OBSERVATIONS
8° Construction, dressement et nivellement des corbeilles. — La construction et la mise d'aplomb d'une corbeille sur le terrain se fait d'après les données ci-après.
L'axe transversal d'une corbeille doit être tracé normalement à l'allée ou au terre-plein qu'elle borde. La forme elliptique est employée dans le cas où le bord de l'allée longeant la corbeille est droit ou lorsqu'il présente une courbe convexe.
Les deux extrémités a et b (fig. 160) du grand axe de la corbeille devront être à la même distance des points correspondants^rety del'allée, détcr-
Fig. 160.
Fig. 161.
Fig. 162.
Fig. 163.
minés par des pendiculairesà cet axe. Le point delà corbeille le plus rapproché de l'allée sera surle petit axe reelladistancerf/, entre l'allée etce point, est variable suivant l'emplacement et suivant l'importance du jardin : elle ne doit jamais être inférieure à 0m,60, ni supérieure à lm,20. L'usage veut que cette distance une fois adoptée pour Tune des corbeilles d'une propriété, elle soit la même pour toutes les corbeilles analogues.
Dans le cas d'une courbe concave, on doit de préférence adopter la forme indiquée (fig. 161). La partie extérieure (côté gazon) ab (fig. 162) présente une ligne elliptique dont les deux foyers doivent être à égale distance de la partie correspondante de la courbe xt/. La partie intérieure (côté allée) compriseentre les deux ordonnées des foyers mn doit présenter une ligne parallèle à la courbe de l'allée.
Lorsque la corbeille se trouve à la pointe de raccordement de deux allées (fig. 163), le grand axe doit correspondre à la bissectrice de l'angle xox' formé parles deux allées. Le bord de la corbeille en m et n doit épouser
parallèlement la forme du raccord entre les deux courbes x des allées bordant la corbeille. Le raccord entre mon doit être aussi évasé que possible.
On doit éviter chaque fois qu'on le peut de placer une corbeille sur une déclivité d'allée et choisir de préférence pour l'établir un point sommet ou un point bas, au raccordement de deux pentes opposées convexes ou concaves.
-Dans le premier cas (fig. 164) a serait l'endroit à choisir et non boa v ;
Fig. 16L
Fig. 165.
l'aplomb doit alors se régler sur le grand axe de la corbeille et parallèlement à la courbe mn de l'allée, correspondant à la distance entre foyers. Dans le second cas (fig. 165), a serait l'endroit à choisir et non b ou c.
Petit axe Horizontale m:
allée
Fi*. 167.
L'aplomb se règle alors en convexité sur l'horizontale joignant les deux foyers de la corbeille qui doivent être également d'aplomb sur la coupe correspondante mn de l'allée.
Les profils des pelouses peuvent présenter des déclivités variant à Tinfini, mais le placement d'une corbeille n'y est rationnel qu'autant que cette déclivité n'a pas une pente supérieure à 1 pour 2 (fig. 166).
Le nivellement d'une corbeille suivant son petit axe doit se faire, si la déclivité est faible, avec un léger bombement entre les deux extrémités m et n de cet axe, lorsque les deux points sont à la même altitude (fig. 167).
Dans le cas contraire, on fait le bombement suivant la pente du petit axe qui doit être parallèle à la pente générale du terrain. On doit pourtant éviter d'atteindre entre les extrémités m n de ce petit axe une difle-
rence de niveau qui fasse présenter la corbeille à l'œil du promeneur suivant une ligne trop inclinée (fig. 168).
Dans le cas où la pente est très forte, on ne peut, pour en corriger le mauvais effet sur le nivellement de la corbeille, que relever l'extrémité
Horizontale
Fig. 169.
m du petit axe au-dessus de la parallèle à cette pente, m' par exemple (fig. 169).
Le nivellement d'une corbeille placée en bas d'une déclivité se fait dans les mêmes conditions, mais en suivant la pente ascendante du terrain (fig. 1T0).
Lorsque la partie de corbeille comprise entre la ligne elliptique qui la
, Corbeille „ mi n;
■fe&k^ 4
Fig. 170.
Fig. 171.
limite est nivelée suivant les principes ci-dessus, les raccordements du bombement avec la pelouse doivent se faire par des vallonnements doux el allongés en proportion du relief qu'on adonné à la corbeille et, surtout, en proportion de la place libre autour de cette corbeille (fig. 171) ; mn bombement, mo raccordement court, mp raccordement allongé.
