‹ Les paralysies phosphoriquesChapitre 8 sur 51 · PARAPLÉGIE DATANT DE TROIS ANS ET DEMI · texte numérisé non relu

PARAPLÉGIE DATANT DE TROIS ANS ET DEMI

Obs. XVIII. — Une jeune fille de 16 ans, d'une très-faible constitution, fort amaigrie, pas encore réglée, était atteinte d'une paralysie de la moelle épinière. Depuis trois ans elle n'avait pas quitté le lit; elle ne pouvait ni se retourner ni s'asseoir; elle s'affaissait et retombait immobile quand on la retirait de sa couchette; mais elle avait un bon sommeil, des selles normales et pas de douleurs ni de fièvre bien caractérisées. On ne pouvait dire d'une manière certaine la cause de sa

paralysie, qui avait apparu peu à peu et s'était accrue graduellement. Un médecin déjà l'avait traitée sans succès, quand le docteur Franko lui prescrivit une solution de phosphore dans l'éther sulfur.que, à prendre 25 gouttes quatre fois par jour. Cette médication fut si efficace que, après l'avoir employée durant deux mois, la malade put quitter son l>t, ce qu'elle n'avait pas fait depuis trois ans et demi; et 1 amélioration augmentant, elle commença à marcher.

En juin 1820, les règles parurent pour la première fois, lout en continuant le phosphore, la jeune fille prit des bains tièdes au sulfure de potasse, et, au mois d'août, elle pouvait déjà marcher, sans efforts et sans bâton, l'espace d'un demi-mille [près de 4 kilomètres). L amélioration persista. (Franke, âeLiindsheT-.-Hufeland's jotirnal, juillet 1824, p. 112.)

Obs. XIX. — Paralysie d'un côté de la face, a la suite d'un érysipèlk DO MÊME CÔTÉ, chcz uno jeuue fille de 19 ans. On prescrivit :

Onguent d'althéa et huile phosphorée 1/2 once.

Huile de jusquiamc 2 onces.

Le matin d'abord, puis matin et soir, on fit des frictions sur la partie paralysée avec une cuillerée à café du mélange. La guérison fut complète au bout de huit semaines. (Tott, Summarium, t. 'Mh—SchmidCs Jahrbiicher, i" supplément.)

Obs. XX. — Charles-Auguste Tott mentionne deu.x cas de parahjsic (de quelle partie?) guéris par l'huile phosphorée.

Je me demande si l'un de ces deux cas ne serait pas le même que celui mentionné dans l'observation précédente. {Siebolct s journal ffa- Geburtsh., 1833, t. XIII, p. 318.)

hémiplégie; paralysie de la langue; dyspnée; a la suite de la sypuilis, hémiplégie guérie par l'iodure de potassium; paralysie de la langue guérie par le puospbore.

Obs. XXL — P. Z., âgé de 45 ans, d'une structure bien proportionnée, d'un tempérament sanguin-artériel, d'une position de fortune indépendante, avait déjà été atteint plusieurs fois d'affections syphilitiques, la dernière fois pendant le printemps do 1840. Le chancre avait été guéri par le sublimé de Dzondi, mais à la suite avaient apparu une faiblesse et un amaigrissement considérables.

En novembre 1840, sans cause appréciable il fut pris d'une hémi-

plégie du côté gauche, contre laquelle plusieui's remèdes fdrcnt employés avec des résultats partiels.

Le 8 janvier 1841, les extrémités du côté paralysé pouvaient exécuter quelques mouvements, les yeux étaieiH tirés du côté gauche, ToÈil gauche était fermé, la parole consistait en un balbutiement inintelligible, et il pouvait tirer la langue seulement du côté gauche. Les battements du cœur étaient plus lents, la respiration pénible et irrégulière, ce qui faisait tousser le malade continuellement sans qu'il pût expectorer. En avalant des liquides particulièrement, il déterminait une violente toux avec nausées qui le plus souvent étaient suivies de vomissements. La constipation était opiniâtre, la sécrétion urinaire normale, le sensorium nullement troublé. Dans la présomption que la syphilis était la cause déterminante de cette maladie, l'iodure de potassium fut administré à très-fortes doses. Tout fut amélioré peu à peu, mais il n'y eut aucun changement dans la parole balbutiante et la respiration bruyante. La strychnine, le quinquina, l'arnica, furent essayés successivement sans apporter aucun soulagement.

Après avoir laissé le malade huit jours sans traitement, le docteur Jankowich lui prescrivit :

Le phosphore 2 grains.

i huile de lérébentine 2 scrupules,

huile aromatisée 1 scrupule,

éther sulfurique 1 gros.

