‹ Les parcs et jardins au commencement du xxe siècleChapitre 25 sur 97 · LES PA11GS ET JARDINS · texte numérisé non relu

LES PA11GS ET JARDINS

tout de suite (expositions, fêtes, etc.), enfin pour les talus en pentes raides ou rocailleux, sur lesquels le semis serait par trop difficultueux et où la graine ne pourrait pas tenir, et plus particulièrement pour les^ bordures d'allées, les talus gazonnés, les bordures de parterresfrançais.

Les bandes ou les plaques se font de dimensions diverses suivant l'emploi qu'on en veut faire. Ordinairement, on leur donne de 0m,30 à 0m,40 de longueur sur 0m,25 de largeur et on les lève à Taide d'une bêche spécialement emmanchée pour cet usage, après découpage en long et en large de la partie à lever.

Le placage se fait en rapprochant les plaques les unes des autres, en les taillant suivant les besoins de la partie à garnir et en les fixant à la batte. Une bonne précaution à prendre est de répandre sur l'ensemble, une fois le placage fait, une légère couche de terreau ou de terre végétale très meuble et d'arroser très légèrement.

Le Service des Promenades de la Ville de Paris, pour la réparation rapide des dégâts faits aux pelouses dans ses parcs et jardins, pour ses fêtes, etc., possède des endroits spéciaux appelés oc gazonnières » où il puise tout le gazon à plaquer dont il a besoin et qui est spécialement préparé à cet effet.

5° Entretien des gazons. — Les principales opérations d'entretien des gazons sont : le fauchage, le cylindrage et l'arrosage.

Pour les gazons en prairie, le fauchage peut être fait à de longs intervalles; mais, pour le gazon des pelouses, on doit le répéter le plus fréquemment possible, en partant de ce principe que plus un gazon est fauché, plus il devient dru, uni et beau.

Pour les prairies, un cylindrage après la coupe des foins ou du regain est suffisant ; pour les pelouses, trois ou quatre cylindrages au moins pendant la saison sont indispensables.

Avec les tondeuses mécaniques qu'on emploie dans les parterres très soignés, on peut arriver à tondre si fréquemment que l'enlèvement du gazon coupé n'est plus nécessaire, le résidu étant presque imperceptible; il peut alors rester sur place où il sert d'engrais.

Les pelouses très anciennes et dépouillées sont à refaire en entier. Lorsque cela est possible, on obtiendra de meilleurs résultats en mettant

LE STYLE PAYSAGER (DE LA PLANTATION) 151 «j

la pelouse à refaire en culture sarclée pendant un an ou deux et en y plantant par exemple des pommes de terre, des betteraves, etc.

p) Législation relative aux plantations en mitoyenneté. — « Il n'est permis de planter des arbres de haute tige qu'à la distance prescrite par les règlements particuliers existants, ou par les usages constants et reconnus et, à défaut de règlements et usages, qu'à la distance de deux mètres de la ligne séparative des deux héritages pour les arbres à haute tige et à la distance d'un demi-mètre pour les autres arbres et haies vives. » (Code civil, art. 671.)

En législation, sont réputés arbres à haute tige généralement tous les arbres qui sont susceptibles de s'élever à plus de quatre mètres (H pieds) de hauteur.

Sont réputés arbres à basses tiges tous ceux qu'on ne laisse par s'élever au-dessus de quatre mètres et généralement, en dehors de tous les arbustes, tous les arbres mis en quenouille, buissons, haies, palissades charmilles et espaliers.

À Paris, on trouve dans presque toutes les propriétés des arbres à toute distance. Il en résulte que, de temps immémorial, on a donc pris l'usage, dans cette ville, de planter, sans observer de minimum de distance.

Cet usage étant constant et reconnu, il n'y a pas lieu à application du minimum indiqué par le Code.

« Le voisin peut exiger que les arbres et haies plantés* à moindre distance soient arrachés. Celui sur la propriété duquel avancent les branches des arbres du voisin peut contraindre celui-ci à couper ces branches. Si ce sont les racines qui avancent sur son héritage, il a le droit de les y couper lui-même. (Code civil, art. 672).

