LES PAKCS ET JARDINS
l'allée principale (fig. 370), on pourra, lorsque ce départ sera suffisamment aigu, adopter le même raccordement que précédemment. Mais il se peut que l'angle de raccordement soit trop ouvert, ce que Ton doit chercher, autant que possible, à éviter, le principe de continuité de la prome-
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Fig. 370.
a b> contre-courbe de raccordement tangente
aux deux allées.
a et 6, point de tangence du raccordement.
x y, aplomb d'un point de tangence.
Fig. 371.
nade s'en trouvant contrarié. Dans ce cas, on peut détacher brusquement l'allée secondaire de la principale en raccordant la rive extérieure de la petite allée à la rive concave de la grande (fig. 371) par une contre-courbe tangente aux deux. Le parallélisme des bras de la petite allée avec son axe doit se conserver jusqu'au point de tangence et le raccordement de L'angle aigu doit se faire à l'aplomb de ce point. La contre-courbe devra donc être le moins allongée possible, de façon à éviter un trop grand carrefour.
La bosse créée par ce mode de raccordement produit, aussi bien en plan qu'en exécution et que pour le promeneur, un effet toujours désagréable qu'il faut atténuer en calant, par un massif ou par des isolés un peu serrés, sur promontoire, les trois courbes en sens contraire du raccordement (fig. 372) et le carrefour qu'elles forment.
Fig. 372
Si l'économie du projet et les dispositions des lieux forcent, après une montée, à avoir une descente, en constituant un point culminant qui produit généralement très mauvais effet, on doit faire tous ses efforts pour masquer ce point culminant par des plantations. Le changement de pente doit se faire le moins brusquement possible.
Fig. 373.
Fig. 374.
Fig. 375.
Si des arbres qu'on devra respecter, des rochers qu'on veut conserver s'opposent à ce qu'une allée, impossible à déplacer, ait sa largeur normale à Tendroit de l'obstacle, on ne doit pas faire un élargissement progressif comme l'indique la figure 373, mais, au contraire, l'accuser nettement par un décrochement (fig. 374) ou par une contre-courbe (fig. 375).
Dans un croisement d'allée (fig. 376), il faut toujours que la partie a de l'allée soit de la même largeur que la partie b.
Si deux allées qui se croisent à angle aigu sont de même largeur, le raccordement se fait normalement (fig. 377).
Si deux allées ont des objectifs différents et de moindre importance, il /faut que Tune soit sensiblement moins large que Tautre, afin d'éviter
toute hésitation pour le promeneur sur le choix de l'allée qu'il doit suivre pour la continuation de sa promenade. On doit éviter pour ces. croisements les sinuosités désagréables à l'œil : par exemple, le croisement
Fig. 377.
Fig. 378.
Fig. 379.
indiqué (fig. 378) est bon; le croisement (fig. 379) est mauvais, bien que les axes des deux allées ne soient tangents qu'en un point.
Souvent un assez grand nombre d'allées aboutissent à un point important du parc : habitation, point de vue, terrasses, etc.Dansce cas, il faut franchement former un carrefour assez grand pour que la direction des
Fig. 381.
allées se perde et que Ton puisse faire entre elles des raccordements adoucis et réguliers. Pour cela, on doit dans son étude chercher à disposer l'arrivée et les départs d'une allée d'une manière symétrique et à les raccorder par des courbes toutes tangentes à une figure régulière — rectangle (fig. 380), cercle ou ellipse— (fig. 381).
Quelques plantations peuvent accompagner les raccordements sans masquer le point de vue principal (fig. 381).
Fig. 38$ . — Un carrefour.
b) Des allées. — 1° Théorie et division. — H y a deux sortes d'allées : les allées de promenade et les allées de service.
Les premières sont, comme leur nom l'indique, celles destinées à assurer la promenade.
Les allées de service sont celles qui s'imposentd'elles-mêmes pour les besoins divers delà propriété : allées desservant les communs, l'entrée principale, le potager, la ferme, etc.
L'architecte paysagiste a toute latitude pour le tracé et la disposition des allées de promenade. Toutefois elles ne doivent présenter dans leur ensemble aucune solution de continuité qui ne soit justifiée par un cas de force majeure et, après avoir éloigné le promeneur du point prin-
cipal, — l'habitation, — il est nécessaire qu'elles l'y ramènent normalement, tout en restant d'accord avec la nature du site dans lequel elles se trouvent. Elles doivent être tracées hardiment, sans excès de parcimonie ; mais avec la préoccupation de simplifier la promenade, au fur et à mesure
Fig. 383. — Allée carrossable.
qu'on s'éloigne de l'habitation, pour arriver enfin à ne laisser que juste ce qui est nécessaire pour l'assurer.
