PARTIE THÉORIQUE
Dispositions adoptées. — Les dispositions diverses arrêtées d'avance par les Conseils de Direction ; les emplacements réservés, les combinaisons sans nombre qui, journellement et jusqu'au dernier moment, sont venues transformer presque radicalement certaines dispositions prises depuis longtemps, amenant des transformations non moins radicales dans les plans, études et devis élaborés, ont conduit le jardinier en chef de l'Exposition à diviser ses études d'arrangements et d'exécution en 4 catégories bien distinctes :
lre Catégorie. — Parcs et jardins proprement dits laissés à l'initiative du jardinier en chef et dans lesquels aucune concession autres que celles d'absolue nécessité n'étaient admises.
Cette catégorie comprenait le Champ-de-Mars, nouveau parc entre la Tour Eiffel (piliers Est et Sud) et le Château d'Eau et la partie centrale sous la Tour.
2e Catégorie. — Parcs et jardins laissés à l'initiative du jardinier en chef, mais dans lesquels les surfaces de massifs, pelouses et emplacements de fleurs devaient être mises à la disposition des exposants horticoles.
Fig. 466.— Exp. univ. 1900. — Projet du Champ-de-Mars supprimant l'allée centrale.
JARDINS D EXPOSITION 41 o
Fig. 467.— Exp. univ. 1900. — Le Champ-de-Mars.
Cette catégorie comprenait :
1° Les Champs-Elysées divisés de la façon suivante :
a) Jardin central entre les Palais ;
b) Jardins de raccordements autour des Palais ;
c) Jardins créés sur les chaussées ;
d) Jardins des berges de la Seine ; rive gauche et rive droite, amont et aval du Pont Alexandre III.
2° Les jardins entre les serres de l'Horticulture au Cours la Reine.
3° Les jardins français de la plate-forme des Invalides.
4° Les jardins français autour du bassin et de la cascade du Trocadéro.
3e Catégorie. — Parcs et jardins dans lesquels étaient admis les concessionnaires ou exposants, comportant des constructions de toute nature et de tous styles, et où le rôle du jardinier en chef devait se borner à la conservation des grands arbres existants et à la création de raccordements d'allées et d'encadrements de verdures.
Dans cette catégorie étaient classés :
1° Le Champ-de-Mars, ancien parc, partie comprise entre le nouveau parc (piliers Est et Sud de la Tour Eiffel) et les quais.
2f Le parc du Trocadéro.
3° Les jardins divers créés en raccordements, rive droite et rive gauche.
Et enfin :
¥ Catégorie. — Services annexés, comprenant plus particulièrement les canalisations, égouts, pièces d'eau, conduites d'arrosage, bouches d'alimentation, urinoirs, etc.
lro Catégorie. Champ-de-Mars. Nouveau parc. — Ici, les dispositions arrêtées d'avance de conserver d'une part :
Les deux allées de platanes parallèles aux Palais et une terrasse assez large servant de dégagement à ceux-ci ;
Et d'autre part :
La grande allée centrale de 30 mètres, ont réduit considérablement l'ampleur, en largeur, des surfaces laissées à la disposition du jardinier en chef pour l'étaler complètement en longueur et rendre ainsi très difficile, au point de vue paysagiste, l'arrangement des jardins à créer sur ces deux grandes zones très longues, peu larges et n'ayant entre elles aucun raccordement possible, la zone sépa-
rative de 30 mètres devant rester en allée et servir à l'installation de nombreuses voies ferrées, aussi nécessaires à l'emménagement qu'au
Fig. 468. — Exp. univ. 1900. — Champ-de-Mars : vu de la tour Eiffel.
déménagement de l'Exposition, et, jusqu'au dernier moment à la manutention en général. Nous donnons ci-contre un projet qui supprime en
Fig. 469. — Exp. univ. 1900. — Champ-de-Mars : jardin de raccordement vu de la tour Eiffel.
