‹ Les parcs et jardins au commencement du xxe siècleChapitre 22 sur 97 · PRÉVISIONS · texte numérisé non relu

PRÉVISIONS

partielles.

totales.

Massif n° 1, 50 m. sur 5m. =

250 ma.

Plantation a i mètre en moyenne.

Nombre total des végétaux h employer (a)

Arbres de 1P0 grandeur (6)

Arbres baliveaux (c)

Arbres décoratifs (d)

Arbustes persistants < . . . . ,1

( intérieur (f)

. , . , ( bordure (g)

Arbustes caduques g ^^^ {k)

Plantant à 1 mètre de distance entre végétaux, le rapport est de 1 p. 100, soit 250 plantes, chiffre à inscrire en a.

Les arbres de première grandeur étaient plantés à 6 mètres, la quantité à prévoir sera de 250 X 0,02778 = 694, soit 7 . ou 6 suivant que l'on veut serrer plus ou moins. Ce /y*-* % chiffre est à inscrire en b : soit 6. / /

Les arbres baliveaux plantés à la même distance / / /•

donnent le même nombre à, inscrire en c : soit 6. / / \ /

Le nombre des arbres décoratifs est laissé à l'ap- \ •

prédation de l'auteur du projet : soit 5 à inscrire \ |j\ / •!

enrf. V\

\ \ •• • ^ En retranchant ces prévisions, soit 6 + 6+5= \\

\ \ ' * • 17 du chiffre total 250, il reste 233 pour les arbustes. \ \ / /#

La bordure extérieure du massif ayant 50 + \ #g

5 + 5 soit 60 mètres au total, il faudra, en plantant à 1 mètre, 60 plantes et, pour 2 rangs, 120 dont 1/3 de persistants, soit 40 à inscrire en e, et 2/3 de caduques, soit 80 à inscrire en g.

Restent pour l'intérieur 233 — 110=1 13 dont 1 /3 de persistants, soit38 à inscrire en/ et 2/3 caduques, soit 74 à inscrire en h. Le total du tout doit égaler le total général prévu. Ne sont pas compris dans ces prévisions les végétaux en décrochements.

9° Bordure des massifs du côté des allées. — Une zone d'isolement doit toujours exister entre la partie labourée du massif et l'allée (fig. 119). Si le sous-bois le permet, cette zone est généralement en gazon et d'une largeur qui ne peut être inférieure à 0m,50; si le sous-bois est trop ombreux, cette zone se fait en lierre d'Irlande ou des bois ou en toute autre plante traçante venant à l'ombre.

10° Bordure des massifs du côté des pelouses. — La bordure d'un massif

du côté des pelouses se fait suivant le dessin déterminé par la composition du plan (fig. 124, ligne pointillée) et c'est en décrochement sur cette ligne que viennent se placer les arbres et arbustes de choix, réservés dans ce

Fig. 125. — Plantation (bordure de massif, côté pelouse).

but, de façon à faire continuer le massif, ainsi qu'il a déjà été dit, sur le gazon même et à dissimuler la ligne de limite entre la plantation et la pelouse. Cette limite serait toujours désagréable à voir ; on doit la rendre incertaine par une plantation qui parait jetée au hasard bien qu'elle soit étudiée en vue d'obtenir cet effet (fig. 125).

11° Plantations en décrochement. — Les arbustes en décrochement se plantent : groupés autour d'un isolé de choix (fig. 126), par groupes uni-

Fig. 126. Fig. 127. Fig. 128. Fig. 129. Fig. 130.

formes ou variés; (Ex. groupe uniforme — 3 mahonias aaa (fig. Wi) groupe varié — 2 mahonias a a et un fusain duc d'Anjou b (fig. 128) ; ou

encore 3 mahonias a a a et 2 fusains duc d'Anjou b b (fig. 129) ; ou toute autre combinaison analogue.

Il est à remarquer que les arbustes ne se groupent bien que par 3 ou

Fig. 131. — Plantation en décrochement.

par 5 et qu'on ne peut avantageusement les employer par quatre que

^4/ L<cV

Fig. 133.

pour accompagner un isolé (Tig. 130), isolé a arbustes d'accompagnement bb—b b

Dans les jardins de ville de peu d'étendue, les parties extérieures d'un massif, c'est-à-dire celles situées du côté du gazon, peuvent, comme nous l'avons vu, en être séparées par une zone fleurie. Dans ce cas, la planta-

Fig. 134.