« Les arbres qui se trouvent dans la haie mitoyenne sont mitoyens comme la haie, et chacun des deux propriétaires a droit de réquérir qu'ils soient abattus » (Code civil/art. 673.)

§ m. - LES EAUX

Exposé. — Agitées et brillantes de reflets lumineux; tranquilles, miroitant en réfléchissant les objets des alentours, les eaux, partout où elles se trouvent, prêtent un charme tout particulier au paysage qu'elles animent, soit qu'elles s'écoulent paisiblement avec un murmure imperceptible, soit

qu'elles fondissent bruyamment pour retomber en cascades dans les rivières ou dans les ruisseaux.

Elles sont, après la végétation, l'élément décoratif sinon indispensable,

Cl. Malcuit.

Fig. 183. — Rivière dans une vallée riche.

du moins principal d'un parc ou d'un jardin. Bien que n'étant pas d'une nécessité absolue dans une belle composition, elles y apportent tant d'éclat et tant de charme qu'on ne doit pas négliger sans raisons majeures de les utiliser, quelle que soit l'étendue du terrain dont on dispose.

Elles s'accommodent de toutes les situations; elles sont l'objectif le plus intéressant d'un paysage, la partie la plus délicieuse et portant à la

rêverie d'une retraite. Elles fixent l'attention dans Téloignement; elles y attirent, elles y charment, tout en donnant du ton à une exposition ouverte, aussi bien qu'elles animent une partie ombragée ou enrichissent un point de vue.

Suivant le site dans lequel elles se trouvent, les eaux excitent les sentiments les plus opposés. La surface majestueusement tranquille d'un lac

Fig. 184. — Surface calme d'un étang.

augmente le calme d'une scène paisible et rend plus mélancolique une perspective qui Test déjà ; une rivière qui traverse une vallée riche et meublée, laissant voir en des échappées voulues ses bords aux contours harmonieux, est d'un aspect riant non exempt de volupté. Ses bords ombragés nous invitent à les suivre et constituent une fraîche et attrayante promenade. Le torrent qui s'échappe, à travers des rives profondes et dégradées, en ondes tumultueuses nous agite par la précipitation de sa marche en nous inspirant la crainte par l'idée des dangers qu'il peut faire courir. En se précipitant avec fracas, les eaux ajoutent du brillant et de la vivacité à une situation gaie, du mouvement à une scène pittoresque; de même que le ruisseau léger qui murmure en fuyant à travers une pelouse et dans un sous-bois est égayant par sa fraîcheur et par sa chanson.

En dehors des effets résultant de leur masse, de leur bruit et de leurs mouvements, les eaux acquièrent encore par leurs couleurs et par leur situation d'autres caractères tout aussi variés et tout aussi expressifs. Elles rendent un site plus sombre et plus majestueux lorsque, sans bruit et sans effort, elles coulent entre des arbres touffus qui les noircissent de leur ombre; transparentes et limpides, elles donnent de l'éclat et de la légèreté à un paysage.

Fig, 185. — Rivière assombrie par les arbres.

La question des eaux est une des plus délicates qu'ait à traiter l'architecte paysagiste, car elle exige de l'artiste autant de goût que d'expérience. Rien n'est plus difficile et c'est là que, trop souvent, vient échouer celui qui ne possède pas des sentiments artistiques suffisants.

Il faut aussi qu'il ait, en dehors de son talent et de son goût, l'expérience; il faut qu'il compare les avantages et les agréments avec les dépenses ou, sinon, il fait souvent avec les eaux une entreprise funeste pour sa réputation et ruineuse pour son client.

Dans le style moderne, tout parc dépourvu d'un lac ou d'une rivière est considéré comme imparfait et aussi, pour se procurer de l'eau, a-t-on souvent trop de tendances à violenter la nature.

Dans le jardin paysager, on se propose d'imiter, lorsqu'ils ne s'y trou-

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