partie cette allée de 30 mètres. On pourra se rendre compte — en le comparant avec celui qui a été exécuté — des avantages qu'il aurait présentés. Dans ces conditions, le jardin français devait, à première vue, être adopté, mais il présentait l'inconvénient d'une trop grande uniformité
sur une telle longueur, jointe à l'obligation de supprimer presque totalement les massifs boisés, plantés de gros arbres et d'arbustes variés devant fournir la verdure et l'ombre nécessaires au repos des visiteurs qui abandonneraient les galeries latérales pour une promenade dans les jardins. Il fallait donc y joindre, dans une large mesure, le genre paysager présentant toutefois lui-même, en la circonstance, de sérieux inconvénients
Fig. 470. -— Exp. univ. 1900. — Champ-de-Mars : partie française, vue de la tour Eiffel.
d'exécution dans les vallonnements, étant donné le peu d'ampleur des par ties à traiter.
Le projet présenté à l'assentiment de M. le Directeur des Services d'Architecture et des Parcs et Jardins, adopté par lui et exécuté fut donc un projet mixte comprenant, dans la partie située entre la Tour Eiffel (piliers Est et Sud) et les palais de l'Enseignement et des mines, le genre entièrement paysager et clans la partie restante jusqu'au Château d'Eau :
1° Une zone traitée entièrement à la française de chaque côté de l'allée transversale reliant les deux pavillons centraux du palais des fils et tissus et celui des moyens de transport.
2° Un raccordement mi- français, mi-paysager avec le Château d'Eau.
3° Un raccordement entièrement paysager avec vallonnements très atténués avec la première partie, côté Tour Eiffel.
De cette façon, l'uniformité était rompue et arbres et arbustes pouvaient figurer aussi abondamment que possible.
Fig. 471. — Exp. univ. 1900. — Champ-de-Mars : un kiosque à musique.
Fig. 472.— Exp. univ. 1900. — Champ-de-Mars : soubassement-de kiosque.
Des emplacements pour kiosques à musique ont été ménagés, deux dans la partie. du Château d'Eau et deux dans la partie voisine de la TourEiflel.
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Ces deux derniers reçurent deux kiosques en bois rustique, construits par des exposants, d'après les plans du jardinier en chef, sur des sou-
bassements ou imitation de bancs de rochers agrémentés d'un léger filet
Fig. 474. — Exp. univ. 1900. — Ghamp-de-Mars : vue d'ensemble.
Fig. 47c. — Exp. univ. i900. — Champ-dc-Mars : vue d'ensemble.
d'eau formant cascades sur divers points et plantés de plantes de rocailles et grimpantes.
Ce genre qui n'avait pas encore été employé a donné un excellent résultat au point de vue de la décoration générale.
Le Service des Parcs et Jardins avait également à réserver des emplacements pour les chalets de nécessité et urinoirs qu'il avait pour mission de dissimuler le plus possible pour ne pas nuire à l'ensemble général du jardin.
La distribution de plantation des arbres de première grandeur dans
Fig. 476. — Exp. univ. 1900. — Ghamp-de-Mars : un côté de l'ancien parc.
cette partie a dû également se faire en tenant dégagée complètement une zone visuelle renfermée entre deux lignes partant d'un point pris sur Taxe de l'allée centrale, un peu en avant des piliers Est et Sud de la Tour Eiffel, aboutissant de chaque côté du fond du château et dégageant complètement ce dernier.
Si Ion joint à tout cela la nécessité de planter au moins une année d'avance tous les végétaux d'ornement, pour arriver à un résultat certain (plantations qui, pour remplir cette condition, ont été faites dans l'encombrement général, au milieu des remblais, déblais et manœuvres multiples de tous les services divers attelés à une œuvre aussi gigantesque que l'Exposition universelle de 1900), la nécessité également de planter
en tenant compte des dégagements des palais, l'obligation d'avoir à créer le plus de pelouses possible afin de ne pas arriver aux derniers jours fiévreux qui précèdent toujours l'ouverture d'une exposition avec de trop grandes surfaces dépourvues de verdure, la nécessité de rendre libre un personnel plus nombreux pour pouvoir en disposer sur les points restés en retard, on aura encore un aperçu des difficultés que le Service du Jardinage a eu à surmonter pour arriver au résultat obtenu dans cette partie
Fig. 477. — Exp. univ. 1900. — Champ-de-Mars : Un point de vue.
de l'Exposition, tant au point de vue de l'arrangement général qu'à celui des questions de détails et de l'ordonnance des plantations.