Au début, le malade en prenait toutes les deux heures 6 gouttes sur du sucre ; plus tard il arriva progressivement à en prendre 20 gouttes.

Son aspect s'améliora de jour en jour, il prit des forces, cette toux d'un si mauvais présage et la respiration bruyante disparurent, la parole revint, mais le malade resta néanmoins un peu plus lourd qu'avant son hémiplégie. Il cessa le traitement après avoir pris 14 grains de phosphore, depuis le 10 mars jusqu'au 20 avril. (Docteur Jankowich, de Buie. — Oestreichische med. Wochensckrift, 1841, 2' trimestre, p. 580-82.)

AFFAIBLISSEMENT GÉNÉRAL DU SYSTÈME MUSCULAIRE AVEC TREMBIŒMENT DES MEMBRES PRODUIT PAR DES ÉMANATIONS SATURNINES; AMÉLIORATION PAR tE PHOSPHORE, PUIS EMPOISONNEMENT PAR LE PHOSPHORE DONÎiÉ, A TROP BORTE DOSE.

Obs. XXn. — Un homme de 49 ans avait un affaiblissement général du système musculaire, avec tremblement des membres, produit par des émanations saturnines. Il avait été traité pendant longtemps

par la strychnine et le chlorhydrate de morphine, il était sans fièvre. Oti prescrit une potion contenant 4 grammes d'élher phosphoré, qui représentait 12 milligrammes de phosphore; pendant sept jours la potion fut continuée, et la dose de phosphore portée à 25 milligrammes, en même temps qu'une pommade phosphorée est ordonnée. Amélioration. Le huitième jour, prescription de 5 centigrammes de phosphore en dissolution dans de l'huile et mêlé à une potion émulsive. Saveur désagréable et sensation âcre et brûlante dans la gorge. Le lendemain, on continue l'usage de la potion; mais elle avait été exposée au soleil et répandait des vapeurs abondantes d'acide hypophosphorique. A la troisième cueiilerée, symptômes d'empoisonnement qui, le lendemain, augmentent en s'accompagnant de douleurs générales dans les membres et d'un affaiblissement de plus en plus considérable. Mort dans les vingt-quatre heures. (M.'Vrtin-Solon, Toxicologie d'Or fila, 1852, t. I, p. 84.)

PARAPLÉGIES.

Obs. XXIU. — Bennet a écrit sur l'utilité du phosphore dans les paraplégies {Monlhly journal, février 1855). N'ayant pu consulter ce journal, je ne saurais dire si l'auteur y a cité des cas de guérison.

Obs. XXIV. — Paralysie DE LA TROISIÈME PAIRE DES NERFS CRANIENS. Obs. XXV. — Paralysie de la sixième paire des nerfs crâniens.

Je cite textuellement l'article du Moniteur des hôpitaux (1858, p. 1022), dans lequel M. le docteur Tavignot relate ces deux observations de guérison :

« Des paralîjsies musculaires de l'œil, traitées par les préparations phosphorées.

« Plusieurs cas de paralysie, soit de la troisième, soit de la sixième paire de nerfs, se sont présentés à nous; quelques-uns sont même encore en traitement. La médication que j'emploie est très-simple et généralement des plus efficaces.

a Elle m'a fourni d'ailleurs, depuis plusieurs années, des succès trop nombreux pour que l'idée me vienne de dédaigner sitôt son usage.

" Cette médication consiste à prescrire le phosphore à l'intérieur et à l'extérieur en frictions circumorbitaires.

« A l'extérieur, voici la formule du Uniment dont on use tous les soirs en se servant d'un morceau de Hanelle qui est ensuite dédoublée et fixée pendant toute la nuit sur le front :

Huile de noix 100 grammes.

Naphle 25 —

Phosphore 25 centigrammes.

« Â. l'intérieur, je fais usage de pilules préparées avec de l'axonge dans laquelle ou fait fondre le phosphore. Chaque pilule contient 2 milligrammes de phosphore, et je commence par une pilule par jour, en allant progressivement jusqu'à trois.

« Dans ces derniers temps, toutefois, j'ai suivi le conseil de mon savant ami le docteur Ducom, pliarraacien en chef de Lariboisière, et j'ai substitué l'émulsion suivante :

Huile d'amandes douces. . . 10 grammes.

Sirop de gomme 90 —

Gomme 2 —

Phosphore 10 centigrammes.

