Arbustes taillés
Fig. \V. - Arbres taillés.
(fîg. 18) et les arbres en bordure sont conduits en rideaux de diverses façons (fig. 19 et 20). Ceux placés de chaque côté d'une allée peuvent
Fig. 20. — Arbres laillés.
avoir leur côté intérieur taillé de façon à former des dômes ou portiques
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de verdure, complètement fermés ou avec une ouverture régulière au
FiK. 22.
mn»ifn}))ht)*tTiT7m""i Fig. 23.
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Fig. 24.
centre, parallèle à l'allée, qui laisse apercevoir un coin de ciel (fig. 21). On se contente aussi, suivant les cas, de conduire les arbres en rideau
seulement dans les parties basses des branches, sur une certaine hauteur, pour former, de chaque côté de l'arbre, un plan vertical au-dessus duquel s'échappe le dôme de la tête (fig. 22).
La forme indiquée par la figure 23 est donnée souvent aux arbres plantés le long d'une avenue et en bordure de massifs ou de bois.
La disposition de la figure 24 est très employée sous les climats chauds.
D'autres formes peuvent aussi être données aux arbres d'alignement, mais nous bornerons notre énumération aux quatre types précédents qui sont les principaux.
Les eaux. — Leseaux sont dans les jardins à la française un puissant facteur de décoration générale. Lenôtre en faisait un élément principal
Fig. 2.ï. Fig. 26.
de sa décoration en les utilisant toujours d'une façon grandiose et majestueuse.
Elles ne peuvent s'y présenter sous forme de ruisseaux, cascades ou pièces d'eau naturelles, mais doivent au contraire subir l'influence de lignes générales de la composition en sharmonisant avec elles. Les bassins doivent être délimités par des margelles en pierre, marbre, béton comprimé ou toute autre matière susceptible d'être employée, plus ou moins décorées et plus ou moins moulurées.
Placée dans un rond-point ou au croisement d'allées, la pièce d'eau emprunte généralement sa forme au cercle ou à tout autre dessin géométrique régulier inscriptible dans un cercle.
Détachée dans un parterre, elle peut prendre la forme précédente, ou, suivant les proportions et la disposition du parterre, être inscriptible dans un rectangle (A BCD) (fig. 25) ou dans un carré (E F G H) (fig. 20).
Des jeux d'eau, soit en simples jets, soit en gerbes ou de toute autre
manière en ornent le ou les centres; et quelquefois les angles [mnop) (fig. 26) qui peuvent également recevoir des effets d'eau appropriés.
Cl. Niurcein.
Fig. 27. — Cascade monumentale.
Sur les tapis de gazon formant point de vue ou dans une percée, les eaux doivent s'étendre en canaux rectilignes, proportionnés à la dislance qui les sépare du point d'où elles doivent faire de l'effet.
Dans bien des cas, lorsqu'une extrémité de perspective tombe sur un talus, ce dernier est transformé en château d'eau.
Un des chefs-d'œuvre de ce genre est le château d'eau du parc de SaintCloud (fig. 27).
En résumé, le caractère des divers modes d'utilisation des eaux dans le style régulier est indiqué par leur dénomination. On les emploie toujours dans le voisinage de l'habitation et le style de leur bordure — soit en pierre, soit en gazon, soit en haie — se trouve déterminé par le caractère d'architecture et par les traits caractéristiques de la scène. Le choix des fontaines, effets d'eau, canaux, etc. découle beaucoup plus de la pompe d'un dessin général que d'une situation naturelle; l'alimentation se fait d'ordinaire par un réservoir caché.
§ vi
Considération générale. Choix du terrain. Moyens d'exécution. —
Beaucoup de châteaux des xvne et xvine siècles ont été établis dans des positions sans horizon, alors qu'un simple déplacement de quelques centaines de mètres aurait suffi pour les mettre en relief. Cela tient â ce qu'une situation abritée et un terrain plat ont eu plus d'influence que la beauté de la vue sur le choix de l'emplacement du château. Cela se conçoit, du reste, quand on se rend compte des travaux énormes qu'il faut faire pour l'établissement d'un jardin français lorsque le terrain ne s'y prête pas.