Entre temps, dans cette partie, le Service du Jardinage s'occupait de faire venir de Nice des palmiers, qui, pour la plupart, placés dans la grande allée transversale avec un arrangement de verdure et de fleurs fait autour de leur bac, ont contribué puissamment à enlever l'aridité qu'aurait présentée cette grande zone sablée sans verdure (l'emploi des grands arbres n'était pas permis).
1° Champs-Elysées. 2° Catégorie.
a) Jardin central entre les Palais. — Ici, dès le début, deux projets furent mis en présence :
Le premier comprenait une grande partie française centrale, séparée des Petit et Grand Palais par une chaussée et une faible zone de verdure.
Le deuxième comprenait une grande chaussée centrale reliant les Champs-Elysées au Pont Alexandre III et laissait entre ses trottoirs et les Palais deux zones de verdure d'une certaine ampleur.
Ce fut le deuxième projet qui fut soutenu, avec raison, à notre humble avis, par le Directeur des Services d'Architecture et des Parcs et Jardins
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Fig. 478. — Exp. univ. 1900. — Champs-Elysées et Cours la Reine.
et sur lequel le jardinier en chef fut invité à fournir une étude complète.
Une grave question était à résoudre.
Le jardinier en chef, soutenu par son Directeur, pensant qu'une aussi grande zone dépourvue de grands arbres serait bien nue et bien aride aux yeux des visiteurs de l'Exposition, pensant de plus que les Palais, grand et petit, gagneraient en ampleur s'ils étaient calés à chacune de leurs extrémités par des pointes élevées de verdure, avait prévu dans son avant-
projet la plantation de quelques gros arbres en massifs et de quelques forts sujets à isoler sur les pelouses devant les Palais.
Des protestations s'élevèrent contre ces plantations, et certaines influences demandèrent au contraire à n'avoir devant les Palais aucun arbre, ni arbuste, mais seulement des fleurs et des gazons.
Les arbres furent défendus et les résultats obtenus sont, je crois, une preuve que le Directeur de l'architecture et son jardinier en chef étaient dans le vrai.
Devant les lignes droites des façades des Palais de l'avenue centrale, il ne fallait pas songer à faire un genre paysager et ce fut encore à un genre mixte qu'a eu recours le Service des Parcs et Jardins, genre lui permettant de planter les grands arbres prévus et une abondance de végétaux rares et décoratifs fournis par MM. Croux, Defresne, Moser et Paillet, exposants.
Les pelouses de cette partie furent également livrées aux exposants de graines.
Entre temps, le service faisait construire, d'après la demande de son directeur, quatre bassins avec jets d'eau qui, bordés d'arbres pleureurs variés, apportaient au milieu des pelouses cette note si spéciale aux effets d'eau : le bruit et le miroitement; il faisait venir également de Nice quatre palmiers des plus forts qu'on ait vus jusqu'ici à Paris pour décorer majestueusement l'avenue centrale.
Une particularité de cette portion de jardin, ainsi que de la partie en façade du Grand Palais, côté Champs-Elysées, fut la rapidité de leur création.
Dix jours avant l'ouverture, un chantier de pierres de taille et des centaines dfe mètres cubes de déblais occupaient les emplacements réservés aux jardiniers; le jour de l'ouverture, le gazon était semé, les végétaux en place, les gros arbres plantés et plus particulièrement de forts cèdres venant de Vincennes, pour la mort desquels, parait-il, quelques savants horticoles s'étaient prononcés, prétextant que c'était aller à un échec certain que de planter des végétaux aussi forts. Les cèdres ont résisté au diagnostic des docteurs, préparés qu'ils étaient une année d'avance, transportés et transplantés avec des soins spéciaux ; ils sont encore debout après avoir contribué pour une large part au succès de cette partie des jardins de l'Exposition, et ne pensent nullement à une mort prochaine. Un seul
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sur douze a manqué de parole au Service du jardinage et s'est incliné devant l'arrêt rendu par les savants.