Fig. 135.

tion en bordure du massif se fait régulièrement suivant une courbe et la zone de fleurs le borde également régulièrement (fig. 132). Nous nç condamnons pas ce procédé ; mais nous n'en préconisons nullement l'emploi et nous préférons, pour avoir de la fleur, la plantation en décrochement,

suivant les principes établis plus haut, d'un /*-Y^] 1^3 nombre suffisant de plantes vivaces, de pré-

■%#/ r-^\ férence, ou seulement annuelles.

Lorsqu'il s'agit d'un massif divisé en deux par une allée, (fig. 133) l'habitude fait qu'on plante des végétaux de bordures des deux côtés de l'allée (a b et a! b') constituant ainsi deux massifs distincts x et x\ coupe m n (fig. 134).

A notre avis, c'est un non-sens : les massifs x et a? doivent être considérés comme deux tronçons d'un seul massif coupé par une allée et, dans ces conditions, on doit s'efforcer de lui conserver son mouvement d'ensemble (fig. 135 coupe m n) en plantant des végétaux d'intérieur en bordure des deux côtés de l'allée, ainsi que des arbres de première grandeur formant le fond du massif (fig. 136) et en réservant les plantes de bordure pour les côtés extérieures a c b et a1 rf b' (même figure).

12° Conclusion. — Les arbres, les arbrisseaux et les arbustes étant les principaux matériaux qui entrent dans la composition des massifs, on doit les employer de façon à en tirer le plus d'avantages possible pour donner aux masses des plantations plus ou moins de profondeur, plus ou moins d'élévation. Ici, elles pourront être irrégulièrement arrondies ; là, plus

arbres de l*î* orandeur o

Fig. 136.

allongées, plus inégales. Tantôt, pour les faire contraster, on mettra des groupes en opposition ; tantôt on les réunira par des liaisons intermédiaires; on les rendra plus sombres ou plus aériennes en les composant de plantes à feuillages foncés ou à feuillages plus ou moins légers ou plus ou moins élancés. Veut-on donner à sa composition toute la fraîcheur, tout Téclat qui conviennent à la scène et à la saison ? Qu'on mette en concordance les arbrisseaux et les arbustes les plus riches en feuillage et en fleurs. Veut-on de l'ombre ? Aux endroits voulus, qu'on rapproche les

Fig. 137. — Allée traversant un massif.

arbres les plus élevés pour que leurs branches forment, par leurs enlacements, des voûtes ombragées. Désire-t-on faire paraître plus épais qu'il ne Test réellement un massif continu bornant une clairière? Il faut donner, par des saillies et des renfoncements, du mouvement à sa ligne extérieure et l'œil trompé par le jeu de ce cadre accordera au massif une profondeur qu'il n'a pas.

C'est par l'effet de ces combinaisons que les massifs se montrent avec leur maximum d'avantages et font rechercher ceux qu'ils cachent en donnant un attrait de curiosité à la promenade.

Un autre point important, qui dépend de l'attention et des connaissances dendrologiques de l'architecte paysagiste, est la distribution des

arbres, des arbrisseaux et des arbustes, de façon'que leurs fleurs s'associent figréablement, quand on veut qu'elles se montrent dans la même saison, ou se succèdent pour nous faire jouir longtemps de cette brillante production.

Nous ne parlerons pas des connaissances qu'exige l'art de planter, ni des préparations préliminaires qui doivent précéder la plantation ; ces connaissances tiennent de la science horticole que ne doit pas ignorer celui qui se livre à l'art des jardins.

h) Groupes isolés. 1° Exposé et théorie. — On entend par groupe, la réunion de plusieurs arbres de même nature ou de natures diverses, placés avantageusement, à des distances variant suivant les essences, mais toujours assez grandes pour laisser circuler l'air entre les divers sujets. Ils sont destinés, par leur aspect, leur arrangement, leur tenue, à orner les pelouses, les points de vue ou à caler des bois ou des massifs auxquels ils peuvent se relier.

Les groupes sont clairs ou touffus; clairs, lorsqu'ils sont composés d'arbres ou d'arbustes seuls; touffus, lorsqu'ils sont composés par un mélange d'arbres à haute tige, d'arbrisseaux, d'arbustes et même de plantes grimpantes.

Les groupes peuvent être employés dans bien des cas à la place de massifs et ils ont l'avantage sur ces derniers, tout en faisant masse, de permettre à la vue de passer à travers leurs tiges et sous leurs feuillages, en laissant parfois la libre circulation au promeneur.