« On recommande d'agiter chaque fois le flacon, et l'on fait prendre au malade une cuillerée à café par jour de cette potion, puis deux et même trois.

« Règle générale : quand le phosphore ainsi administré doit guérir, il guérit très-vite ; or il guérit souvent.

« Je ne puis rapporter ici les observations détaillées qui trouveront leur place dans mon Traité des affections nerveuses des yeux; je dirai seulement que deux faits nouveaux viennent encore de me prouver dernièrement l'efficacité de ce traitement.

a Dans le premier cas, il s'agit de la femme d'un tapissier qui m'avait été adressée par le docteur Huvée. La paralysie de la troisième paire était complète; ptosie, strabisme externe, raydriase, etc. Depuis deux mois l'électricité avait été mise en usage sans résultat marqué. En vingt-cinq jours, cette dame fut guérie sous l'influence de la médication phosphorique.

« Le second cas est encore plus intéressant à un autre point de vue.

« Un riche propriétaire de la province vient à Paris se mettre entre les mains d'un spécialiste pour être guéri de pertes séminales déjà anciennes- le traitement n'est pas encore commencé que le malade est pris d'une paralysie de la sixième paire de nerfs de l'œil droit. Ce spécialiste m'adresse son malade, que je guéris en huit à dix jours par le phosphore. Je me fais dès lors un devoir de renvoyer ce malade a son premier médecin pour suivre ses avis dans le (raitcment des perles se-

minales; mais le malade avoue, à ma grande surprise'que, sous l'in- Quence de la médication phospliorce, il était complètement guéri de ses pertes séminales.

« Voilà un fait, comme on le voit, digne de fixer l'attention des praticiens ; car il ne s'agit pas, dans l'espèce, d'une simple coïncidence, le phosphore pourra être utilisé contre une affection restée jusqu'à présent assez difiicile à traittM-. »

parapli5gie incosiplète ; tremblement des membres.

Obs. XXVI. — Un enfant de 12 ans. d'une bonne constitution, se plaignait depuis longtemps d'une douleur dans les lombes et d'une faiblesse dans les jambes qui augmentait peu à peu, si bien qu'il ne pouvait plus marcher qu'en faisant des efforts extraordinaires; aussi habituellement restait-il étendu sur son lit. Quand il essayait de marcher, il faisait exécuter à ses jambes un mouvement particulier : il les jetait en avant vacillantes et pliées en arc, comme s'il avait de la peine à s'appuyer sur la colonne vertébrale. Fourmillement et picotement dans la moitié inférieure du canal rachidien ; les apophyses épineuses très-saillantes. Tremblement des membres et paresse du canal intestinal. Un y avait rien autre d'anormal à signaler.

Prescription : Phosphore, quatrième dilution dans de l'éther, tous les soirs 5 gouttes pendant quatorze jours.

Dans l'espace de quatre semaines, l'enfant devint plus fort; il pouvait marcher assez bien et s'acquitter de toutes les commissions qu'on lui donnait à la maison. Le seigle ergoté fit disparaître les autres symptômes. (Gross, Arcliiv. fûr Homoeop., 17,3, 152. — nûckerCs KL Erf. \. m, p. 471.)

PARALYSIE INCOMPLÈTE DES MAINS. SURTOUT DES MUSCLES SUPINATEURS ; IMPUIS- SANCE DATANT DE SIX ANS; MYÉLITE (?) A LA SUITE DE LA SYPHILIS.

Obs. XXVII. — Un homme de 41 ans, de petite taille, brun, la figure blême, avait eu six ou sept fois la blennorrhagie et deux fois des chancres. Il avait essayé la médication hydrothérapique de Priesnitz ; celle-ci ne provoquant chez ce malade aucune réaction, il s'adressa au docteur Liedbeck, le 17 août 1846.

pepuis six ans il était impuissant, et depuis six mois il n'avait plus d'érections. Il était en très-mauvais état et avait les mains paralysées, particulièrement les muscles supinateurs, si bien qu'il ne pouvait en^ lever quelque chose de dessus la table qu'avec peine et à la suite d'efforts manifestes; chaque jour plusieurs selles; chute des cheveux. Il y

avait des symptômes d'irritation do ki moelle épinirre, et le malade devenait de plus en plus faible et frileux.

Après plusieurs autres remèdes, le docteur Liedbeck lui prescrivit un grain de phosphore dans une once d'huile et il lui fit faire des frictions sur le ventre avec une cuillerée à thé de cette solution. Cette médication lui procura plus de soulagement que toutes celles essayées précédemment, et, vers le milieu de décembre, il était assez bien rétabli.

