partie de iois plantée
Fig. 107.
Les arbres résineux employés dans la plantation d'un bois ne doivent pas être répartis d'une façon uniforme sur toute la surface à planter, mais être groupés en nombre et isolés à des endroits de choix et bien en vue.
g) Massifs. — Le mot massif signifie plantation d'étendue restreinte et comportant un aménagement voulu. Un massif peut se composer
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Fig. 108.
d'arbres, d'arbrisseaux et d'arbustes ou seulement d'arbustes suivant le rôle décoratif qu'on lui assigne.
Les massifs sont isolés ou dépendants. S'ils sont isolés, on n'examine
leur beauié que comme objet indépendant tandis que, dépendants, les beautés de leurs parties doivent être sacrifiées à l'effet du tout.
Les massifs isolés, beaux par eux-mêmes, s'emploient pour rompre
Fig. 110. — Un jardin de ville.
l'étendue trop vaste d'une pelouse ou pour apporter une note brillante et indépendante ou spéciale au milieu de la plantation générale.
Les massifs dépendants sont ceux dont l'ensemble concourt à l'om-
brage ou à la constitution du fond des plantations dans un jardin.
Contrairement à ce qui se passe pour un bois, les extrémités, dans un massif, sont de la plus grande importance et déterminent la forme de l'ensemble.
Toutes les parties d'un massif s'apercevant presque en même temps, la facilité avec laquelle on peut les comparer exige qu'on apporte tous ses soins à leur composition,
Une particularité des massifs est la facilité avec laquelle ils admettent
Fig. iil. — Un bel exemple de plantation.
les mélanges des arbres et des arbustes ; toutes les variétés raison nées de plantations peuvent leur être appliquées.
Les élévations et les bombements qu'on leur donne les présentent sous leur jour le plus avantageux et les dégagent des gazons voisins ; mais il n'est pas logique d'admettre que leur délimitation avec ces derniers soit une ligne bien marquée. A moins d'avoir affaire à un jardin d'une faible étendue, où l'espace est compté et où l'on admet une zone d'isolement en fleurs entre les gazons et les massifs, on devra planter en décrochements sur les flancs des massifs, de manière que les gazons se perdent dans les arbustes, évitant ainsi de constituer ou de déterminer une ligne régulière de démarcation.
L'étendue des massifs dépend de celle du jardin ; leur disposition est
surbordonnée à la place qu'ils occupent, à l'effet qu'ils sont destinés à produire; leurs contours doivent être plus brisés que celui des bois.
On les emploie pour cacher les limites d'une propriété — ils deviennent alors massifs de ceinture — ; pour masquer les imperfections d'un terrain ; pour dissimuler une clôture ou un voisinage désagréable ; pour rompre la monotonie d'une pelouse continue ; pour créer des plans intermédiaires sur une ligne de vue ou pour cacher les raccords d'allées ou les difficultés de certains raccords de vallonnements ; pour déguiser
Fig. 112. — Plantation formant zone de fond.
les angles désagréables sous lesquels certaines lignes peuvent se couper ou certaines clôtures se présenter; enfin, pour reculer ou pour rapprocher à volonté l'horizon.
1° Répartition des massifs par zones. — La répartition desmassifs dans un jardin ou parc comporte trois zones :
1° La zone du pourtour de l'habitation ;
2° La zone intermédiaire ;
3° La zone de limite.
La zone de l'habitation comprend les massifs les plus soignés, les plus élégants.
La zone intermédiaire, placée entre la précédente et la zonede limite,
est composée de massifs isolés et généralement traités avec des arbres et arbustes de choix, mais se reliant plus intimement avec ceux de la zone de limite qu'avec ceux de la première zone.
La zone de limite comprend les massifs de pourtour et ceux qui s'en détachent en appui, pour rompre l'uniformité ou pour toute autre cause. Elle est plantée d'arbres et d'arbustes, avec, de place en place, quelques végétaux de choix rappelant ceux de la zone intermédiaire (fig. 112).
2° Composition d'un massif. — Un massif en taillis ou planté d'arbres
Fig. 113. — Chariot de déplan talion de la ville de Paris.
ou d'arbustes de même grandeur est, en dehors des cas spéciaux, trop uniforme ; les différences de dimensions entre les arbres en rompent, au contraire, la monotonie et les ombres ainsi obtenues en sont le plus grand embellissement.
