‹ Les parcs et jardins au commencement du xxe siècleChapitre 40 sur 97 · a. 0.60 fje · texte numérisé non relu

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Fig. 395.

a. Sommet de l'allée.

c d. Bordures arrondies.

dies en gazon se raccordant avec les pelouses (fig. 395), ou doivent-elles être au niveau du sol environnant et limitées par le gazon même de la pelouse dans laquelle elles sont découpées (lig. 396) ?

Fig. 396. *

Barillet-Deschamp, et après lui Laforcade, ont appliqué de telle façon le principe de rencaissement des allées, ils en ont tiré de tels effets que cette solution est la seule que Ton doive, à notre avis, admettre.

Au reste, tout milite en sa faveur : l'encaissement de l'allée permet, sur le travers d'une pelouse ou dans un point de vue, de dissimuler sa présence, du moins pour le promeneur placé à une certaine distance, et d'éviter ainsi d'interrompre, par une coupure trop visible et désagréable,

la pelouse ou le point de vue traversé. 11 assure de plus l'écoulement rationnel des eaux en formant, parles bordures et parle bombement de l'allée deux caniveaux naturels — en a et en b (fig. 397) — où se dépose le sable entraîné sans que les eaux se répandent sur le gazon.

L'encaissement a, en outre, l'avantage de limiter par un filet de gazon chaque côté de l'allée, de sorte que, pour le découpage du gazon, le jardi-

nier n'est pas obligé de tracer de nouveau son allée à chaque fois, ce qu'il fait généralement mal . Il n'a qu'a suivre la ligne du filet (fig. 398).

Ce découpage est toujours plus propre que le découpage fait à plat; il se tient mieux et limite d'une façon plus nette le tracé de l'allée.

La hauteur de bordure fixée par la pratique sur un terrain plat ou peu vallonné varie, sur pelouse, de 0m, 17 à 0m, 20 et, sur massif, deOm,40 àOm,60 et même plus suivant l'importance du bombement des terres. Le raccordement de cette bordure entre l'allée et la pelouse doit être fait, ainsi que nous l'avons déjà dit, par une courbe convexe allongée, partant à 45° de la limite de l'allée pour aller se raccorder à 0m,70 ou 1 mètre de là, tangentiellement à la pelouse (fig. 399).

Une allée doit toujours présenter sur son nivellement transversal entre les bordures qui la limitent un léger bombement qui augmente ou diminue suivant que le terrain est plus ou moins horizontal.

e) Empierrement des allées. — Les allées carrossables doivent autant que possible être empierrées. On peut s'en dispenser dans les allées d'un domaine ou d'un parc éloignées de l'habitation si le terrain présente, en lui-même, assez de consistance ou si le passage des voitures n'y est qu'accidentel.

L'allée d'arrivée et l'allée desservant les communs, où la circufetion est plus active, doivent toujours être empierrées quelle que soit la nature du sol.

Lorsque l'allée empierrée présente une rampe assez forte, il est nécessaire de prendre la précaution de limiter cette allée de chaque côté par un

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Coupe avec 1,2 caniveau. Coupe avec caniveau.

Fig. 400.

caniveau fait de matériaux plus solides que la route (pavage ou ciment) (voir coupes ci-dessus fig. 400).

Les allées secondaires ne sont habituellement empierrées que dans le cas où les matériaux nécessaires abondent ; ces matériaux doivent alors être autant que possible susceptibles de s'agréger d'eux-mêmes sans nécessiter un cylindrage.

L'assainissement est presque indispensable pour les allées proches de l'habitation, pour celles qui sont les plus fréquentées ou pour les allées d'un petit jardin spécial tel que roseraie, jardin français, jardin de plantes vivaces ou autres et jardin d'orangerie. On peut employer pour cet assainissement les matériaux provenant de la démolition de vieux murs ou de vieilles constructions et, surtout, les plâtras, les pierres et cailloux trouvés dans les déblais, les vieilles tuiles ou briques cassées, les résidus de cuisson de fours à briques, et, plus particulièrement et de préférence à tout, le mâchefer.

Pour les jardins spéciaux, on peut pousser le luxe jusqu'à créer un revêtement des allées en briques seulement posées sur champ ou à plat ou disposées et juxtaposées de façon à former des dessins; on peut aussi faire un dallage en ciment ou en pierre, voire même en marbre, amenant une réminiscence des jardins de la Renaissance italienne; mais nous croyons nécessaire de limiter l'emploi de ces revêtements spéciaux à ces

seuls jardins. Toutefois ils peuvent encore être utilement employés pour indiquer au promeneur le chemin à suivre à travers une vaste cour d'honneur ou un terre-plein, de façon à lui éviter le contact peu agréable d'une surface gravillonnée destinée au passage des voitures, et nous n'hésitons pas à en conseiller l'usage sur un terrain très glaiseux, pour des cours de service et pour des allées très fréquentées et dans un rayon restreint.

Une précaution utile à prendre dans les terrains glaiseux est le drainage, sur leur côté le plus bas, des allées de promenade. Ce drainage peut, dans la plupart des cas, être constitué par une simple tranchée remblayée en pierres roulantes, ayant de 0m,30 de largeur ou davantage, suivant l'im-

portance de l'allée et l'abondance des matériaux, et une profondeur minimum de 0m,40(fig. 401).

L'empierrement d'une allée est basé sur l'emploi de cailloux pour constituer un sol ferme; il prend aussi le nom de cailloutis, ou plus communément de « macadamisage». Cette dernière appellation est tirée du nom d'un ingénieur anglais « Mac Adam » qui a, le premier, créé un procédé consistant à encaisser entre deux bordures une couche de 0^,18 à 0m,20 d'épaisseur de pierre régulièrement concassée.

On emploie généralement pour l'empierrement des allées d'un parc des cailloux ou de la pierre cassée suivant des grosseurs variables, mais généralement de 0m,06de diamètre. Ces cailloux sont répandus sur une épaisseur de 0m,10 à 0m,20; ils sont agglomérés par du sable, de l'eau et un cylindrage. Lorsque le sol est peu résistant et risquerait de se délayer sous l'action de l'eau et du cylindrage, il est nécessaire d'employer comme fondation de l'empierrement une assise de pierres plates. Si le sol est glaiseux, nous conseillons de placer sur cette assise une couche de pierres coniques de 0m,15 à 0ra,20 d'épaisseur ou, de préférence et plus simplement, de faire l'empierrement sur une couche de pierres coniques sans assise, en assurant l'agrégation par un mélange de mâchefer ou de toute autre matière asséchante. On peut aussi employer comme fondation une couche de béton.

cd

Dans un sol tourbeux ou vaseux, il doit être établi sur un double rang de fascines.

11 est extrêmement important de n'employer en tout cas que des matériaux propres et exempts de terre : celle-ci se gonflerait, en effet, sous l'influence des gelées et des pluies et détruiraitla cohésion delà chaussée.

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