L'effet produit par les plantations diverses exécutées sur ce point et
Fig. 480. — Exp. univ. i900. — Champ-dc-Mars : vues des lacs.
surtout par la floraison, dès le lendemain de l'ouverture, des rhododendrons et azalées — floraison aussi abondante que variée comme coloris et comme choix de végétaux — est encore dans le souvenir de tous.
b) Jardins de raccordements autour des Palais. — Les jardins de raccordements autour des Palais ne présentèrent pas les mêmes difficultés au point de vue de l'arrangement, sauf toutefois la partie dans laquelle était installée la descente d'accès au bas port (Grand Palais, côté Avenue d'Antin).
Pour ce point, il a paru au jardinier en chef que le passage souterrain devait être conservé et approprié de façon à concourir à l'ornementation générale, d'autant plus qu'il donnait accès aux jardins à créer sur le basport.
Un projet de transformation et d'arrangement, comprenant l'aménagement du tunnel et de la tranchée d'accès en bancs de carrière avec pièce d'eau, fut étudié. 11 obtint l'approbation du Directeur et, là encore, les rochers exécutés, les plantations faites par des exposants tels que MM. Croux, Moser, Bruneau, etc., les plantations variées de plantes aquatiques, firent de ce coin un endroit des plus remarqués de l'Exposition d'Horticulture.
La plantation en général dans les massifs créés en plus grand nombre pour les besoins du groupe VIII, fut faite par le Service du Jardinage avec les plantes des Exposants.
c) Jardins créés sur les chaussées et jardins des berges de la Seine. — Les. jardins créés sur les chaussées le furent pour les besoins de l'Uorticulture. Le groupe V1H, qui n'avait aucune place désignée dans l'enceinte de L'Exposition de Paris et était relégué aux annexes de Vincennes, était à la recherche de toutes les surfaces disponibles dans les jardins de l'Exposition ; il ne parlait de rien moins que d'exiger toutes les surfaces du Champ-de-Mars et du Trocadéro, prétentions contre lesquelles se serait toujours élevé le jardinier en chef.
Après bien des discussions, ce dernier proposa un projet complet d'installation de jardins sur les Chaussées du Cours la Reine en ne réservant pour la circulation que les allées plantées.
Ce projet avait l'avantage en prenant les chaussées de donner plus de surface et d'échapper plus facilement à l'ombrage des marronniers,
Fig. 481. — Exp. univ. 1900. — Champ-de-Mars : plantations bords des lacs.
ombrage encore trop dense au gré du Service des Parcs et Jardins qui, tant pour augmenter la distribution de la clarté et du soleil si nécessaires à la vie des nombreux végétaux à exposer par les horticulteurs, que par mesure générale (ces arbres étant plantés à des distances très rapprochées), proposait le dédoublement de ces marronniers, travail à exécuter en même temps qu'on devait en faire le relèvement pour les raccordements avec le Pont Alexandre III ; dans le même but, il obtenait l'autorisation d'élaguer ceux que le dédoublement ou la déplantation ne touchait pas.
Ce projet fut adopté, mais n'en subit pas moins une deuxième transformation. Le groupe VIII ayant oublié les emplacements de serres, demandait encore au Service du Jardinage d'étudier cette question, en même temps qu'il insistait pour obtenir des surfaces complémentaires, aux Champs-Elysées, dans les jardins de raccordement et dans les jardins des berges pour installer le fruitier. Là encorç, le Service des Parcs et Jardins se laissa déposséder devant l'intérêt général et ne fit qu'une réserve (au sujet du fruitier), celle que seuls les arbres fruitiers formés seraient admis dans ces régions, les arbres fruitiers de pépinières devant aller sans rémission à Vincennes.