Au commencement de l'année 1847, il retourna voir son médecin et lui raconta que plusieurs fois il avait eu des rapports sexuels avec sa femme, laquelle, maintenant, se trouvait enceinte. Celle-ci mourut en couches, et son enfant peu après; et le père, malgré son affliction et ses chagrins, est actuellement mieux portant et plus robuste que jamais, comme il l'affirmait lui-même. (Liedbeck, Hygea, Zeitschrift fiir lleilkunst, t. XXII, p. 495.)

HÉKIPLÉCIE droite; PARALYSIE DE LA SENSIBILITÉ DU MÊME CÔTÉ; PARALYSIE DE LA LANGUE CHEZ UNE CULOROTIQUE.

Obs. XXVIII. — Une jeune fille de 19 ans, d'une constitution délicate et d'une menstruation irrégulière, vivant dans une condition indigente, avait été deux fois chlorilique et depuis cinq mois elle n'avait pas vu apparaître ses règles; elle se traînait péniblement depuis deux semaines, paraissait très-pâle, se plaignait de vertige, d'un sommeil agité et de perte de mémoire, et ne répondait que lentement aux questions.

Le 20 novembre 1851, elle tomba de sa chaise et resta un quart d'heure sans connaissance. Le 24, vers le soir, elle perdit encore connaissance, elle eut des mouvements convulsifs dans le membre gauche, et par contre de la roideur dans le droit. Deux jours après, elle reprit connaissance; mais tout le côté droit resta paralysé autant de la sensibilité que du mouvement jusqu'au 4 décembre. A cette époque, elle avait de la peine à remuer les membres ; la mâchoire inférieure se mouvait difficilement, elle tirait la langue au dehors seulement un peu à droite, mais l'usage de la parole était complètement perdu.

Le docteur Arnold traita ce cas. du 4 décembre au 10 janvier, simplement avec le phosphore à la troisième dilution, en lui donnant chaque jour d'abord quatre fois 10 gouttes et plus tard quatre fois 5 gouttes de cette préparation. La guérison était complète à la fin de janvier 1852.

Le 6 décembre, apparut le premier signe de sensibilité et de motilité au pied et à la jambe.

Le 8, elle pouvait remuer la jambe droite tout entière, quoique difficilement et avec maladresse.

Le 10, un peu de sensibilité et de mouvement dans la main droite.

Le li, elle tirait la langue au dehors, mais toujours à droite.

Le 15, sensibilité jusqu'au bras, dont les mouvements étaient meilleurs; elle pouvait se servir de la jambe droite pour monter; l'usage de la parole était quelque peu revenu.

Le iO janvier 1852, apparurent les règles sans amener d'amélioration avec elles : ce qui prouve que le phosphore seul a guéri cette paralysie complexe. (Arnold (d'Heidelberg). — Homœop. Vierteljalirschrift, l. m, p. 173.)

nÉMIPLÉGlE GAUCUE ; PARALYSIE DE LA SENSIBILITÉ DU MÊME COTÉ ; PARALYSIE INCOMPLÈTE DE LA LANGUE; AMAUnOSE INCOMPLÈTE; AFFAIBLISSEMENT INTEL- LECTUEL A LA SUITE d'abus DE COÏT.

Obs. XXIX. — Un paysan de 40 ans, d'une faible constitution, était marié depuis dix ans sans avoir d'enfants. Depuis son mariage il avait perdu peu à peu ses forces, et il assurait que le coït l'affaiblissait chaque fois pour un jour, et, dans les derniers temps, môme pour une semaine. Depuis un an il est réellement malade, et peu à peu le devient de plus en plus. Le docteur Arnold le vit pour la première fois en février complètement paralysé du côté gauche de la sensibilité comme du mouvement, et, en outre, il parlait avec difficulté. A la jambe et au bras malades, il éprouvait par moments et sans cause de violentes douleurs accompagnées de mouvements involontaires de courte durée.

Le malade se plaignait de fréquents accès de vertige, d'embarras de la téte, et d'avoir en outre l'intelligence et la mémoire paresseuses. Aux questions qu'on lui adressait, il répondait très-lentement et incomplètement. Depuis longtemps déjà le sommeil était très-agité, et, après le réveil, il se sentait souvent épuisé. La puissance visuelle s'était affaiblie; le malade avait la sensation comme d'un -voile qui lui troublait la vue.