Si la corbeille est placée dans un fond pour être vue de loin et d'en haut, le relief doit, pour produire l'effet, être accentué; si, au contraire, la corbeille est faite pour être vue de près, le relief doit être d'une moindre importance. Il faut qu'il y ait également proportion entre ce relief et l'étendue de la corbeille.
Les dimensions des corbeilles ne peuvent être fixées; toutefois le goût et le bon sens font exclure les corbeilles trop petites comme les
corbeilles trop grandes. Les longueurs les plus usitées sont 5 mètres, 7 mèlres, 9 mètres, et la proportion entre la longueur et la largeur est variable sans que cependant la longueur puisse être trop inférieure au
Fig. 172. — Corbeilles de fleurs.
double delà largeur (fig. 173 mn = deux fois xy), ni supérieure au triple de la largeur (fig. 474 mn = trois fois xy).
Une proportion consacrée par la pratique est la suivante : on donne
mi L > mi- \ .<»
Fig. 173. Fig. 174.
au petit axe les 41/20 du grand axe pour une corbeille allongée et les 12/20 pour une corbeille ramassée.
m) Plantes vivaces. — Les ressources florales en même temps que décoratives fournies par les plantes vivaces les ont mises à Tordre du jour, et leur présence est devenue presque obligatoire dans les jardins, grands ou petils.
Leur arrangement au point de vue paysager échappe à toute règle précise, bien que leur association avec les arbustes produise les plus heureux effets. C'est le goût personnel de l'artiste créateur qui est seul détermi-
nant. Pourtant, il est de règle maintenant, lorsque l'espace est mesuré, de les trouver en décrochement sur les massifs, par groupes ou isolées, se mêlant avec les autres arbustes et apportant dans l'ensemble une note gaie
Cl. Malcuit.
Fig. 175. — Plantes aquatiques (flottantes).
par la variété, l'abondance et la diversité des époques de floraison. EgalemenCon les groupe ou on les isole à des endroits propices sur les pelouses. Lorsque l'espace le permet, on doit leur ménager un emplacement spécial, sans pour cela les exclure du reste de la plantation.
n) Plantes aquatiques. — Ici encore nous avons affaire à une catégorie de plantes qui, comme les plantes vivaces, échappent, au point de vue
paysager, à toute règle précise pour ne dépendre que du goût et des connaissances botaniques de l'artiste créateur d'un parc ou d'un jardin.
Elles se caractérisent toutefois dans leur emploi sous Irois formes bien distinctes; elles sont immergées (les moins intéressantes), flottantes ou émergées (175, 470, 177 et 178).
On trouve aussi, sur les bords des eaux et dans les sols naturellement humides ou humectés, les espèces dites amphibies.
11 est bon dans les plantations de ce genre de ne pas perdre de vue
Fig. 176. — Plantes aquatiques (émergées).
qu'une pièce d'eau ou qu'un lac obstrué par des plantes aquatiques est un non-sens qui nuit à la beauté du paysage; alors qu'une nappe d'eau, interrompue çà etlà, à des endroits judicieusement choisis, par des groupes de plantes de croissance et déformes appropriées, s'harmonisantou en opposition, contribue puissamment à l'effet décoratif d'un ensemble.
o) Les gazons. — 1° Exposé. — Toutes les surfaces couvertes d'herbe prennent le nom générique de ce pelouses » ou « gazons ». Elles ne sont pas traitées de la môme manière suivant qu'elles sont situées dans un jardin ou dans un parc ou plus ou moins loin de l'habitation et il y a lieu d'établir les distinctions suivantes :
On entend par « gazons en prairies » les grandes étendues qui nécessitent peu de soins et qui, situées assez loin de l'habitation, sont destinées le plus souvent à monter en foin.
On entend par « gazons en pelouses » les parties situées aux environs de l'habitation ou les gazons d'un parc de peu d'étendue ou d'un jardin dont les soins particuliers d'établissement et d'entretien sont tout autres que pour les précédents.
Autant les pelouses d'un gazon toujours vert, fin et fréquemment tondu
Fig. 177. — Plantes aquatiques (émergées).
sont nécessaires à un parterre, à un jardin paysager, au parc, dans le voisinage de l'habitation et de certaines dépendances, autant une recherche exagérée de ce mode de décoration est déplacée dans les autres cas.