La difficulté continuait pour l'arrangement de ces nouveaux jardins, de même que pour l'arrangement nouveau des berges qui, de jardin d'agrément, devenaient jardin fruitier ; il était nécessaire de leur conserver le caractère de jardins concordant avec la décoration générale, tout en les rendant utilisables au point de vue de l'Exposition pour y admettre le plus d'exposants possible. Les résultats obtenus peuvent prouver encore si le Service des Parcs et Jardins s'est bien acquitté de sa tâche et l'ombre des gros arbres, tant craint par les horticulteurs exposants, n'a été, grâce au dédoublement accepté par l'administration, qu'un élément <le conservation pour les végétaux exposés.
Tout le monde se rappelle la magnifique allée d'arrivée partant de la Porte Monumentale et allant jusqu'au Pont Alexandre III. La quantité <les végétaux et le nombre des massifs n'avaient pas empêché d'avoir des échappées de gazon, de fleurs et des points de vue déterminés.
Les Beaux-Arts eux-mêmes s'étaient mis de la partie en apportant là quelques belles sculptures.
L'arrangement des serres contribuait également à l'ornementation
Fig. 482. — Exp. univ. 1900. — Champ-de-Mars : Quelques coins dos jardins.
générale et, masquées au milieu des massifs, elles apparaissent encore assez pour satisfaire aux besoins de la réclame qu'en attendaient leurs constructeurs. Tous du reste ont été enchantés du choix des emplacements et nombre d'horticulteurs n'ont pas hésité, dans ces conditions, à y abriter leurs plus belles collections de plantes de serres et d'appariéments,
Nous ne pouvons abandonner cette partie des jardins sans mentionner d'une façon spéciale l'opération du relèvement des marronniers des Champs-Elysées, la fourniture de terre végétale et les travaux d'enlève-
Fig 483. — Exp. univ. 1900. — Cours la Reine : relèvement des arbres.
ment d'arbres nécessités par l'établissement des nouveaux jardins et nouveaux palais.
Cette préparation des emplacements a donné lieu à des travaux importants qui furent commencés dès le mois d'octobre 1896 par l'enlèvement des arbres sur les quais pour permettre la construction du Pont Alexandre 111, et, plus tard, continués par l'enlèvement des plantations existant sur l'emplacement du Grand et du Petit Palais.
Le nombre total des arbres touchés a été de 1 653 dont 491 furent simplement déplacés ou relevés sur place et le reste transporté au dehors.
L'opération du relèvement a été amenée par des modifications apportées au profil du Cours la Reine pour son raccordement avec le Pont Alexandre III. Elle a nécessité le relèvement sur place de 143 arbres et celui de 117 avec déplacement pour écartement à 7m,50, le dédoublement ayant été accepté pour les motifs indiqués plus haut.
Le relèvement s'est fait sur des hauteurs variant de 0m,40 (minimum) à 2m,20 (maximum) et les arbres ainsi déplacés avaient de 0ra,75 à im,40 de circonférence (fig. 483).
Cette opération s'est faite en deux parties, la dernière quelques jours avant l'ouverture de l'Exposition dans l'encombrement de la circulation des tramways. Aucun accident n'est survenu et les résultats obtenus par la reprise complète des arbres a été la preuve qu'elle avait été sérieusement faite. On peut dire que cette opération a été la plus importante qui a été entreprise jusqu'alors à Paris.
La reprise des arbres est également due au choix de la terre végétale.
Le Service des Parcs et Jardins, afin d'avoir toutes chances de reprise, aussi bien pour les arbres dépendant de son service que pour ceux des exposants, avait exigé de ses fournisseurs, moyennant une légère augmentation de prix, de la terre vierge provenant de Choisy-le-Roi. Cette fourniture s'élevant au cube de 6 908 mètres a été effectuée par eau par la Maison Morillon, Corvol et Ci0 du 18 mars ou 12 avril.
2° Jardins entre les serres de V Horticulture. — Si des Champs-Elysées et des berges, nous passons au jardin situé entre les deux serres de l'Horticulture, nous pourrons dire que, là aussi, le Service des Parcs et Jardins avait prévu un arrangement floral en rapport avec les deux parties de palais qui l'encadraient, mais que, une fois encore, il a dû s'effacer pour laisser la place aux concours temporaires, se contentant de diriger les travaux d'aménagement de ces concours au nombre de 12 et de fournir les ouvriers nécessaires à leur exécution.