Le médecin qui l'avait traité jusque-là le déclarait atteint d'un ramollissement du cerveau incurable. Dans l'espace de quatre mois et en lui administrant la troisième dilution décimale (1/1000) de phosphore, le docteur Arnold améliora peu à peu l'état de ce malade à tel point que celui-ci pouvait faire de suite une demi-heure de chemin en marchant lentement et tout seul. Sa santé en était restée au même point six mois après la cessation du traitement. On ne dit pas s'il y avait également amélioration de la vue. (D' J. W. Arnold (d'Heidelberg). — Homœop. Vierteljalirschrifl, t. III, p. 170.)

PARAPLÉGIE ; INSENSIBILITÉ INCOMPLÈTE DES MEMBRES INFÉRIEURS ET DU SACRUM.

Obs. XXX. -. Madame P..., âgée de 36 ans, fut, peu après son ma-

riage, alleinle d'une paralysio dos exlrômilùa iiiTériouros. l'cndaiil Dois mois, beaucoup de remèdes furent employés sans résultai à l'hôpital de Gœttingue. Elle ne pouvait pas du tout remuer les extrémités, lesquelles avaient très-peu de chaleur et de sensibilité. Le dos était également Irès-roide, et, à un certain endroit du sacrum, ilny avait point de sensibilité. Souvent elle éprouvait un déchirement et un fourmillemeul depuis le dos jusque dans les jambes. Les autres fonctions étaient normales. Après deux doses de soufre, elle prit de l'alcoolature de phosphore, deuxième dilution, 10 gouttes tous les deux jours. Après quatorze jours de l'emploi de ce remède, elle pouvait déjà marcher à l'aide d'un bâton et sans autre médication, elle fut complètement guérie de sa maladie, (D' ENGELn.\RD. — AUgnneine Hom. Znlumj, 1854, t. XLVII, p. 172.)

PARAPLÉGIE INCOMPLÈTE A LA SUITE d'abOXDANTES UÉJIORRHAGIES INTESTINALES.

Obs. XXXL — 0 Ilaldemann, menuisier, âgé de 30 ans, employé en dernier lieu dansune scierie à eau, souffrait d'hémorrhagies intestinales depuis dix-huit mois, et d'après son estimation, il perdait chaque jour une pinte de sang artériel. Ces hémorrhagics, à peu près quotidiennes, n'avaient pas décessé pendant plus de trois à quatre semaines malgré l'emploi de tous les remèdes. L'aspect du malade justifiait assez bien son rapport. Quelque temps auparavant déjà il était incapable de travailler et très-faible surtout, le matin à son lever.» Il vint à moi en traînant les jambes l'une après l'autre comme un vieillard, et en faisant exécuter au tronc un demi-mouvement de rotation comme s'il devait pousser alternativement chaque jambe en avant pour faire un pas. Sa faiblesse siégeait surtout à la région lombaire et dans les extrémités inférieures, et il affirmait avoir conservé dans les bras toute sa force d'autrefois. Quand il se tient assis un instant, il éprouve la sensation de fourmis qui lui remonteraient le long des jambes jusqu'aux genoux, et, en outre, une sensation d'engourdissement dans les membres. Les symptômes concomitants sont : une céphalalgie continuelle, des battements dans les tempes, une douleur et une chaleur passagères à la téte et dans les yeux; le jour surtout, une toux produite par un chatouillement dans les bronches avec des crachats épais, verts et d'un goût amer. Le malade attribue cette toux à l'absorption de poussière de bois dans la scierie à eau. L'appétit du malade est médiocre; les selles sont plutôt molles, mais régulières.

« Après qu'il eut pris calcarea carbonica et china alternés pendant une semaine, chaque jour une dose, les hémorrhagics disparurent peu à peu, mais il n'y avait pas grand changement dans la faiblesse, ce qui mo fit lui prescrire le phosphore, dont l'usage fut continué pendant deux semaines (deux fois par jour) et aboutit à un résultat si complet, que dès

la première semaine il venait déjà chez moi en marchant très-vite, et, dès !a seconde semaine, il pouvait reprendre son travail chez un menuisier. » (G. B. MoNTCOMERY, d'Amérlque. — UirclieCs zeilschrîft, 1857, p. 13.)

PARALYSIE INCOMPLÈTE DES QUATHE MEMBRES ET DES MUSCLES DÉFÉCATEURS ; TÉNESME VÉSICAL; ANESTDÉSIE DES EXTRÉMITÉS, A LA SUITE d'uNE FIÈVRE TYPHOÏDE.