Les allées doivent, en effet, logiquement diminuer d'importance au fur et à mesure qu'elles s'éloignent de la partie habitée.
La base du tracé doit être l'allée de ceinture qui dessert tous les points extrêmes d'une propriété.
Les allées de promenade se subdivisent comme suit :
1° En allées principales dites « allée de ceinture », et allées « transversales » ;
2° En allées secondaires ;
3° En petites allées ou passe-pieds.
Les allées principales desservent les points principaux d'une propriété ; elles sont toujours carrossables dans un domaine et facultativement carrosables dans un parc, suivant son importance.
Les allées secondaires assurent les raccourcis entre les allées principales ou desservent des points de détails qui, bien qu'ayant leur importance, ne peuvent, pour éviter la multiplicité des allées principales, être desservis par celles-ci. Elles ne sont que très rarement carrossables, mais peuvent avoir une certaine importance comme allées de piétons.
Les petites allées ou passe-pieds sont celles qui longent les bords d'une rivière, d'une pièce d eau ou qui passent à travers les pelouses à des endroits où des allées plus importantes occasionneraient un morcellement inutile. On les utilise encore lorsque les accidents du sol ne permettent pas l'emploi d'un autre genre d'allée; c'est le cas des bords d'un précipice et de l'accès d'un point culminant ou d'un rocher.
Dans l'étude des allées de service, la préoccupation dominante est de les faire partir de l'habitation ou d'un point de parc où elles sont nécessaires, pour aboutir, le plus directement et le plus rapidement possible, à l'endroit qu'on veut desservir, sans qu'elles cessent de s'harmoniser avec l'ensemble de la composition, ni de s'amorcer logiquement avec les autres allées qu'elles sont appelées à traverser ou avec celles sur lesquelles elles doivent se raccorder.
La largeur et l'importance de ces allées sont déterminées par l'importance des services ou des points qu'elles doivent relier.
La principale des allées de service est l'allée d'arrivée.
L'avenue est une grande allée conduisant à un château, à une maison de plaisance, ou à une villa.
La différence entre une allée et une avenue est que cette dernière est régulièrement bordée d'arbres d'alignement.
L'avenue peut comporter ou non une contre-allée; elle peut être rectiligne ou curviligne.
L'avenue rectiligne peut être simple (fig. 384 A, B,C.) ou double (fig. 385 A, B).
Dans les villes, on entend par avenues les grandes voies plantées d'arbres. Certaines de ces voies sont accompagnées sur leurs bas côtés de
jardins ne manquant pas de caractère : telles sont l'avenue des Champs- Elysées, l'avenue du Bois de Boulogne à Paris.
Fig. 384. — Avenues rectilignes simples.
2° Allée ou avenue d'arrivée. — Les anciennes allées symétriques à double ouàquadruple rangée d'arbres, formant plusieurs allées dontcelledumilieu était toujours d'une largeur bien plus grande que celles des côtés, ne manquaient pas de charme et il faut avouer que c'est ce que Ton a fait de
Fig. 385. — Avenues rectilignes doubles.
mieux en ce genre. Aussi, lorsqu'on se trouve en face d'une transformation ou d'une reconstitution de propriété possédant cet élément, doit-on tout mettre en œuvre pour le conserver.
La largeur de l'avenue ou de l'allée d'arrivée doit être en rapport avec l'importance de la propriété et avec l'usage qu'on doit en faire, qu'elle soit ou non carrossable. Elle doit conduire aussi directement que possible de l'entrée à l'habitation, en permettant toutefois à des points intéressants de la propriété de se présenter avec avantage. Notamment, il faut qu'elle
laisse apercevoir l'habitation sur la situation de laquelle on doit être fixé aussitôt que Ton a pénétré dans la propriété. Cette première vue sur la maison doit toujours en donner l'idée la plus favorable. Si elle se présente d'angle aux visiteurs au lieu d'être vue de face ou de côté, reflet sera toujours plus agréable que si Ton en découvre une des faces dans son entier.
Les mêmes relations doivent exister entre la maison et l'allée d'arrivée
Fig. 386. — Une allée d'arrivée.
qu'entre le vestibule ou salle d'entrée de cette maison et les pièces avec lesquelles il communique.
