‹ Les parasites drame en cinq actesChapitre 42 sur 85 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

LE COMTE, allant vors le buste.

Messieurs, nous sommes réunis pour l’inauguration du buste de la comtesse, dont c’est aujourd’hui la fête. Avant tout, procédons à la cérémonie.

OCTAVE

Je demande à prononeer le discours.

LE COMTE

Admirez d’abord, et applaudissez ensuite, cela vaudra mieux! (Il va pour soulever le voile qui couvre le buste, Maxime l'arrête.)

Permettez, monsieur, permettez...

LE COMTE

Qu’y a-t-il?

MAXIME

Je n’ai pas tout à fait terminé.

VALENTINE

Il me semblait que si.

MAXIME

Vous oubliez, madame, que depuis huit jours vous ne m’avez accordé qu’une séance, et encoreai-je dû travailler devant tout le monde, au milieu des conversations, ce qui distrait toujours un peu.

LE COMTE, avec grâce.

Le fait est, ma chère amie, que jamais modèle ne fut plus indocile, je dois vous rendre colle justice... Un peu plus, je dirais même que vous y avez mis de la mauvaise grâce.

VALENTINE

Vous vous trompez, je n’y ai mis aucune mauvaise grâce, j’ai craint que nous ne fussions indiscrets envers M. Roland en l’obligeant à perdre ainsi un temps précieux, voilà tout.

MAXIME

Dans tous les cas, madame, je ne pouvais pas le consacrer à un modèle plus charmant.

LE COMTE, souriant.

Chère amie, vous n’avez plus le droit de vous plaindre... c’est l’artiste qui se venge, (a Maxime.) Est-ce que vous en avez encore pour longtemps?

Non... quelques retouches... presque rien...

LE COMTE

Ce qu’on appelle la dernière main. Alors, nous vous laissons.

VALENTINE

M iis...

LE COMTE

Qu’avez-vous ?

VALENTINE, troublée.

Moi? rie;)... Seulement, rester encore une heure immobile 1

LE COMTE

• Une heure est si vite passée!.. Je vous le demande en grâce... Je tiens beaucoup à votre buste.

Soit; Renée me tiendra compagnie.

LE COMTE

J’ai besoin de causer avec Renée et avec Henri. M. Octave est trop bavard, il gênerait Maxime... Pendant ce temps, il ira tuer un faisan dans le parc.

OCTAVE

Mille sangliers l’épée à la main! très-volon tiers!

LE COMTE, à Renée.

Viens, petite.

VALENTINE, h Renée qui la regarde.

Va!

LE COMTE, h Valentinc.

Ma tante reste ici... vous ne serez pas seule. (Haut.) Nous VOUS laissons, Maxime, (il va baiser la main de mademoiselle do Korkeradec et sort avec Renée.)

MAXIME

Deux coups de ciseau et j’ai fini.

/ OCTAVE

La signature du grand homme! A bientôt! (Octave, le

docteur et Ilonri sortent.)

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