Un massif se compose de la façon suivante : Arbres de lre grandeur ;
— 2e — (si le massif est important) ; •
— baliveaux ;
— de choix (pleureurs, pyramidaux, à fleurs ou à feuillage) pour bordures et décrochements ;
Arbustes à feuilles persistantes : d'intérieur ; de bordure;
Arbustes à feuilles caduques : d'intérieur ; de bordure. Arbustes de choix pour décrochements sur les flancs du massif.
3° Constitution des fonds de massifs. Arbres au chariot. Arbres en bacs. — Les fonds de massifs se constituent généralement par des arbres-tiges de première grandeur, forts, ou demi-forts, plantés à racines nues. Dans un parc ou jardin de ville ou lorsque le propriétaire est désireux d'avoir de l'effet tout de suite et de jouir plus rapidement de son jardin, la plantation des arbres se fait au chariot ; c'est-à-dire qu'ils sont transportés sur des véhicules spéciaux avec une motte de terre renfermée dans les bacs ou des emballages et qui permet de leur conserver la plus grande partie de leurs racines et du chevelu.
La Ville de Paris s'est distinguée d'une façon toute particulière dans ce genre de plantation et elle a constitué pour son usage le matériel le plus perfectionné et le plus pratique qui existe. Nous donnons à titre purement documentaire la vue d'un appareil de la Ville, dit chariot à déplanter, chargé de son arbre (fig. 113).
La question de transplantation au chariot est très connue et elle a été traitée dans un ouvrage spécial ; nous n'y insisterons donc pas. Mais nous croyons toutefois devoir signaler un point particulier de ce genre de travail. Pour assurer une bonne reprise aux arbres qu'on veut déplanter (et, aujourd'hui, on s'est attaqué à toutes les essences avec succès, à l'exception des chê.nes, des ormes au-dessus de 0m,60 de circonférence et des arbres à très grande croissance, d'un ftge trop avancé ou d'une grosseur trop forte pour en permettre la transplantation), il faut l'année qui précède leur déplantation leur faire subir l'opération dite de cernage.
Elle consiste à ouvrir une tranchée circulaire autour de l'arbre intéressé à une distance variant suivant sa grandeur et celle du chariot dont on dispose, de 0m,60 de largeur et d'une profondeur variant de 1 mètre à lm,20, en prenant la précaution de couper soigneusement les racines de l'arbre (fig. 114). On remblaye avec la même terre ou, pour plus de précautions, avec de la terre nouvelle. Pendant l'année qui suit, il faut forcer l'arrosage plus ou moins suivant les essences : les plaies des racines se cicatrisent et se garnissent de chevelu qui, l'année d'après, est un facteur important pour le succès de là reprise.
Cette opération de cernage doit également s'appliquer à la transplantation en bacs, complémentaire de celle au chariot, dont on trouvera également les détails dans le même ouvrage. La transplan- ^,-..^ talion en bacs est particulièrement réservée aux coni- / fères de force moyenne, aux arbustes à feuilles ; caduques et à feuilles persistantes en fortes touffes, \ ^^ aux arbres et arbustes d'ornements pleureurs, ^--„--'' pyramidaux, etc. dont la force ou l'essence et la variété Fig. iu. nécessitent cette précaution pour en assurer la reprise.
4° Choix des essences. — Les essences des arbres formant fond de massifs devront être choisies suivant le sol et le climat. Il faut prendre de préférence, pour les massifs de ceinture et les massifs de fond, des essences indigènes.
Beaucoup de paysagistes et non des moindres ont prétendu qu'un
Fig. 115. — Un coin de plantation.
parc, comme un tableau, doit avoir une tonalité générale sur laquelle on peut avoir quelques points sombres et lumineux ; qu'on doit éviter de planter l'un près de l'autre des arbres d'essences, de formes ou de feuillage différents, attendu que, dans la nature, les parties boisées sont com-
i 10 LES PARCS ET JARDINS
posées d'une essence dominante et que, lorsque des arbres différents y sont mélangés, ils ont avec les autres des analogies de feuillage et de port.
Ces préceptes sont, croyons-nous, un peu trop absolus. Certes, on doit rejeter la bigarrure pas trop répétée ; mais il ne faut pas hésiter h varier ses plantations tout en tenant compte de l'aspect d'ensemble qu'elles doivent présenter.
Les arbres formant le fond des massifs devront donc être ou d'une seule variété, ou comprendre diverses essences dont Tune fy dominante formera le fond, tandis que les autres
çf serviront pour les décrochements.