Si le vestibule est trop simple ou trop orné par rapport à l'architecture de la maison, s'il est hors de proportion — trop petit ou trop grand — il y a une contradiction frappante et désagréable: s'il ne permet pas une communication facile avec l'intérieur, il manque de commodité. L'allée d'arrivée subit les mêmes influences : il faut qu'elle soit commode, agréable et en harmonie avec l'habitation et comme largeur et comme décoration. Si la maison est d'un style sobre, l'allée d'arrivée devra être simple et peu chargée en décoration florale ou autre : si elle est d'un style riche, l'allée d'arrivée devra s'en ressentir. Elle doit de plus présenteras qualités ci-après :
1° Conduire rapidement et directement à la maison ; si ce n'est pas la route la plus courte possible, il faut recourir à l'art pour empêcher qu'un autre chemin soit plus direct. Les obstacles qui lui donneront ce caractère doivent être naturels.
2° Partir normalement de la grande route (fig. 387), ou, si cette dernière fait un coude (fig. 388) , être la continuation de Taxe du coude qui conduit
Fig. 387.
au point le plus important des environs; ou, si les deux directions sont d'égale importance, se trouver sur le prolongement de la bissectrice de l'angle formé par la rencontre des axes (fig. 389).
3° Si elle passe non loin de la limite du parc, ne pas border le mur de clôture, ce qui ferait ressortir un manque d'étendue. Il en est de même si l'allée d'arrivée entre dans le parc ; il faut éviter alors qu'elle en ^ borde les limites, ce qui dénoterait non seulement un manque d'étendue, mais encore un manque d'unité.
4° De cette allée, la maison ne doit point s'apercevoir à une distance ou à un endroit susceptible d'en réduire l'aspect.
5° La première vue qu'on a de la maison doit la présenter autant que possible sous son aspect le plus agréable.
6° Aussitôt que l'habitation devient visible, il convient d'éviter la possibilité d'une erreur de chemin ou de faire naître la tentation, pour le promeneur, de quitter l'allée d'arrivée en créant d'autres allées analogues. C'est pourquoi on doit toujours lui donner une largeur plus grande que celle de toutes les autres allées et éviter trop de sinuosités, à moins que des obstacles naturels tels que l'eau ou des terrains inaccessibles ne les justifient.
Fig. 389.
On doit aussi éviter les accidents trop brusques du terrain qui déterminent des pentes trop fortes ou entraînent à l'exécution de terrassements qui, trop coûteux, nuisent souvent aux vallonnement d'ensemble.
L'allée d'arrivée doit présenter des pentes et des rampes aussi harmonieuses et aussi régulières que possible, accessibles aux voitures, si elle est carrossable, et peu fatigante pour les visiteurs, si elle est réservée aux piétons.
7° Elle doit être tracée de façon à présenter une rampe quand on se dirige vers l'habitation, le contraire produisant toujours un effet désagréable impossible à amoindrir sans de grands frais de plantations.
8° Elle doit être tracée avec une courbe gracieuse, être directe si possible, mais, en tout cas, ne pas présenter de déviations qui ne soient justifiées par un accidentde terrain, un groupe d'arbres ou toute autre cause naturelle.
3° Allée de ceinture. — L'allée de ceinture est le principe primordial et fondamental de tout tracé de parc ou jardin.
Elle doit suivre le pourtour de la propriété et prendre rang, comme importance, immédiatement après l'allée d'arrivée. Carrossable ou non, elle doit être constituée par des courbes faciles, continues, développées aussi largement que possible et sans tournants brusques qui ne seraient pas justifiés par un détail naturel important. C'est l'allée la plus utile de la propriété ; il est nécessaire de lui donner une largeur proportionnée à l'étendue de l'enceinte et qu'elle ait ses rampes et ses pentes nivelées par des déblais et des remblais étudiés de façon à se raccorder avec les points de vue principaux. Il faut qu'elle soit très accessible et domine d'une façon générale l'ensemble des vallonnements.
4° Allées principales dites transversales. — Les allées principales sont celles qui servent de raccourci à l'allée de ceinture ou de raccordement entre deux points opposés de cette même allée. Il est nécessaire d'éviter également dans leur tracé les accidents trop brusques de terrain avec lesquels il est difficile de les harmoniser, soit qu'ils imposent des courbes d'un rayon trop faible, soit qu'ils forcent à des pentes trop fortes, soit qu'ils entraînent l'exécution de terrassements nuisant aux vallonnements
des points de vue d'ensemble auxquels ces allées sont absolument subordonnées.
