ACTE DEUXIÈME
MAXIME, désignant une chaise à droite.
VALENTINE
MAXIME
Je vais rapprocher mon tréteau.
VALENTINE
Il me semble que vous cherchez l’endroit le moins éclairé de la serre.
MAXIME
Justement, madame; dans le clair-obscur l’ensemble apparaît plus saillant... C’est l’ensemble que je désire retoucner... 1 impression générale que je veux saisir.
Comme il vous plaira. (Elle change do place, Maxime rapproche son établi. )
MADEMOISELLE DE KERKERADEC, d’ano voix trainanto.
Monsieur Maxime ?
MAXIME
Mademoiselle?...
MADEMOISELLE DE KERKERADEC.
Voulez-vous me donner mon livre?
MAXIME
Voici, mademoiselle, (il apporte le livre.)
VALENTINE
monsieur ?^ ro ^ er ’ s * vous n ^ v °ycz pas d’inconvénient,
MAXIME
Il y en a un grand, madame.
VALENTINE
Ah!
MAXIME
Il faut me regarder bien en face; l’œil, qui est lé miroir de la vie, est le desespoir de la sculpture ! (n debarrasse le buste de scs linges et prend son ciseau.) Ah ! madame, vos yeux ont en ce lurdM Une t,x P ress * on de froideur qui ne leur est pasna-
VALENTINE
m nV K -*i eS j- e mir ?’ p de l’àme!... je n’y puis rien changer, maigre le desespoir de la sculpture!..
MAXIME, ontro ses donls.
Oh I j en lerai bien jaillir une étincelle! (Mademoiselle do
Kerkcradec laisse tomber son livre. H se relonrne.) Hein? (A part, il va ramasser le livre et le repose doucement sur le fauteuil.) Elle s’endort... si j’osais!...
VALENTINE
Je tremble... (Regardant mademoiselle de Kerkeradoc.) Je Vais... MAXIME, d’une vois plus basse.
De grâce... restez immobile, madame la comtesse, je n’ai qu’une heure, (il faitsembiaut de travailler, Valentine retombe sur sa chaise.)
VALENTINE, à part.
Celle heure finira-t-elle jamais 1... (Le livre de mademoiselle do Kerkeradoc retombe one seconde fois.)
MAXIME, & part.
Cette fois elle est bien endormie! (n redescend un peu du côté do Valentine, celle-ci se lève subitement, il g’avanco vivement vers elle do façon à lui barrer le passage.)
VALENTINE, & demi-voix.
Monsieur Roland...
MAXIME, de même.
Par pitié 1
Laissez-moi !
MAXIME, suppliant.
De grâce !
VALENTINE, faisant le geste d'aller vers mademoiselle de Kerkeradec.
Je vais la réveiller.
MAXIME
Oh! non! Je vous en prie, ne l’éveillez pas... restez!... (il s’éloigne un pou.) Je me tiendrai loin do vous... aussi loin que vous voudrez, mais... restez! .. (Valentine le regarde uninstant, son attitude semble la rassurer, elle s’assied ; Maxime laisse échapper un mouvement do joie, il fait un pas vers Valentine, elle so lève, il s’arrête. Un silence.) Mais c’est donc vrai ? De ce pauvre passé tout parfumé des fleurs de notre jeunesse, il ne vous reste rien dans l’âme, pas même un lointain souvenir?.,.
VALENTINE, émuo.
Rien !
MAXIME, avec un sanglot.
Oh! Valentine!
VALENTINE, fermoment.
' Rien!