Obs. XXXIl. — M. âgé de 46 ans, d'une forte constitution, fut atteint, en septembre 1858, d'une fièvre typhoïde qui fut traitée par les médications ordinaires. Au commencement d'octobre, cette maladie était guérie et la tête était complètement libre; mais il s'était développé une affection de la moelle épinière que le docteur Trinks entreprit de traiter au commencement de novembre.

Le malade avait une anesthésie complète des extrémités, depuis les doigts jusqu'aux coudes et depuis les orteils jusqu'aux genoux. Il pouvait bien avec les doigts saisir un objet, mais non pas le tenir ferme. Il pouvait bien s'asseoir, mais quand il essayait de se tenir debout, ses genoux fléchissaient. Une fois assis, il pouvait remuer quelque peu H?s pieds, mais non pas les tenir allongés. Quant à marcher, il ne devait pas y songer. Quoique la température des membres fût normale, les muscles commençaient à s'engourdir et à perdre de leur fermeté. Il ne pouvait aller à la selle qu'à l'aide de lavements, et, la nuit particulièrement, il éprouvait de fiéquents besoins d'uriner qu'il devait satisfaire promptement, sous peine de voir ses urines s'échapper involontairement. Antérieurement ni à l'époque présente, on n'avait jamais observé aucune sensibilité anormale le long du canal rachidien, et il n'y avait de douleur et de gonflement à aucune des vertèbres. Le cerveau et les sens étaient pareillement intacts et l'appétit excellent.

Le docteur Trinks fit prendre, de la deuxième dilution décimale (solution au centième) de phosphore, trois gouttes chaque fois dans de l'eau, d'abord deux fois et plus tard une seule fois par jour.

La maladie s'en retourna comme elle était venue : d'abord la sensibilité revint peu à peu dans les membres supérieurs et inférieurs, la inotilité et la force augmentèrent dans les muscles, qui devinrent plus fermes, et, en deux mois et demi, le malade guérit complètement et définitivement. (Docteur Trinks (do Dresde), llomœop. Vierleljahrsclv ifi, 1860, p. 431.)

FAIBLESSE PARALYTIQUE DES JAMBES ET DES MAINS ; ANESTHlisIE DES PIEDS ; ANAPIIRODISIE, CHEZ E. D., AGE DE 34 ANS, A LA SUITE d'uNE INTOXICATION CHRONIQUE PAR LE SULFURE DE CARBONE.

Obs. XXXIIL - Pendant plusieurs jours, fc malade prend chaque jour

un milligramme de phosphore dissous dans riiuile et émulsionné dans une potion gorameuse.

Julep gommeux 125 grammes.

Huile d'olive 24 gouttes (1 gramme).

Phosphore 1 milligramme.

Ce traitement amène de la diarrhée et rétablit les forces musculaires et génésiques, après avoir produit tout d'abord des érections excessives. (Docteur Delpech, Annales d'hygiène publique et de médecine légale, 1863, t. XIX, p. 178, obs. XXIV.)

GnANDE FAIBLESSE DES JAMBES, SURTOUT DE LA DROITE; PARALYSIE INCOMPLÈTE DES FLÉCHISSEURS ET DES EXTENSEURS DES MAINS ; HÉSITATION DANS LA PA- ROLE; ANESTHÉSIE DES QUATRE MEMBRES; ANAPHRODISIE ET IMPUISSANCE, CHEZ A. D., ÂGÉ DE 21 ANS, A LA SUITE d'uNE INTOXICATION CHRONIQUE, PAR LE SULFURE DE CARBONE.

Obs. XXXrV. — Le malade prend du phosphore, qui fait disparaître tous les symptômes plus haut signalés; il reste seulement un peu de roideur et de maladresse des mains. (7d., id., p. 127, obs. III.)

Le phosphore a été employé avec succès, nous venons de le voir, contre divers états paralytiques ou convulsifs du système musculaire passés à l'état chronique. Je vais maintenant, à l'aide des observations suivantes, démontrer que ce médicament peut encore guérir des affections analogues qui se présentent dans les formes grave et maligne de certaines maladies aiguës, et ces observations, je l'espère, offriront de précieux renseignements pratiques aux médecins appelés à traiter des cas semblables.

PARALYSIE DES SPHINCTERS DE LA VESSIE ET DU RECTUM; PRCSTRATION ET INSENSIBILITÉ GÉNÉRALES, DANS UNE FIÈVRE TYPHOÏDE.

