‹ Les parasites drame en cinq actesChapitre 46 sur 85 · MAXIME, OCTAVE · texte numérisé non relu

MAXIME, OCTAVE

OCTAVE, passant sa léto par la porte du fond.

Ne bouge pas! Ton geste est superbe!... attends que je prenne un bout de fusain.

MAXIME

Ah! c’est toi!

OCTAVE, entrant.

Oui, moi, qui salue votre seigneurie! Peut-on entrer ?

MAXIME, s’asseyant sur le divan de droite.

Ah ! il est bientôt temps de le demander.

OCTAVE

Toujours d’une humeur de dogue! diable, ça devient périodique! Tu ne mords pas, au moins ?

MAXIME

Écoute, fais-moi grâce de tes bouffonneries aujourd’hui... Je suis disposé à jeter quelque chose par la fenêtre 1

OCTAVE

Du moment que ce n’est pas quelqu’un...

MAXIME

Octave, crois-moi, va-t’en!

OCTAVE

Oh! pour ça non! J’ai fait une provision de bons conseils et de bons mots à ton intention; il faut que je la dépense.

MAXIME, frappant dn pied.

Je n’ai pas besoin de tes conseils. Quant à tes bons mots, garde-les pour ton livre! Il en a plus besoin que moi.

OCTAVE, s’asseyant à gauche.

Ilarnibieu ! tu m’insultes 1

MAXIME

C’est que je suis las à la fin de ta morale d’estaminet! de ton jargon de bohème, de tes suggestions de roué vulgaire! Si tu as la cervelle trop étroite pour comprendre ce que c’est qu’une passion, cette chose divine, profonde comme la mer! ardente comme la flamme ! radieuse comme le ciel ! si ton cœur n’est pas l’ait pour palpiter ni bondir, du moins ne viens pas jouer à mes côtés le rôle de l'insulteur romain !

OCTAVE

Pardon, mon cher, puisque nous nous promenons dans l’antiquité, permets-moi de te dire que l’insulteur était spécialement préposé au char du triomphateur! or, ce n'est point positivement sur un véhicule ae cet acabit que tu le fais voitureren ce moment! ton exaspération même me démontre surabondamment que dans ces derniersjours que lu viens de passer auprès de l’ange de tes rêves, tu as été fortement étrillé!

MAXIME, avec colère.

Octave 1

OCTAVE

Et j’ajoute que j’en suis ravi ! Parce que tu finiras bien par renoncer a tes idées de conquête 1.. et ce sera fort heureux, pour toi d’abord, et pour l’art ensuite! Pour l’art, malheureux, que tu négliges depuis six mois, et qui un iour, quand tu voudras rentrer dans le temple, t’en refusera la porte comme un concierge qui n’a pas reçu ses étrennes! Tu ne travailles plusl tu as mis autant de temps à faire le buste de madame de Caslcineuf que le prudent Ulysse à introduire son cheval de bois dans le camp des Troyens! un

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