Les groupes doivent être disposés de manière à être bien en vue et ils trouvent naturellement place aux flancs des massifs, au milieu des clairières, aux départs des points de vue, aux carrefours des allées, au bord des eaux.

Ils se composent au minimum de trois arbres. Les quantités d'arbres varient suivant les dimensions à donner aux groupes et celles-ci peuvent être modifiées à volonté sans autre condition que celle d'être en rapport avec la nature et avec l'étendue des sites où les groupes sont placés.

2° Groupements d'isolés pour flancs de massifs. — Le meilleur groupement d'isolés sur flanc de massif est, comme nous l'avons dit, le groupement par trois qui permet d'avoir deux arbres a et b (fig. 138), d'une

essence se développant plus fortement ou moins fortement, suivant l'effet qu'on veut obtenir, que celle du troisième arbre c.

Si les arbres a et b sont choisis plus forts que l'abre c, celui-ci forme

(*>vê).

une pointe avancée; pris moins forts, l'arbre c devient mieux isolé et forme une pointe dominante.

Le groupement par 4 ne doit s'employer que dans le cas d'un arbre fort et très élancé placé en a (fig. 139) (peuplier d'Italie par exemple) entouré de 3 arbres b b' b" de moindre importance et de même espèce

Fig. 141.

Fig. 142

Fig. 143.

(saule pleureur) ou encore b et b' étant d'une espèce et b" d'une autre. Le groupement par 4 d'une même essence laisserait trop peu de place à l'arbre a dans le premier exemple ; et, dans la disposition indiquée par la figure 140, les arbres plantés à égale distance formeraient un ensemble trop compact et peu élégant.

Le groupement serré, par 5 (fig. 141) , est mauvais : les arbres, quoique plantés normalement, se présentant trop sous l'aspect de massé uniforme. Le même groupement sur une plus grande étendue (fig. 142) est meilleur et doit comprendre 3 sujets sur la ligne toujours brisée b b' b" le long du

massif et à égale dislance les uns des autres, et deux sur la ligne extérieure a d à une distance égale à celle des précédents. Ces arbres se groupent d'ensemble en prenant a et d semblables et b b' b" semblables ou en choisissant b' d'une essence et b a d b" d'une autre. Ce sont deux groupements recommandables aussi bien sous le rapport de l'étendue, de l'importance comme nombre que de la silhouette décorative qu'ils présentent. L'expérience a démontré qu'en décrochements de massifs, 5 est le nombre maximum des arbres à employer et qu'il ne doit jamais être dépassé ; mais si l'on veut corser le groupe, on peut planter en sous-bois (fig. 143) des végétaux d'importance beaucoup moindre (o)en s'arrangeant de façon à maintenir entre eux le même écartement qu'entre ces végétaux et les arbres plus forts (#) .

3° Groupement d'isolés sur les gazons. — Les isolés sur les gazons se groupent de préférence par 3, 5, 6 et 7 ou au-dessus. Le groupement par

Fig. 141. Fig. 145. . Fig. 146. Fig. 147.

3 ne doit comporter que des sujets de même essence (fig. 144). Le groupement par 5 peut comprendre ou un sujet central a (fig. 145) et 4

Fig. 148. Fig. 149. Fig. 150.

autres sujets b b b b. d'une autre essence; ou un sujet central a (fig. 146) d'une variété, 2 sujets b b dune autre variété et 2 sujets b' V d'une variété encore différente, le tout appartenant à la même essence; ou

encore le sujet central a d'une essence, b b et b' V de deux essences différentes. Le groupement par 4 sur une pelouse est à écarter lorsqu'on veut grouper des sujets de même essence et de même variété à cause de l'aspect de lourdeur et d'uniformité qu'il présente toujours. Il peut être admis lorsqu'on compose le groupe de 2 sujets d'une même variété ou essence a a (fig. 147) et de 2 sujets b b d'une autre variété ou essence.

Ce groupement est toujours admis au croisement de deux allées pour meubler les quatre points de raccordements en laissant passer la vue (fig. 148 et 149).

Le groupement par 7 est un maximum pour des groupes d'essences forestières ou d'ornement à grand développement. 11 permet également d'avoir le milieu d'une variété ou essence a et, au pourtour, deux autres variétésou essences b b bel c c c (fig. 150). L'importance d'un groupement dépend de l'emplacement qu'il occupe.