Obs. XXXV. — « Un jeune homme de 24 ans, après différentes causes d'épuisement, fut attaqué d'une fièvre putride maligne au commencement de juillet 1778. Les symptômes étaient: un abattement des forces considérable, un pouls beaucoup plus lent que dans l'état naturel, un crachement de sang sans chaleur à la poitrine, un vomissement de bile d'abord jaune, ensuite verte et érugineuse. La matière des déjections était très-fétide. II semblait que le principe de vie était totalement épuisé, et que les humeurs étaient en dissolution. Tous ces symptômes devinrent plus graves, malgré les secours qui paraissaient l?s plus appropriés, et au point que tout sentiment semblait détruit.

" Lorsqu'on leva le vésicatoire que j'avais fait appliquer, la chair de

dessous la pellicule était blafarde et insensible, le mouvement était très-faible On agitait le malade sans qu'il pût ouvrir les yeux. Si on levait les paupières on voyait les pupilles très-dilatées. La langue, muqueuse et épaisse, ne pouvait sortir de la bouche. Les genoux, les cuisses, le visage et les mains étaient froids. Il rendait depuis trois jours ses excréments et ses urines involontairement. La décomposition des humeurs paraissait être au dernier période, et son corps exhalait déjà une odeur cadavéreuse. La plaie des vésicatoires et le scrotum étaient presque atteints de gangrène. I! serait difficile d'avoir des exemples d'une putridité aussi exaltée dans aucun corps vivant.. J'avais employé comme tisane le vin de Champagne mousseux, à deux et trois pintes par jour. Résolu de mettre en usage un remède douteux, plutôt que de n'en employer aucun, je tentai le phosphore.

« Je le prescrivis à la dose de 2 grains fondus dans une cuillerée d'huile de lin, mêlée à 2 onces de looch, composé avec l'eau où avait séjourné le phosphore. ÎM. Lebel, apothicaire, prépara ce remède. On en donna dans la nuit du 23 juillet une cuillerée d'heure en heure au malade. A la visite du malin, je lui trouvai de la chaleur, le pouls rétabli, la plaie des vésicatoires ayant suppuré; les jambes étaient sensibles. Les deux gardes (car une seule ne suffisait pas) me dirent qu'à mesure qu'elles lui avaient administré ce remède, elles l'avaient vu sensiblement revenir à la vie. Une d'elles eut une frayeur extrême, parce qu'en donnant ce médicament loin de la lumière, une partie étant tombée sur le menton du malade devint lumineuse, ce qui lui fit croire que c'était du feu.

« Dès le lendemain, le malade demanda à évacuer de l'urine et à aller à la selle. Il y eut un peu de fièvre et du délire que je regardai comme étant d'un heureux présage. Le remède fut réitéré six fois dans l'espace de sept jours ; la dernière fois on le donna en lavement. Depuis cette époque, le malade est revenu de jour en jour et s'est parfaitement rétabli. » (Alponse Leroy, Mémoires de la Société médicale d'émulation, 1. 1, p. 259.)

fABALYSIE DE LA MACTIOIRE INFKniEURE, ÛES SPHINCTERS DE LA VESSIE ET DU REC- TUM ; EXTRÉMITÉS FROIDES ET TREMBLANTES; PROSTRATION EXTRÊME ET INSEN- SIBILITÉ DANS UNE FIÈVRE TYPIIOÏDE.

Obs. XXXVL— a la fin du mois d'avril 1805. K..., valet de chambre, âgé de 24 ans, dune forte constitution, fut atteint d'une fièvre intermittente tierce à laquelle succéda une double tierce. Puis après se déclare une fièvre typhoïde, forme maligne. Dans la nuit du 7 septembre, le malade est pris d'un délire violent, de convulsions et de vomissement de sang.

Le professeur Remer, consullé, trouva le malade pâle, étendu dans son lit avec un léger délire, des tremblements dans les mains et les genoux; toux douloureuse continuelle, des crachats sanguinolents, sueurs abondantes, peu d'urines, pas de selles; le pouls à 126, petit, dur et fuyant. Ce jeune homme était très-inquiet, car il donnait pour cause de sa maladie, outre un violent refroidissement et une chute de cheval, un amour malheureux. Aussi son médecin le jugea-t-il perdu en lui voyant le moral gi fortement affecté. Néanmoins il lui prescrivit toutes les ressources de la pharmacie, pêle-méle suivant un usage qui a encore bien des partisans à notre époque.

Il survint un nouveau vomissement de sang très-violent, puis une hémorrhagie par l'anus ; dès ce moment épuisement des forces.

Le 8 septembre, vingt-deuxième jour de la maladie, plus de vomissement de sang, mais vomissement des médicaments.