Leurs embranchements entre elles et sur l'allée de ceinture doivent être naturels, faciles et d'un raccordement harmonieux. 11 faut prendre toutes les précautions pour en adoucir les tournants et, dans le cas de contours sinueux absolument obligatoires, il convient d'éviter jusqu'à l'apparence d'une inflexion brusque et anguleuse ou le raccordement en pointe aiguë.
Si l'allée de ceinture est carrossable, une des allées transversales servant de raccourci à cette allée doit l'être également.
Indépendamment de la diversité des vues qu elles encadrent et qui engagent à les parcourir, les allées principalesdoiventembrasserd1ensemble un tableau d'une assez vaste étendue.
S0 Allées secondaires. — Les allées secondaires sont celles qui abrègent, allongent, varient la promenade en desservant, développant et mettant à portée les tableaux intéressants, entrevus des allées principales, mais non desservis par elles, et ceux situés en dehors de l'horizon des chemins.
Le nivellement longitudinal de ces allées doit suivre le vallonnement général adopté pour les pelouses et se raccorder sans heurt avec le nivellement des autres allées.
6° Sentiers ou passe-pieds. — Le sentier n'est autre chose qu'une allée secondaire plus étroite et plus sinueuse qu'elle ne Test normalement.
Les eaux, les rochers, les escarpements d'un monticule, le moindre accident de terrain, un arbre d'une belle venue, une fabrique, un banc de repos caché dans la verdure justifient leur création et sont l'excuse du caprice de leurs fréquents détours, de leurs courbes inégales et variées. Pouvant suivre toutes les inégalités du terrain sur lequel ils sont établis, ils se prêtent à tous les nivellements.
c) Nivellement des allées. — H y a deux sortes de nivellement d'allées : le nivellement longitudinal et le nivellement transversal.
Le nivellement longitudinal consiste à niveler les aspérités du sol sur le parcours d'une allée en y pratiquant, suivantson importance etson usage,
les déblais et les remblais nécessaires pour en adoucir ou amoindrir les pentes et les rampes, de façon à rendre la promenade agréable et facile.
Ce nivellement doit toujours se raccorder avec les vallonnements, avec l'ensemble deslignes de vues et être étudié de telle sorte que l'écoulement des eaux pluviales se fasse rationnellement.
11 est obligatoire pour les allées principales d'un parc, facultatif pour les allées secondaires, et inutile pour les petites allées qui suivent toujours les pentes du terrain.
Le nivellement transversal est celui qui consiste à mettre une allée
Pig. 391.
Fig. 392.
Alite do \oilurcs.
horizontale ou d'aplomb dans un vallonnement afin de la rendre praticable.
Ce nivellement est obligatoire pour toutes les allées, quelle que soit leur importance, dès qu'elles sont assez larges pour que deux personnes y puissent marcher de front.
Une allée, même sur un terrain très incliné, doit toujours être transversalement aussi horizontale que possible. Si le sol est presque plat, la difficulté est vite tranchée (fig. 391).
Mais si le sol est plus ou moins incliné, l'opération devient plus délicate et nécessite des déblais dont l'importance varie suivant l'inclinaison plus ou moins grande de la coupe du sol dans une direction perpendiculaire à celle de l'allée (fig. 392).
Dans le cas d'un terrain fortement incliné, pour éviter des déblais ou des talus trop importants, l'allée peut être elle-même inclinée dans le sens de la pente générale, mais cette inclinaison ne doit jamais être supérieure à 0m,10 de pente par mètre pour les allées de voiture et a 0m,15 de pente par mètre pour les allées de piétons (fig. 393).
Les allées à flanc de coteau doivent toujours être déversées dans le sens de l'inclinaison générale du sol lorsqu'elles traversent des parties gazonnées ou en vue.
Si la pente trop raide du sol entraine un talus trop élevé et un raccordement s'éloignant beaucoup et occasionnant des déblais importants, on ne doit pas hésiter à faire le déblai à pic et à soutenir les terres par des enrochements (fig. 394). Les bancs de carrière trouvent ici logiquement leur application.
Les raccordements des déblais doivent se faire avec le vallonnement général du terrain par une courbe convexe aussi adoucie que possible.
En cas d'enrochements, les têtes de ceux-ci doivent toujours être tenues légèrement en contre-bas de la ligne générale du vallonnement.
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Fig. 394.
d) Encaissement des allées. — Les allées doivent-elles être encaissées, avec leur sommet légèrement en dessous du passage de la ligne générale du vallonnement, et être limitées de chaque côté par des bordures arron-