4° Groupement des résineux. — Les résineux constituent une puissante ressource pour la décoration d'un parc ou d'un jardin et quoique, dans bien des cas, leur présence ne puisse s'expliquer naturellement, on n'hésite jamais à les employer. Ils ont l'avantage de donner de la verdure en hiver comme en été, d'apporter une note sombre qui tranche sur tous les autres verts. Ils sont à grouper sur les pelouses à des endroits bien en vue et plus particulièrement sur les flancs de massifs; dans les percées, soit en décroche- Fig. 451.

ment, soit en enfoncement, et, de préférence, dans les milieux clairs. Le nombre de résineux à employer est le même que pour les autres arbres, mais le chiffre 7 n'est plus alors un maximum. L'emplacement dont on dispose doit servir de guide, et c'est surtout le genre adopté et l'effet recherché qui contribuent à donner de l'importance à un groupement de ce genre. Un carrefour d'allée dissimulé par un beau groupe de résineux possède un charme et un effet décoratif qu'on nepeut nier (fig. 151).

5° Répétition des groupes. — Les groupements des essences forestières ou d'ornement indigènes ou d'acclimatation courante se font, dans l'ensemble, comme ceux des massifs indépendants. De même que pour ceuxci, le chiffre 3, correspondant aux trois sommets d'un triangle visuel, est

indiqué, par la pratique et par les exemples, comme devant être choisi en principe (fig. 152). On comprendrait difficilement un groupe de platanes seul sur l'ensemble A B CD, alors qu'il est très naturel qu'étant sous un groupe de ces arbres, en #, on cherche immédiatement s'il ne s'en trouve pas d'autres. Si on en découvre en b et en c, on ne peut qu'en être agréablement frappé.

La théorie des admirateurs de la nature, théorie poétique entre toutes, dit que la nature ne compte pas, qu'elle place au hasard et qu'un groupe

Fig. 152.

d'arbres, quel qu'il soit, n'a pas besoin d'obéir à des combinaisons pour être beau. Il est bien certain que la nature ne compte pas, mais, dans l'ensemble d'un de ses paysages, on ne verra jamais un seul groupe d'une même espèce ; il y en aura toujours, au contraire, plusieurs groupes bien distincts et espacés les uns des autres.

Certes, un groupe d'arbres bien venus est toujours beau à voir ; mais on ne peut contester que, lorsqu'un groupement est étudié, soit au point de vue du mélange des couleurs et des feuillages, soit au point de vue des silhouettes, il gagne en distinction et en beauté. Et si l'on devait admettre avec lesgens plus rêveurs que pratiques qu'il ne faut pas corriger la nature, il suffirait alors, pour créer un parc, de laisser en bois ou en isolés ce que, le vent aidant, la nature aura groupé ou isolé, de laisser le reste en prairie, de placer la maison au point culminant et de desservir le tout par des

te

allées simplement ouvertes dans le sol naturel. De là à admettre que pour faire une maison il suffit de trouver dans la nature un abri propice et de s'y installer le plus naturellement possible, il n'y a qu'un pas. Ce dernier raisonnement est aussi inexact que le précédent et aussi peu soutenable. On peut en conclure qu'un parc est une œuvre d'art comme la maison en est une et qu'à ce titre les traces de l'intelligence humaine doivent s'y révéler, même pour le placement des arbres.

6° Combinaison des mélanges. — Les combinaisons de mélanges sont infinies, mais il faut dans ces combinaisons tenir compte des principes suivants : masser de préférence entre eux les arbres touffus d'une forme régulière et tranchée, au lieu d'en barioler gauchement tous les groupes: (exemple les conifères); éviter les effets disparates par un assortiment gracieux de formes qui se lient les unes aux autres, sans solution choquante de continuité ; ménager les oppositions; ne jamais les prodiguer; ne pas abuser des contrastes brusques.

i) Arbre isolé. — L'arbre isolé est celui qui, soit détaché d'un massif ou d'un groupe auquel il peut se relier, soit jeté sur une pelouse ou en bordure d'une allée qu'il ombrage, doit son agrément à cet isolement même. Il faut employer l'isolé avec modération, car en multiplier le nombre serait en rompre le charme ; éviter de les disposer d'une manière confuse et monotone, car on nuirait ainsi à l'effet obtenu.

L'arbre isolé peut être aussi bien employé dans un jardin que dans un parc ou dans un domaine; il paraît d'autant plus majestueux qu'il est plus en vue ou placé dans une carrière plus vaste. L'emplacement qu'il doit occuper est indiqué par la nature du site environnant, par les points de vue et par le genre adopté pour le dessin.

