ACTE DEUXIÈME
RENÉE, riant.
Vcux-tu un gage ?
VALENTINE, avec tristesso.
Tu ris do tout... tu es heureuse !
RENÉE
De quel air tu médis cela !
VALENTINE
Tu sais que c’est aujourd’hui ma fête...
nENÉË.
Et tu es triste ?
VALENTINE
Non! je suis malade ! Le docteur l’a bien deviné... je lui ai ri au nez... mais il a raison, je suis nerveuse... depuis quelque temps ces crises de mélancolie me prennent ; j’ai des peurs étranges... le bruit seul d’une porte qui s’ouvre me fait tressaillir... Aujourd’hui, jour de ma fête, je ne veux attrister ni ton père ni nos amis qui sont venus me complimenter et c’est pourquoi j’affecte une tranquillité que je n’ai pas !
RENÉE
Tu me fais peur 1 '
VALENTINE
Oh 1 le mal n’est pas si grave qu’il faille s’en effrayer ! Je suis peut-être plus capricieuse que malade... Aussi, par caprice seulement, je te prie de me tenir compagnie toute cette journée, de ne pas me quitter d’un instant, d’un seul... nous causerons de ce que tu voudras, jusqu’à ce soir... cela ne t’ennuieras pas ?
RÉNÉE.
Je crois bien I d’ordinaire, c’est toi qui me renvoies toujours et tu restes des heures entières à songer comme un philosophe.
VALENTINE, riant.
Folle, va !
RENÉE, apercevant Henri qui s'avance par le fonJ.
Ail 1 (Elles se lèvent.)
VALENTINE, souriant.
Cette fois, c’est toi qui as peur 1
RENÉE
Oh ! non !