ACTE DEUXIÈME
HENRI, vivement.
Vous VOUS trompez, (lisse rapprochent Ions doux.)
VALENTINE, sc mettant entre enx avec nn sourire charmant, à Ilonri"
Ah I vous aimez quelqu’un ?... Alors diles-nous qui?...
HENRI, s’éloignant après avoir hésité.
A quoi bon?... (Tristement.) Mon amour est sans espoir 1
VALENTINE
Pourquoi ?
HENRI
Elle est riche et je suis pauvre.
VALENTINE
Oh ! de l’orgueil 1
HENRI
Non, madame.
RENÉE
Si, monsieur, de l’orgueil !
VALENTINE
Mais vous n’êtes pas un artiste, vous ! vous ne vivez pas dans le pays du rêve au point d’oublier les réalités les plus douces!... Prenez-y gardel... le bonheur de toute voire vio dépend peut-être de ce premier amour 1 et non-seulement votre bonheur, mais celui de l'enfant qui a foi dans vos paroles ! vous ne vous sentez donc pas l’énergie de conquérir celle que vous aimez ? Vous allez vous répétant sans doute les paradoxes énervants dont les faux talents de notre époque sont si prodigues... le mariage est une chaîne, l’homme de génie doit vivre libre !... il faut être riche pour aimer!... Que sais-je? Ah ! quel supplice vous vous préparez !
HENRI
Vous vous trompez, madame. Je ne crois pas, avec tant d’esprits douteux, qu’il faille être riche pour aimer I ni pour être aimé. Je pense seulement qu’un honnête homme no peut pas prétendre à une union où il ne lui est pas permis d’apporter un équivalent de fortune, do rang et d’avantages, à moins d’accepter un rôle odieux tôt ou tard.
RENÉE
Toujours de la fierté !
HENRI
Non! mademoiselle, dites de la probité, (a Vaieniino.) Écoulez, madame je vous dois toute la vérité; mon oncle est riche, mais sa fortune doit retourner à un... parent... dont la présence me retire des éventualités qui pouvaient seules
me permettre de réaliser mes plus chères espérances. Un jour... plus tard, la charmante enfant que mon cœur avait choisi sera mère de famille I heureuse!... Elle me remerciera de ma résignation passée... elle se dira... Cet homme était plus âgé que moi... il connaissait les devoirs de la vie ! il n’y a point failli 1... Et quand elle paraîtra souriante, admirée et respectée de tous, dans ce monde où l’on chuchote des mots si terribles à l’endroit de certains actes, quand elle verra de quel mépris on frappe certaines fautes, elle comprendra que cet homme l’a sauvée d’un malheur irréparable, celui d’aimer son mari et de ne pouvoir l’estimer I
RENÉE, s’avançant vivoment vers Henri comme pour lni serrer los mains, puis s’arrêtant avec une gravité émue.
Monsieur Perrier, voici ma réponse : je ne me marierai jamais 1
HENRI
Mademoiselle !...
VALENTINE, à part, regardant Renée.
Enfant ! Allons ! je veillerai sur leur bonheur, cela me consolera... (On entend sonner une cloche.) On sonne le déjeuner, venez. (Maximo parait au fond.) Venez vile !... (Elle preud le hras que lui offre Henri et s’appuie sur l’épaule de Renée ; h part.) Comme Cela je suis forte ! (Tous trois sortent par la gauche.)