2° Prairies. — Les semis de gazon en prairies se font après avoir bien préparé le terrain au moyen de labours, hersages et — si on ne laisse pas reposer le sol — de roulages, afin d'ameublir la couche superficielle du terrain destiné à recevoir les graines. Pour ces gazons, on choisit les graines les plus appropriées à la nature du sol. 11 est difficile, en raison de la diversité des conditions dans lesquelles les graines peuvent être employées, de recommander tel ou tel mélange dans telle ou telle pro-
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portion. Les marchands de graines font eux-mêmes ces mélanges suivant la nature du sol à ensemencer et ils donnent de bons résultats. Malgré tout, une bonne précaution à prendre est d'essayer ses graines à l'avance et de se faire livrer séparément chacune des variétés de graminées composant le mélange, de façon à le faire soi-même. 11 faut alors mélanger ensemble les graines lourdes, en faire autant pour les graines légères et
Fig. 178. — Plantes aquatiques (émergées).
ensuite mélanger les graines lourdes et légères. Le semis doit être recouvert légèrement au moyen d'un hersage et d'un roulage ou cylindrage et, si l'on a eu soin d'opérer par un temps frais et non humide, on augmentera les chances de réussite.
On pratique ordinairement les semis au printemps et à l'automne, suivant le climat et la nature du sol : dans un climat froid, humide, le semis de printemps est préférable ; dans un climat tempéré et dans un sol sablonneux, léger, calcaire et sec, le semis d'automne donnera de meilleurs résultats.
On peut aussi dans les grands parcs ou domaines créer des prairies avec des légumineuses diverses (luzerne, trèfle, sainfoin, etc.), pour servir à l'alimentation du bétail.
3° Pelouse. — Pour les gazons en pelouses, les travaux préparatoires sont les mêmes que pour les prairies, mais ils doivent être faits avec plus
de finesse et plus de soin. Le sol doit être mieux nivelé — au râteau et non à la herse — et, une fois les semis terminés, l'enfouissement de la graine doit être fait non plus par un simple hersage, mais par un terreautage. Cette opération consiste à recouvrir le sol semé d'une couche de peu d'épaisseur de terreau fin de couches ou simplement de terre végétale préparée, si Ton n'a pas de terreau, et à cylindrer ensuite la pelouse. La même observation est à faire, en ce qui concerne le choix du mélange, pour les gazons de pelouses que pour les gazons de prairies. On trouve, en effet, dans le commerce et sous le nom de Lawn grass, des mélanges aussi variables dans la quantité que dans la variété des graines et le choix doit en être fait avec attention, de même que pour l'ensemencement des prairies.
Cependant, pour les pelouses situées aux environs de l'habitation, pour les pelouses d'un jardin de ville qui peuvent être retournées tous les trois ou quatre ans, et doivent être belles pendant tout l'été, nous croyons pouvoir affirmer que le « Ray grass » pur, terreauté, avec, sur le terreau, un deuxième semis d' « Agrostis », donnera le meilleur résultat. Nous avons vu des pelouses ainsi constituées durer, par suite de la présence de l'agroslis dans le semis, beaucoup plus longtemps que les trois ou quatre années indiquées plus haut comme moyenne.
La quantité de graine à employer par hectare est très variable suivant les graminées choisies. Elle est en moyenne de 150 kilogrammes pour les prairies et de 200 à 250 kilogrammes pour les pelouses et même davantage pour les bordures et pour les petits jardins de ville.
Le semis de pelouses en sous-bois exige l'emploi de graminées spéciales qui peuvent donner de bons résultats à la condition que l'air et la lumière n'y soient pas trop parcimonieusement répartis. Dans le cas contraire, on emploie des lierres ou d'autres plantes venant à l'ombre. Le lierre d'Irlande ou des bois est d'une grande ressource pour toutes les bordures d'allées passant dans un bois et qu'on veut avoir vertes.
4° Placage de gazon. — Le placage du gazon est une opération qui consiste à lever par bandes régulières ou par plaques le gazon existant sur un point et que l'on transporte sur une autre partie à convertir en pelouse. On l'emploie dans le cas du labour d'une pelouse existante, de façon à sauver le gazon ; dans le cas où l'on a besoin de verdure et d'effet
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Fig. 180. — Un parc, par J. C, à Lille. (Plan.]
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