Les grandes allées droites n'admettent les fautes de nivellement que corrigées par une terrasse ou par un obstacle formant point de vue ou rond-point (fig. 28) aux endroits de changement de pente ou de différence de niveau (fig. 29). 11 leur faut un profil concave aussi régulier que possible ou une série de plans reliés entre eux de façon que l'œil puisse passer de l'un à l'autre sans heurt et sans interruption.
Les compartiments d'un parterre limité par de grandes allées doivent suivre le tracé de ces allées et épouser leur nivellement. Si les remblais font défaut, certains des compartiments, déterminés avec à-propos, peuvent être traités en creux, formant boulingrins, ou en creux complet et se reliant aux allées par des talus gazonnés ou fleuris. Des plates-bandes
dressées ainsi en contre-bas du niveau général donnent de la variété et de la richesse à la composition.
Dans les parties boisées où il n'y a qu'à ouvrir des allées, si les déblais sont faibles, on peut en faire disparaître la trace en les raccordant avec le sol naturel ou en les masquant par dés charmilles plantées en arrière des arbres d'alignement de l'avenue, s'il en existe. Ces charmilles, tout en
Fig. 28. — Changement de ponte corrigée par un bassin formant obstacle et rond-point.
cachant les déblais, donnent un raccordement de verdure avec le bois environnant.
Lorsque les déblais prennent une certaine importance et sont trop considérables pour être dissimulés facilement, on doit chercher à créer des paliers séparés par des terrasses ou des talus de gazon, avec rampes ou escaliers suivant le cas ; on peut arrêter l'allée en barrant la vue par une terrasse formant point de vue ou par une construction en rapport avec la situation (fig. 30) : portique en treillage, lodgia, etc. (fig. 32). Si la pente est convexe et que la nécessité du dessin exige le prolongement d'une allée au delà de l'obstacle, on peut créer au sommet de la convexité un rond-point muni au centre d'une fontaine ou d'un monument approprié à la largeur de l'allée. C'est assez pour arrêter l'œil et pour lui
cacher le défaut du nivellement en ne laissant deviner que Tau delà de l'allée ffig. 33).
Fig. 29.
Si l'architecte paysagiste ne se trouve qu'assez rarement en face d'une
Fig. 30. — Allée en déblai barrée par une terrasse formant cascade.
propriété susceptible d'être traitée en entier suivant le style classique, il a plus souvent à appliquer ce style dans des restaurations d'anciennes
propriétés, quoique, dans bien des cas, nous assistions à la transformation complète en style paysager (et quel style !) d'anciennes propriétés traitées en style classique.
Nous n'approuvons pas cette façon de procéder et nous sommes d'avis
Fig. 31. — Un tfôn exemple de parterre français en creux.
que, lorsque la propriété morcelée conserve néanmoins dans son ensemble assez du style classique de sa création, on doit s'appliquer à la restaurer suivant son style primitif.
Dans le cas d'une création nouvelle, lorsque l'ampleur du domaine le permet et quand la surface des bois est de beaucoup supérieure à la surface des prairies, il ne faut pas hésiter à préconiser et appliquer le style classique.
Dans un bois, les allées droites, presque plates, ou à pentes régu
Hères d'une extrémité à l'autre, ne manquent jamais de caractère, et elles n'ont pas besoin pour cela d'être bordées d'arbres taillés (fîg. 36). Pour produire de l'effet, il n'est pas nécessaire de tailler en rideau,
Fig. 32.
Fig. 33.
pour former des arceaux, les arbres longeant les avenues découvertes et l'on ne peut nier l'effet décoratif puissant produit par un rond-point ou
Fig. 34.
Fig. 35.
par quatre allées se croisant en se coupant perpendiculairement deux à deux, au même point (fig. 34).
Le plus bel exemple d'un de ces croisements est celui du rond-point dit « la table de Senlis », dans la forêt de Chantilly, dont nous donnons le schéma ci-dessus et où aboutissent douze allées droites (fig. 35).
Cl. Neurdein.