Les arbres isolés suivent au point de vue du placement les mêmes règles que les groupes. Les arbres indigènes comme ceux acclimatés qu'on veut isoler doivent donc se retrouver dans l'ensemble des plantations.

Le choix d'un isolé est le plus souvent déterminé par son essence, son développement en rapport avec l'entourage et par l'espace dans lequel il doit être placé. L'isolé est employé pour produire un effet déterminé : on peut en faire usage pour masquer ou accentuer un point dans une perspective.

Ce qui le rend toujours intéressant, c'est la grandeur et la beauté de son feuillage; la grosseur de l'arbre à choisir, sa singularité, sa gracilité, sa situation dans l'ensemble déterminent l'espèce dont il faut faire usage.

Les isolés doivent être plantés à des distances assez grandes des groupes pour ne pas se confondre avec eux.

Deux cas peuvent se présenter pour un isolé placé sur le flanc d'un massif, ou au devant d'un bois, ou en bordure de percée : s'il est placé

Fig. 154. — Arbres d'alignement.

pour prolonger le massif, rompre ou diversifier l'alignement trop uniforme d'un bois ou d'une percée, il doit être semblable aux arbres voisins ; s'il est placé comme isolé, il faut qu'il soit distinct, par sa forme et sa verdure, des plantations environnantes.

Pour constituer un fond de plantation d'isolés, lorsque les circonstances le permettent, il faut autant que possible conserver les arbres existants. Un arbre déjà vieux, bien que ne présentant pas toujours toutes les qualités requises, est cependant préférable à un autre plus jeune qu'on planterait à sa place ou à proximité. Même si ce dernier remplissait toutes les conditions recherchées, il n'en donnerait pourtant que l'illusion, son développement complet et suffisant pour réaliser l'effet voulu ne devant être atteint que dans un temps relativement éloigné.

j) Arbres d'alignement. — Les arbres d'alignement sont des arbres isolés placés à des distances régulières de chaque côté d'une avenue ou plantés symétriquement, suivant différents dessins, en bordure ou à l'intérieur des salles vertes, promenoirs, ronds-points ou terrasses (fig. 154). Les arbres plantés sur les avenues, boulevards ou places publiques d'une ville sont des arbres d'alignement.

Ils sont appelés, suivant le cas, à constituer, soit naturellement, soit gfe rgg£ par une taille appropriée, des effets décoratifs qui,

bien qu'appartenant au style régulier, trouvent leur ^-^fp' place dans l'ornementation du jardin paysager, £ jf|; comme nous l'avons indiqué plus haut.

§|f Certaines essences se prêtent plus facilement à la

i^ ' "fpi'' taille que les autres, mais presque toutes les essences indigènes peuvent être employées en bordure d'avenue dans un parc : le bouleau, l'orme, le platane, le tilleul, le marronnier, l'acacia sont plus couramment usités; mais on peut employer aussi le vernis, le paulownia, etc., et même les résineux tels que l'épicéa et le cèdre.

Lorsqu'on ne dispose que d'un sol pauvre, les arbres d'alignement doivent être plantés dans des trous creusés spécialement pour chaque arbre, quand ceux-ci sont relativement éloignés les uns des autres (fig. 155) ou en tranchée, dans le cas contraire (fig. 156).

Plus le fond du terrain est mauvais, plus il convient d'augmenter le cube du trou : les dimensions minima à lui donner sont de lm,50 sur lm,50 et 1 mètre de profondeur, pour les trous carrés qui sont préférables, etde 1 mètre de rayon, pour les trous ronds, sur la même profondeur.

En cas dé plantation au chariot, les trous se font généralement de 3 mètres sur 3 mètres et lm,10 de profondeur.

Une tranchée doit avoir au minimum 2 mètres de largeur et 1 mètre de profondeur. La mauvaise terre des trous ou tranchées doit être remplacée par de la bonne terre qu'on laisse tasser quelque temps avant la plantation . Cette précaution est toujours bonne à prendre, car, en plantant dans un trou ou dans une tranchée fraîchement remblayés, l'arbre suit le tassement dont on ne se méfie pas assez et il se trouve avoir, par la suite, son collet beaucoup trop enterré.

