécité précédée, pendant une année, d'altérations diverses de la vision, d'obscurcissement, d'aberrations de la vue, d'apparition d'objets fantastiques par leur forme, leur éclat, leurs mouvements, leur couleur.
Le docteur Gastier lui administre divers médicaments qui ne modi-
iient aucunement l'amaurose, mais dissipent des céphalalgies congestives, symptomatiques d'un état dyspeptique. Vingt-cinq jours après, il lui prescrit du phosphore.
« Le lendemain de l'ingestion de ce médicament, dit le docteur Gastier, l'œil sain est frappé de cécité, et le malade de m'écrire, par la main d'un secrétaire, une lettre pleine d'alarmes, démentie le jour suivant par une autre lettre écrite de sa propre main, où il me dit que l'œil droit, aveugle depuis sept ans, a recouvré la vue, toujours perdue pour l'œil gauche; que, sauf quelques hallucinations semblables à celles qui ont précédé pendant un an la perte de cet œil droit, c'est avec son aide seul qu'il lui est permis de m'écrire aujourd'hui. »
Le lendemain, le magistrat fit annoncer que la vue lui revient également à l'œil gauche. Le docteur Gastier, à qui tout cela semble d'un bon présage, laisse le phosphore développer toute son action, et achever ainsi complètement la guérison. [Journal de la Société gallicane de médecine homœop, 1855, t. "VI, p. 1009.)