3° Jardin français de la plate-forme des Invalides. — Quant aux jardins français de la plate-forme des Invalides, les prises d'air ménagées pour la gare obligeaient le Jardinier en chef à se renfermer dans des limites fixées depuis longtemps. Il dut se borner à en tirer le meilleur parti possible et les plans exécutés ont donné les résultats attendus.
Seulement, au lieu d'avoir autour des six prises d'air des massifs d'arbustes verts variés et, en bordure des six carrés français, des platesbandes de fleurs, le Service du Jardinage dut encore abandonner au Groupe VIII, pour y installer des rôsiéristes, ses massifs et ses fleurs, perdant de ce fait le fruit d'études et d'arrangements spéciaux faits en vue de ce jardin.
Le sol en cet endroit dut être traité de façon particulière. Étant donné le vide du dessous, il fallait craindre le hàle et la sécheresse ; un drainage sérieux du sol s'imposait : il fut formé par une couche de mâchefer et de sable tout venant sur une épaisseur de 0m,10 à 0m,15bien pilonné. Sur ce
Fig. 484. — Exp. univ. 1900. — Le Trocadéro.
sous-sol, fut répandue, aux emplacements des pelouses et massifs, une couche de terre variant de 0m,40 à 0m,60 d'épaisseur. Des trous avaient été ménagés dans les entourages délimitant les carrés de jardins pour récoulement de l'eau.
Les résultats, au point de vue de la végétation ont été satisfaisants, et sans le courant d'air venant de la Seine et s'engouffrant dans l'allée centrale des Invalides, joint à la réverbération de bâtiments beaucoup trop blancs pour la végétation, les rosiers plantés à cet endroit auraient été de toute beauté, car, en aucun moment, ils n'ont souffert du hâle ni de la sécheresse.
L'essai en cet endroit est fait pour l'avenir : les jardins établis peuvent rester sans crainte, et, si Ton reprend le projet de plantation primitivement établi, le résultat sera certain.
3e Catégorie. — La 3e Catégorie ne comportant que des jardins de raccordements, ne présentait d'autres difficultés d'exécution que le peu de
Fig. 485. — Exp. univ. 1900. — Trocadéro : les roses.
temps laissé au Service des Parcs et Jardins pour combler les vides, procéder à l'aménagement des jardins, au placage des gazons et aux plantations.
Sur tous les points du Champ-de-Mars et du Trocadéro, toutes les constructions étant en retard, les emplacements ne furent livrés que quelques jours avant l'ouverture de l'Exposition et, dans bien des cas, l'avant-veille et même la veille, et fallait-il encore se défendre contre les peintres, couvreurs ou plombiers, etc.
Fort heureusement, le Service des Parcs et Jardins, grâce à l'expérience acquise en 1889, s'était débarrassé de bien des travaux, avait constitué une réserve importante de végétaux arrachés d'avance, afin d'en retarder la végétation, et avait de disponible un personnel de chefs et d'ouvriers expérimentés déjà par une année de travail et dont il était
sûr. La tache fut dure, mais les résultats obtenus, au Champ-de-Mars, et
Fig. 486. — Exp. univ. 1900. — Trocadéro : une allée.
Fig. 487. — Exp. univ. 1900. — Trocadéro : une allée.
plus particulièrement au Trocadéro sur diverses parties des colonies françaises et quelques coins des colonies étrangères, où, malgré la
Fig. 488. — Kxp. univ. 1900. — - Charap-de-Mars : Quelques coins des jardins.
sûr. La tâche fut dure, mais les résultats obtenus, au Champ-de-Mars, et
Fitf. 486. — Exp. univ. 1900. — Trocadéro : une allée.
Fig. 487. — Exp. univ. 1900. — Trocadéro : une allée.
plus particulièrement au Trocadéro sur diverses parties des colonies françaises et quelques coins des colonies étrangères, où, malgré la
Fig. 488. — Kxp. univ. 1900. — Champ-de-Mars : Quelques coins des jardins.