Nous ne parlerons pas du rafraîchissement des racines, des élagages

de branches et des précautions à prendre pour une bonne plantation et pour assurer à, l'arbre toute chance de reprise : ce sont là des connaissances élémentaires que tout architecte paysagiste doit posséder.

k) Massifs de terre de bruyère. — À proximité de l'habitation — où ils ornent très richement le voisinage — ou à des endroits abrités et les plus fréquentés de la promenade, trouvent place les massifs de terre de bruyère — rhododendons, azalées mollis, etc. — dont la floraison prinlanière est d'une grande ressource.

Trop délicats pour être abandonnés dans les endroits éloignés, trop frêles et presque toujours trop peu élevés pour être isolés au milieu des grands espaces, ils ne peuvent logiquement être installés, en dehors du pourtour de l'habitation et de ses dépendances telles que jardin d'hiver, pieds d'une terrasse, parterre français, que pour l'ornementation de la lisière d'un massif ou d'un coin de bois ou dans la garniture en sousbois d'un groupe d'arbres. Ils permettent, dans l'un et l'autre cas, de dissimuler par leur feuillage les rigueurs de l'hiver et d'embellir d'une façon très riche la scène où ils sont employés.

1) Massifs de fleurs. 1° Exposé et théorie générale. — Un jardin ou un parc étant considéré comme une œuvre d'art, ildoitcomme tel comporter des ornements. Les fleurs sont l'un des principaux éléments qui servent a son ornementation : elles en sont l'élément luxueux en même temps qu'elles donnent, par leur présence, l'indication des soins apportés à l'entretien.

L'ornementation florale peut se prêter à toutes les combinaisons, et toutes les dispositions aussi bien symétriques que fantaisistes y trouvent place et sont un champ saris limite offert à la fantaisie individuelle des amateurs. Notre rôle est d'étudier l'emploi des fleurs surtout au point de vue des emplacements à leur attribuer pour qu'elles concourent le mieux possible à l'ensemble de la décoration et de laisser au jardinier praticien le choix des plantes elles-mêmes, en le guidant cependant pour la première plantation, de façon à ce que l'architecte paysagiste et le propriétaire puissent juger et apprécier exactement l'effet obtenu.

On peut jeter des fleurs, comme nous l'avons dit plus haut, sur les bords des massifs, se perdant par groupes sur les gazons; mais les

ta

emplacements que leur impose aussi bien le bon sens que l'usage et la pratique sont les corbeilles et les plates-bandes distribuées à cet effet dans la composition d'ensemble, dans des mouvements d'axe, dans des dispositions symétriques, au pourtour des constructions, à des endroits éloignés dans les points de vue, ou enfin dans des fonds, pour les accentuer et les mettre en évidence.

Comme disposition, on prend généralement pour les massifs des formes simples, à moins de dessins compliqués commandés par des constructions; on fait les plates-bandes rectangulaires et les corbeilles elliptiques ou rondes et on les dispose sur les gazons, en bordure des allées, et découpées sur la surface des pelouses. Elles ne doivent jamais être éloignées des bords d'allées et, à moins de cas exceptionnels, être au milieu des pelouses.

On peut avoir à créer des corbeilles suivant des dessins formant des arabesques variées ou même des armoiries, sur les flancs des massifs d'arbustes ou au milieu des gazons, ou au pourtour des sujets isolés. Ce genre a eu des spécialistes et il est connu sous le nom de mosaïculture. De nombreux ouvrages qui sont à consulter ont été publiés à ce sujet.

Nous ne préconisons pas cette méthode, si contraire au naturel; mais nous n'hésitons pas pourtant à déclarer qu'on peut en user, surtout lorsqu'on se sert de plantes usuelles, en prenant bien garde de ne pas en abuser et de ne l'employer qu'en aplomb d'une chose régulière ou à un endroit se présentant normalement, c'est-à-dire de façon que la vue puisse en embrasser d'ensemble tous les détails.

Quoique l'élégance dans l'entretien d'un jardin ressorte principalement de l'abondance des fleurs qu'on y trouve, on ne peut que condamner l'abus — qui est trop souvent fait par des jardiniers avides de se faire valoir — des dispositions irraisonnées de fleurs, notamment en bordure des massifs où, en lignes continues, elles tranchent aussi bien sur les gazons que suites arbres et sur les arbustes. On ne doit pas, en thèse générale, utiliser trop souvent ce mode de décoration et on ne peut l'admettre que, comme nous l'avons dit, dans des jardins de ville d'étendue restreinte.

2° Plantations de plates-bandes et Corbeilles. — Mélanges. — Les principales dispositions usitées pour la plantation des corbeilles et plates-bandes

Fig. 158. — Un petit parc. État de lieux.

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