àc^ Les massifs indépendants peuvent être indifférem-
C\ / S ment composés d'arbres d'essence unique ou d'arbres
*>>. / d'essences variées; mais ils ne doivent jamais être seuls
de leur genre, s'ils sont considérés comme devant
^ former les masses importantes de remplissage inlé-
Fig. no. rieur. Ainsi, dans un projet bien arrêté, si l'on trouve
un massif planté, par exemple, en plantanes en A
(fig. 116), on doit en retrouver le pendant au moins sur un autre point B,
susceptible d'être vu du même point x que le précédent. La pratique
conduit à admettre la répétition des groupes par trois A B C; ce
nombre permet de former un triangle, c'est celui qui se prête le mieux à
l'arrangement décoratif des effets.
Cette répétition par trois doit se retrouver dans le massif de ceinture en cas de groupement assez important d'essences uniques sur des points déterminés, tels que des résineux ou des arbres pyramidaux élancés — par exemple des peupliers d'Italie.
Les arbres de deuxième grandeur peuvent être de même essence que les arbres de première grandeur — dans le cas où ils seraient appelés à remplacer ceux-ci à un moment donné — dans une plantation au chariot ou une plantation d'arbres à racines nues très forts. La reprise dans l'un et l'autre cas restant toujours assez problématique, malgré les chances de succès que peuvent donner les soins les plus éclairés, il est de bonne précaution d'assurer leur remplacement par des remplissages d'arbres devant leur succéder dans un temps plus ou moins éloigné. 11 arrive assez souvent, en effet, qu'un arbre transporté au chariot pousse
LE STYLE PAYSAGER (DE LA PLANTATION) Ul
mal, se développe peu et végète assez longtemps ; pendant cette période de temps, l'arbre de remplissage planté jeune s'acclimate, se développe et devient plus beau; l'abatage du premier s'impose lorsque son remplaçant a acquis son développement normal.
5° Distance des plantations . — Les arbres de première grandeur à racines nues se plantent à 5 ou 6 mètres les uns des autres ; les arbres au chariot à 7 ou 8 mètres et les arbres de deuxième grandeur dans les intervalles.
Les arbres baliveaux ou de croissance restreinte viendront ensuite garnir les sous-bois.
6° Plantations à l'intérieur des massifs. — L'intérieur d'un massif ordinaire doit être planté en végétaux dits d'intérieur à feuilles caduques et à feuilles persistantes; c'est-à-dire en variétés et essences appelées à prendre un certain développement. Les persistants donneront de la verdure pendant l'hiver et les caduques apporteront, en dehors de leur feuillage, l'appoint décoratif de leur parure de fleurs. La répartition la plus logique consacrée par la pratique est de 1 persistant pour 2 caduques, soit 1/3 des premiers et 2/3 des seconds.
7° Plantations en bordure des massifs. — Les bordures d'un massif ordinaire sont plantées également en caduques et en persistants, mais en végé-
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Fig. 117.
Fig. 118.
Fig. U9.
laux dits de bordure; c'est-à-dire en variétés et essences ne prenant qu'un développement restreint. La même répartition de 1/3 de caduques pour 2/3 de persistants peut être adoptée ou celle de 1/2 de caduques et 1/2 de persistants, suivant que le propriétaire habite sa propriété pendant une partie seulement de l'année ou pendant toute l'année. Les caduques se choisissent en tenant compte de leur époque de floraison, soit pour fleurir à un moment désigné, soit de façon à fleurir toute l'année.
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Fig. 121. — Un jardin de ville (par M. J. C., a Lille).
Les massifs indépendants ou spéciaux comportent une plantation en rapport avec l'effet décoratif qu'on veut leur faire jouer; leur couleur peut être uniforme — ils ne sont constitués alors que d'une seule essence déterminée — ou comporte deux ou plusieurs tonalités en mélange et dans des proportions laissées au jugement et au goût de l'artiste, mais toujours correspondant aux effets qu'on veut obtenir.
Les essences, dans la plantation des bordures d'un massif, se répartissent en général régulièrement; c'est-à-dire que, dans le cas de mélange de 1/3 pour 2/3, on a 1 persistant, 2 caduques; un persistant, 2 caduques (fig. 117) et ainsi de suite. Le persistant peut être calé de chaque côté par des caduques de même essence (lîg. 118).
Le long d'une allée traversant un massif ou lui servant de limite, la plantation doit être régulière à une distance constante de l'allée. Cette distance varie de 0m,90 à 1 mètre suivant qu'il s'agit d'un petit ou d'un grand massif (fig. 119).
8° Barème de plantation. — Nous donnons ci-après à titre documentaire un barème de plantations pour massifs qui nous a rendu de réels services pour les prévisions lors de l'établissement d'états de plantation.
Barème de plantation de massifs.