Le 9, "bas -ventre couvert de pétéchies, stupeur extrême; déjections involontaires, fétides et noirâtres; le pouls très-fréquent, petit et faible, l'intérieur de la bouche noirâtre; la peau brûlante avec des sueurs visqueuses. Les sinapismes, quoique ayant fortement rougi la peau, n'avaient provoqué aucune douleur.

Le 11 septembre, le malade était près d'expirer : l'œil était éteint, la mâchoire inférieure paralysée, les extrémités refroidies et tremblantes, les excrétions sanguinolentes et involontaires, la respiration stertoreuse, la face hippocratique, les pétéchies en plus grand nombre. Le malade répandait une odeur cadavéreuse et s'enfonçait dans son lit. Ce ne fut que sur les sollicitations réitérées des assistants, que le médecin ne l'abandonna pas, et se décida à lui administrer le phosphore tout en présageant la mort pour le soir. Il lui prescrivit donc la potion suivante :

Phosphore 8 grains.

Gomme arabique

Huile de pavot

Eau de cannelle vineuse

Sirop d'amande 1 once.

A prendre toutes les heures une cuillerée de la potion. Ce remède fit changer la scène. Déjà les premières doses, que le malade pouvait à peine avaler, augmentèrent l'activité de toutes les fonctions de l'organisme. Les déjections cessèrent d'être involontaires; la force musculaire parut augmentée; les extrémités se réchauffèrent, la face s'anima.

Le 12 septembre, le malade recommença à délirer, ce qui parut d'un bon augure. On répéta la môme potion avec te phosphore et on la continua de la mémo manière.

Le 13 septembre, il reprit connaissance, reconnut son médecin et voulut lui parler, mais le délire l'en empêcha. ^

Les symptômes dangereux cessèrent pendant les trois jours, du 1 4 au 16 Le malade avait consommé 40 (?) grains de phosphore.

L'épuisement des forces étant encore considérable, le médecin les rétablit en remplaçant l'usage du phosphore par celui du vm et d une nourriture animale. {Hufeland's Journal, 1809, Bd II, 7 St., p. 17. - Bibliothèque de Ihcrapculique de Bayle, t. II, p. 50.)

PARALYSIE INCOMPLÈTE DE LA LANGUE ET DES MUSCLES DE LA DÉGLUTITION ; SELLES INVOLONTAIRES DANS UNE FIÈVRE TVPHOÏDE.

Obs. XXXVII. — Le 5 janvier 1819, Emmanuel Jobert, âgé de 13 ans, est atteint de fièvre typhoïde. Le 20 janvier il présente les symptômes suivants :

Perte de connaissance et de la voix ; tremblement de la langue et impossibilité de la tenir hors de la bouche ; déglutition comme paralytique ; les yeux éteints, abattus et ordinairement fermés; respiration extrêmement douloureuse; pouls faible, inégal, intermittent, tremblotant et variable dans chaque région; déjections excessives, noires, sanguinolentes et involontaires, accompagnées de froid aux extrémités; difficulté très-grande de rubéfier la peau; gangrène des parties sur lesquelles le décubitus avait lieu, en un mot le malade était expirant.

Cet état morbide n'ayant pas été modifié par les rubéfiants, les astringents en lavements, les toniques en frictions et en fomentations et les stimulants diffusibles, le docteur Depaulx se décide le 26 janvier à prescrire :

Phosphore 2 grains.

Ether 1 gros.

Emulsion d'amandes douces. . 6 onces.

A prendre une demi-cuillerée toutes les heures. On eut beaucoup de peine à faire avaler les quatre premières demi-cueillerées, tant la déglutition était diflicile; les suivantes passèrent plus facilement. Mais bientôt des cris plaintifs et non interrompus, la vivacité des yeux que le malade n'avait presque pas ouverts depuis huit à neuf jours; une sueur générale accompagnée d'une très-grande chaleur, une agitation continuelle et une fièvre des plus intenses ayant annoncé une vive irritation de l'œsophage, de l'estomac, dos intestins et une exaltation des forces portée au dernier degré, on cesse l'émulsion phosphorique dont le malade n'avait pris que le quart. Le 27, le calme est rétabli, une notable amélioration se déclare, la guérison survient progressivement, et malgré les nombreux abcès en diverses parties du corps et la suppura-

tion énorme résultant de la chute des escarres gangréneuses, le jeûna Jobert était en pleine convalescence au 22 février. [Diblioùièque de tliérapeulique de Bayle, 1830, t. Il, p. 92.)

SELLES involontaires; la parole difficile; l'ouïe dure dans ONE FIÈVRE

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